Ces 8 additifs alimentaires liés à l’hypertension selon cette étude
Cette étude montre un lien entre 8 additifs alimentaires que l'on retrouve couramment dans les aliments transformés et l'hypertension

Un additif banal dans une barquette, une canette ou un paquet de biscuits, ça paraît anodin. Pourtant, une nouvelle étude relance la question de la tension artérielle et des conservateurs.
Publiée dans European Heart Journal, elle observe un lien entre certains additifs alimentaires et un risque plus élevé d’hypertension. Le point clé est simple : c’est une étude observationnelle, donc une association, pas une preuve directe de cause à effet. Dans le contexte des aliments ultra-transformés, le signal mérite tout de même qu’on s’y arrête.
Ce que la nouvelle étude a vraiment montré
Une grande cohorte française suivie sur plusieurs années
Les chercheurs ont travaillé à partir de NutriNet-Santé, une vaste cohorte française utilisée depuis des années pour suivre les habitudes alimentaires. Plus de 112 000 adultes, âgés en moyenne de 42,8 ans, ont été suivis pendant près de huit ans. Le détail méthodologique est accessible dans l’article publié dans European Heart Journal.
Leur analyse portait sur 58 conservateurs. Puis ils ont resserré la focale sur ceux consommés par au moins 10 % des participants. L’intérêt de cette approche est clair : elle repose sur des données alimentaires répétées dans le temps, pas sur une simple photo prise un jour donné.
Pourquoi les chercheurs parlent d’association et non de preuve
L’équipe a corrigé ses calculs pour de nombreux facteurs : âge, sexe, taille, indice de masse corporelle, activité physique, tabac, niveau d’études, antécédents familiaux et qualité globale de l’alimentation. Elle a aussi tenu compte de la consommation de fruits, de légumes, d’alcool, de sel, de viande et de produits laitiers.
C’est solide, mais ça ne ferme pas toutes les portes. Une étude observationnelle ne peut jamais exclure totalement un facteur non mesuré. Le message n’est donc pas “ces additifs causent l’hypertension”, mais “leur consommation plus élevée va de pair avec davantage de cas d’hypertension”.
Les 8 additifs les plus souvent liés à une tension plus élevée
Les additifs les plus souvent retrouvés dans les produits transformés
Huit conservateurs ressortent dans l’analyse : le sorbate de potassium, l’acide citrique, le métabisulfite de potassium, le nitrite de sodium, l’acide ascorbique, l’érythorbate de sodium, l’ascorbate de sodium et les extraits de romarin. On les croise dans des produits du quotidien, souvent sans y penser, des charcuteries aux plats prêts à manger, en passant par certaines boissons, sauces, céréales industrielles et snacks salés.
Le nitrite de sodium est surtout lié aux viandes transformées. Le sorbate de potassium se retrouve souvent dans des produits emballés à longue durée de vie. L’acide citrique, lui, est partout dans les fruits et légumes transformés ou les boissons. Les sulfites, très fréquents dans certaines boissons alcoolisées, apparaissent aussi dans les analyses globales, même s’ils ne font pas partie des huit composés le plus clairement pointés ici.
Pourquoi certains conservateurs ressortent plus que d’autres
Tous les conservateurs n’ont pas le même rôle. Les antioxydants ralentissent l’oxydation, donc le rancissement ou le brunissement. Les non antioxydants freinent surtout les microbes. Dans cette étude, les apports les plus élevés en conservateurs non antioxydants étaient associés à plus de cas d’hypertension, avec un signal plus marqué que pour les conservateurs antioxydants.
Les auteurs ont aussi noté un point intéressant : le lien observé ne disparaissait pas quand on tenait compte de la qualité générale du régime alimentaire. Autrement dit, le phénomène n’est pas réductible à l’idée d’une “mauvaise alimentation” en bloc. Le résumé diffusé par la Société européenne de cardiologie va dans le même sens.
Ce que ces chiffres veulent dire pour le risque cardiovasculaire
L’hypertension est le signal le plus net
Les écarts observés ne sont pas minuscules. Les apports plus élevés en sorbate de potassium étaient associés à une hausse d’environ 39 % du risque d’hypertension. L’acide citrique ressortait autour de 25 %. Le métabisulfite de potassium et le nitrite de sodium tournaient autour de 16 %. L’acide ascorbique et l’érythorbate de sodium étaient autour de 14 %, l’ascorbate de sodium autour de 12 %, et les extraits de romarin autour de 10 %.
Ces chiffres parlent de risque statistique, pas de destin personnel. Ils décrivent davantage de nouveaux cas pendant le suivi, pas une certitude pour chaque consommateur. C’est la différence entre un feu orange et un verdict. Il y a un signal, pas une condamnation.
Un seul additif est resté lié à la maladie cardiovasculaire
Quand les chercheurs ont regardé les maladies cardiovasculaires au sens large, un seul composé restait associé de façon significative : l’acide ascorbique, avec une hausse d’environ 15 %. Là aussi, prudence. L’acide ascorbique est aussi la vitamine C. Le retrouver comme additif dans un produit industriel n’a rien à voir avec le fait de manger une orange ou des fraises, aliments plutôt liés à une meilleure santé cardiaque.
Ce contraste rappelle une chose simple : le contexte compte. Une substance isolée, ajoutée à un aliment ultra-transformé, n’agit pas dans le même environnement qu’un nutriment intégré à un aliment brut.
Comment réduire son exposition sans tout supprimer
Lire les étiquettes avec plus d’attention
Éviter tous les additifs est impossible. Ils sont présents dans une grande partie des produits emballés. Le bon réflexe n’est pas la chasse obsessionnelle. C’est la lecture rapide et lucide des étiquettes. Quand la liste d’ingrédients s’allonge, avec plusieurs conservateurs comme nitrite de sodium, sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, ascorbates ou érythorbates, le produit a souvent déjà donné la réponse.
Il faut aussi regarder la fréquence, pas seulement le produit isolé. Une charcuterie de temps en temps ne pèse pas comme une routine quotidienne faite de sodas, snacks, plats prêts à réchauffer et viandes transformées.
Miser sur les aliments peu transformés au quotidien
La réduction la plus réaliste passe par les aliments simples. Plus de fruits, de légumes, de légumineuses, de noix et de céréales complètes, c’est moins d’additifs et plus de fibres. Or les fibres soutiennent la santé du cœur et du microbiote, deux sujets qui reviennent souvent dans la recherche actuelle.
Le remplacement peut rester très concret. De l’eau ou du thé non sucré à la place d’une boisson sucrée. Une viande peu transformée ou des haricots à la place d’une charcuterie. Un yaourt nature ou un plat maison à la place d’un produit à rallonge. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est là que la prévention prend corps.
En quelques mots
Cette étude n’apporte pas une preuve finale, mais elle renforce une alerte crédible sur certains conservateurs alimentaires et l’hypertension. Le signal est assez net pour justifier de nouvelles recherches et un ré-examen du rapport bénéfice-risque par les autorités sanitaires, comme la FDA et l’EFSA.
Le message pratique tient en peu de mots : moins d’aliments ultra-transformés, plus de produits bruts. Quand l’assiette redevient simple, la tension a souvent moins de raisons de monter.
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