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Une prise de poids pendant la grossesse supérieure aux recommandations est associée à davantage de complications maternelles graves, selon une vaste étude canadienne.
Le poids reste toutefois un facteur parmi d’autres : les antécédents médicaux et les conditions de vie comptent aussi. Ces résultats invitent à mieux comprendre les repères proposés, sans culpabiliser les femmes enceintes.
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Une prise de poids excessive pendant la grossesse augmente les risques de complications
Publiée dans JAMA Network Open le vingt-deux octobre deux mille vingt-six, cette étude menée par l’Université McMaster analyse plus d’un million de grossesses. Les données proviennent du registre BORN Ontario, au Canada. Les chercheurs décrivent des associations statistiques, qui ne démontrent pas que la prise de poids provoque directement les complications observées.
Ce que révèle l’étude menée auprès d’un million de grossesses
Dans cette population, cinquante-trois pour cent des participantes avaient pris davantage de poids que recommandé. Dix-neuf pour cent avaient pris moins de poids que les repères prévus. Plus de quinze mille cas de morbidité maternelle grave ont été recensés, un terme qui désigne des complications menaçant sérieusement la santé maternelle.
L’association entre prise de poids excessive et risque accru concernait toutes les catégories d’indice de masse corporelle, ou IMC. Cet indice est calculé à partir du poids et de la taille. Le poids avant la grossesse ne suffisait donc pas à expliquer les différences observées.
Des complications graves pour la mère, notamment l’hémorragie et la prééclampsie
Les complications étudiées comprenaient des saignements importants, la prééclampsie et l’admission en soins intensifs pendant l’accouchement. La prééclampsie associe une hypertension apparue pendant la grossesse à d’autres anomalies, parfois accompagnées d’une atteinte d’organes. Ces événements justifient une surveillance médicale attentive, sans signifier qu’ils toucheront chaque femme concernée par un écart de poids.
Les participantes présentant des maladies préexistantes, comme le diabète, l’asthme ou l’hypertension, avaient un risque environ doublé de complications graves. Ce risque pouvait encore augmenter lorsque la prise de poids s’écartait des recommandations. L’évaluation doit donc tenir compte de l’ensemble du dossier médical.
Les repères de poids varient selon la situation de chaque grossesse
La prise de poids attendue n’est pas identique pour toutes les femmes enceintes. Le poids avant la grossesse entre dans l’évaluation, avec les autres éléments du suivi obstétrical. Les recommandations constituent des repères à discuter, plutôt qu’un objectif universel à atteindre coûte que coûte.
Comprendre les repères de prise de poids pendant la grossesse
Les recommandations actuelles ont surtout été conçues pour améliorer la santé du bébé. Elles cherchent, entre autres, à favoriser un poids de naissance adapté et à réduire le risque de prématurité. Le compte rendu des travaux canadiens souligne l’intérêt de les évaluer aussi sous l’angle de la santé maternelle.
Un même nombre de kilos ne s’interprète donc pas isolément. L’équipe médicale le replace dans le déroulement de la grossesse et les antécédents de la patiente. Les résultats de cette étude ne définissent pas, à eux seuls, de nouvelles limites applicables à toutes les grossesses.
Prendre trop peu de poids peut aussi présenter des risques
L’étude relève également une association entre prise de poids inférieure aux recommandations et complications maternelles graves dans certains groupes d’IMC. Une prise de poids faible n’est donc pas automatiquement rassurante. Ce résultat empêche de réduire le message à une simple invitation à prendre moins de kilos.
Il ne constitue pas une raison de commencer un régime amaigrissant ou de restreindre son alimentation pendant la grossesse. Une difficulté à s’alimenter, des nausées persistantes ou une inquiétude concernant le poids méritent d’être abordées en consultation. L’accompagnement doit répondre aux besoins de la mère et du bébé, sans imposer une restriction systématique.
Favoriser une prise de poids saine avec un suivi adapté
Le suivi du poids gagne à être expliqué dès les consultations prénatales. Vous pouvez demander comment les repères s’appliquent à votre situation et quels changements nécessitent une attention particulière. Cette discussion permet aussi d’exprimer une inquiétude ou une difficulté alimentaire, sans attendre qu’elle s’installe dans le quotidien.
Signaler les maladies préexistantes et les traitements suivis aide l’équipe à organiser la surveillance. Un accompagnement nutritionnel peut être proposé lorsque la situation le demande. Il doit tenir compte des symptômes, des habitudes alimentaires et des possibilités concrètes de la patiente. La consultation doit rester un espace de dialogue, pas de jugement.
Laura Anderson, chercheuse à McMaster et autrice principale de l’étude, insiste aussi sur les réponses collectives. Lorsque plus de la moitié des participantes dépassent les recommandations, les seuls conseils individuels ne suffisent pas. L’accès aux soins, à une alimentation adaptée et à un soutien accessible fait partie des conditions favorables à la santé maternelle.
Ces travaux s’inscrivent dans le projet SERENE, consacré aux complications maternelles graves et mené avec un réseau de personnes concernées. Cette participation rappelle que la prévention doit intégrer l’expérience des patientes. Les chercheurs cherchent à mieux comprendre qui rencontre ces complications, à quel moment, et quelles réponses pourraient en limiter les conséquences.
À retenir
Une prise de poids trop élevée ou insuffisante pendant la grossesse mérite une évaluation personnalisée, en tenant compte des antécédents médicaux. L’étude canadienne apporte des informations utiles sur les risques maternels, mais elle ne permet pas de prédire le déroulement d’une grossesse individuelle.
Le message pratique reste celui d’un accompagnement bienveillant, fondé sur une information médicale fiable. Le poids peut être discuté et suivi sans culpabilisation, sans conseil de régime et sans réduire la santé d’une femme enceinte au résultat d’une pesée.
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