Changements dans les selles : un signe de cancer du côlon ?
Le cancer du côlon peut provoquer des changements dans les selles. Comment reconnaître les symptômes au plus tôt pour un traitement rapide et efficace ?
Parmi les changements dans les selles évoquant des signes précoces du cancer du côlon, il y a des selles minces en forme de ruban, des douleurs lors de la défécation, la présence de mucus et de saignements rectaux. Il est donc essentiel de comprendre les messages envoyés par l’organisme pour être soigné rapidement.
Quels sont les changements dans les selles au stade précoce du cancer du côlon ?
Les changements dans les habitudes intestinales ou dans la consistance des selles font partie des signes les plus courants d’un cancer du côlon à un stade précoce.
Les stades 1 et 2 du cancer du côlon, considérés comme stades précoces, sont caractérisés par des tumeurs localisées qui ne se sont pas propagées à des organes éloignés ou aux ganglions lymphatiques.
Dans de nombreux cas, ces changements constituent le seul signe. Beaucoup de cas sont asymptomatiques (sans symptômes) ou infracliniques (sans symptômes facilement observables).
Les symptômes gastro-intestinaux courants du cancer du côlon à un stade précoce sont :
- selles minces comme un « crayon » ou un « ruban » : provoquées par le rétrécissement du passage intestinal à mesure que la tumeur commence à grossir,
- selles dures comme des « cailloux » : l’obstruction intestinale entraîne une absorption excessive d’eau et une constipation,
- douleur lors de la défécation : également appelée dyschésie,
- sensation de ne pas pouvoir vider ses intestins : nommée ténesme rectal,
- saignement rectal : il élève le risque de cancer colorectal,
- douleurs abdominales : peuvent être dues à une obstruction intestinale ou à une pression sur les tissus adjacents.
Les personnes peuvent également ressentir une fatigue persistante et l’apparition d’une anémie, causée par la perte de sang intestinale.
En cas de changement prolongé des habitudes intestinales ou d’autres symptômes digestifs, il est essentiel de consulter un médecin.
Comment un cancer du côlon avancé modifie-t-il les selles ?
Les changements dans les habitudes et la consistance des selles deviennent plus apparents car le passage intestinal se rétrécit davantage et la tumeur commence à se développer dans des tissus plus profonds.
Les stades 3 et 4 du cancer colorectal sont considérés comme avancés. Au stade 3, le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques voisins et au stade 4, il a métastasé (s’est propagé à des organes éloignés).
Les symptômes gastro-intestinaux du cancer du côlon avancé sont :
- alternance de constipation et de diarrhée : causée par une obstruction intestinale partielle et le débordement occasionnel de fluides intestinaux autour de l’obstruction,
- selles sanglantes : appelées hématochezie, avec des couleurs allant du rouge vif au marron foncé, selon l’endroit où se situe la tumeur,
- selles noires et goudronneuses : nommées méléna, causées par saignement dans le côlon supérieur qui s’oxyde et enrobe les selles au passage,
- mucus dans les selles : en particulier avec les adénocarcinomes qui prennent naissance dans les cellules productrices de mucus de l’intestin,
- ballonnements et crampes : dus à l’accumulation et à l’impossibilité d’évacuer les gaz lorsque l’intestin est obstrué,
- nausées et vomissements : dus non seulement à l’obstruction intestinale mais aussi à une affection appelée hypercalcémie maligne qui entraîne des taux élevés de calcium dans le sang,
- perte de poids involontaire de plus de 10 % : ressentie par 37 % à 46 % des personnes atteintes d’un cancer colorectal avancé.
La douleur rectale, les saignements et le ténesme deviennent souvent plus marqués à ce stade. Environ 48 % des malades présenteront des signes évidents d’anémie, de la fatigue, de faiblesse, des étourdissements, une pâleur de la peau, une augmentation du rythme cardiaque et des palpitations.
Toutes les personnes atteintes d’un cancer du côlon avancé ne développent pas ces symptômes et ne connaissent pas d’obstruction ou de perforation intestinales ou de saignement actif. De nombreuses personnes atteintes d’un cancer du côlon de stade 4 peuvent être totalement asymptomatiques.
Les changements de selles peuvent-ils être causés par autre chose ?
Le cancer colorectal est l’une des causes les moins fréquentes des changements dans les selles mais tout changement persistant dans les habitudes ou la consistance des selles doit être examiné par un médecin, même avec un excellent état de santé par ailleurs.
Si le cancer s’avère en être la cause, le pronostic est beaucoup plus optimiste si la tumeur est découverte tôt.
Au cours des examens, le médecin recherchera d’autres causes possibles aux symptômes, notamment des hémorroïdes, la maladie diverticulaire, le syndrome de l’intestin irritable et les maladies indifférenciées ou inflammatoires chroniques de l’intestin.
Voici comment ils se comparent au plan symptomatique avec le cancer colorectal :
| Symptômes | Cancer du côlon | Hémorroïdes | Maladie diverticulaire | Syndrome intestin irritable | Maladie inflammatoire chronique de l’intestin |
| Douleur abdominale | X | X | X | X | |
| Crampes liées à la défécation | X | X | X | X | |
| Constipation | X | X | X | X | |
| Diarrhée | X | X | X | X | |
| Gaz et ballonnements | X | X | X | X | |
| Selles étroites | X | ||||
| Ténesme | X | X | X | ||
| Démangeaisons rectales | X | X | |||
| Dyschésie | X | X | X | X | |
| Saignement rectal | X | X | X | ||
| Sang dans les selles | X | X | X | ||
| Mucus dans les selles | X | X | |||
| Fatigue | X | X | |||
| Nausées | X | X | |||
| Perte d’appétit | X | X | |||
| Perte de poids | X | X |
Les symptômes seuls ne permettent pas de diagnostiquer un cancer colorectal. Si un cancer est suspecté, le médecin prescrira des examens : test de recherche de sang occulte dans les selles, coloscopie, tomodensitométrie (scanner) et biopsie des tissus suspects pour parvenir à un diagnostic définitif.
Quelles sont les recommandations actuelles en matière de dépistage ?
Il existe des différences d’approche entre la France et les USA sur les dépistages. La France privilégie une approche publique et collective, standardisée, alors que les États-Unis adoptent une démarche plus précoce et individualisée, laissant le choix entre plusieurs techniques.
En France
Le programme national de dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse aux femmes et aux hommes, âgés de 50 à 74 ans, présentant un risque moyen (c’est-à-dire sans symptôme ni antécédent particulier).
La fréquence et le type de test sont strictement définis :
- tous les 2 ans : invitation à réaliser un test immunologique à domicile (remis par le médecin traitant, un pharmacien ou commandé en ligne) pour rechercher des traces de sang invisibles à l’œil nu dans les selles,
- en cas de test positif : coloscopie prescrite et programmée pour identifier l’origine du saignement.
Les personnes avec des antécédents familiaux de cancer, des polypes colorectaux, souffrant d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique) présentent un risque élevé. Elles ne relèvent pas du dépistage organisé et bénéficient d’un suivi personnalisé, souvent d’emblée par coloscopie, à un âge plus précoce et à des intervalles plus rapprochés.
Au-delà de 74 ans, il n’y a plus de suivi automatisé. La décision de poursuivre une surveillance ou de réaliser des examens dépend de l’état de santé de la personne et est évaluée au cas par cas avec le médecin traitant.
Aux USA
Les personnes présentant un risque moyen de cancer du côlon devraient commencer un dépistage régulier à l’âge de 45 ans et le poursuivre jusqu’à l’âge de 75 ans.
La fréquence du dépistage peut varier selon le type de test, d’une fois tous les un à trois ans pour les tests basés sur les selles à une fois tous les 5 à 10 ans pour les examens visuels comme la coloscopie.
Les personnes avec des antécédents familiaux de cancer colorectal, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin ou certains syndromes génétiques peuvent avoir besoin d’un dépistage plus précoce et plus fréquent.
De 76 à 85 ans, la décision de faire un dépistage dépend de l’état de santé, de l’espérance de vie et des préférences personnelles. Les autorités de santé ne recommandent pas de dépistage après 86 ans et plus.
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