Le jus de betterave réduit la sensation d’effort dans les activités sportives: le cas de la natation

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Le jus de betterave réduit la sensation d’effort dans les activités sportives: le cas de la natation
Le jus de betterave pourrait rendre la nage légèrement moins pénible à ressentir et favoriser le plaisir de pratiquer une activité physique.
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Dans le bassin, se sentir plus à l’aise ne signifie pas forcément nager plus vite. Le jus de betterave en natation pourrait légèrement réduire l’effort ressenti, mais les études ne montrent pas de gain clair au chrono.

Si vous envisagez d’en boire avant une compétition, cette distinction compte. Une revue scientifique publiée en 2026 aide à comprendre ce que les essais ont observé, et ce qui reste incertain.

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Le jus de betterave peut rendre la natation moins éprouvante, sans accélérer les nageurs

Le jus de betterave contient des nitrates. L’organisme peut les transformer en oxyde nitrique, une molécule qui participe notamment à la régulation de la circulation sanguine. Cette voie biologique pourrait aussi permettre aux muscles d’utiliser l’oxygène plus efficacement pendant l’effort.

La recherche sur les nitrates alimentaires et l’exercice a observé, dans certains contextes, une baisse de la quantité d’oxygène nécessaire pour maintenir un effort sous-maximal. L’idée paraît intéressante pour un nageur : dépenser un peu moins d’énergie à allure égale pourrait rendre une longueur de bassin moins éprouvante.

Mais la natation a ses propres contraintes. La respiration y est rythmée par les mouvements, la technique pèse lourd dans le résultat et une course courte se joue sur quelques gestes. Les observations faites surtout en cyclisme et en course à pied ne suffisent donc pas à prédire un meilleur temps dans l’eau. Un mécanisme plausible doit encore produire un effet mesurable en compétition.

Ce que les études sur le jus de betterave en natation montrent vraiment

Une revue systématique publiée dans Scientific Reports en 2026 a examiné les essais consacrés au jus de betterave ou aux nitrates chez les nageurs. Douze études répondaient aux critères des chercheurs. Neuf d’entre elles fournissaient des données comparables, regroupées dans une méta-analyse portant sur cent vingt nageurs.

Les auteurs ont étudié trois résultats distincts : les temps de nage, la concentration de lactate sanguin après l’effort et l’effort perçu. Les essais comparaient généralement une supplémentation à un placebo ou à l’absence de supplémentation. Regrouper ces mesures donne une vue plus large que chaque petit essai pris isolément, sans effacer leurs différences.

Pas d’amélioration claire des temps ni du lactate

Dans l’analyse regroupée, les nageurs supplémentés n’ont pas réalisé de meilleurs temps de manière statistiquement significative. Aucune différence nette n’apparaît non plus pour le lactate mesuré après l’effort. Ce résultat concerne surtout des nageurs entraînés et des épreuves courtes, souvent disputées sur cinquante ou cent mètres.

Une étude sur des séries répétées de cent mètres n’avait, elle non plus, trouvé aucune différence claire de performance avec le jus de betterave. Cela ne prouve pas que l’effet soit impossible chez tous les nageurs. Cela signifie que les essais disponibles n’établissent pas de bénéfice fiable sur le temps.

Une légère baisse de l’effort ressenti

L’effort perçu correspond à la difficulté que l’athlète attribue à son exercice. C’est une mesure subjective, mais utile : deux courses aux temps proches peuvent sembler très différentes à celui qui les nage. Dans les données regroupées, les nageurs ayant reçu des nitrates rapportaient une petite baisse de cette sensation.

Les résultats variaient toutefois d’une étude à l’autre. Surtout, cette aisance relative ne s’accompagnait pas de temps plus rapides. Pour l’instant, elle ne peut donc pas être assimilée à un avantage en compétition.

Pourquoi ces résultats restent difficiles à généraliser

Le nombre d’études est limité, et chacune repose sur de petits groupes. Les chercheurs ont aussi comparé des distances, des niveaux sportifs et des protocoles de supplémentation différents. Une dose prise avant un sprint et une prise répétée sur plusieurs jours ne répondent pas tout à fait à la même question.

La recherche sur une séance de natation intermittente illustre cette diversité des situations étudiées : enchaîner des efforts n’équivaut pas à disputer une seule course. Quand les protocoles changent, il devient plus difficile de savoir à quel type d’épreuve appliquer le résultat moyen.

Les auteurs de la revue jugent faible la certitude des preuves concernant la performance. Les effectifs réduits limitent notamment la capacité de l’analyse à détecter un éventuel effet modeste. L’absence de gain significatif ne démontre donc pas une absence absolue d’effet.

Une autre réserve concerne les nageuses. Les effets des nitrates sur l’exercice ont surtout été étudiés chez des hommes, et les données propres aux femmes restent moins solides. Des essais plus importants, incluant davantage de profils et de niveaux de pratique, permettraient de mieux cerner les réponses individuelles.

Faut-il prendre du jus de betterave avant une compétition ?

À ce stade, les données ne justifient pas de conseiller le jus de betterave à tous les nageurs comme aide à la performance. L’effet le plus encourageant porte sur la sensation d’effort, alors que le critère décisif en compétition reste le temps réalisé. Ce sont deux questions différentes, même lorsqu’elles concernent la même course.

Les essais n’ont pas tous utilisé la même méthode. Certains prévoyaient une prise quelques heures avant la nage, d’autres une supplémentation courte sur plusieurs jours. Un protocole étudié n’est pas une recommandation universelle : les résultats ne permettent pas de choisir une dose ou un calendrier qui améliorerait sûrement le chrono.

Si un nageur souhaite malgré tout essayer ce jus, mieux vaut le faire à l’entraînement plutôt que pour la première fois le jour d’une compétition. Il pourra vérifier comment il le tolère, sans ajouter une inconnue au départ. Cette précaution ne transforme pas le supplément en stratégie validée ; elle évite simplement de découvrir son effet personnel dans un moment où chaque détail compte.

À retenir

Le jus de betterave pourrait rendre la nage légèrement moins pénible à ressentir et favoriser le plaisir de pratiquer une activité physique. Aucun gain fiable au chrono n’est toutefois établi, et les preuves disponibles restent peu certaines.

La sensation d’aisance ne doit donc pas être confondue avec une amélioration de la performance. Des études plus larges, menées auprès de nageurs et de nageuses aux profils variés, sont nécessaires avant d’en tirer une recommandation générale.

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