Boire plus de café fait-il monter la testostérone ? Une étude finlandaise publiée en 2026 apporte une réponse moins simple qu’elle n’en a l’air.
Chez les hommes, café et testostérone sont associés à des taux plus élevés de testostérone totale. Mais la fraction libre, celle qui circule sans protéine de transport, baisse dans le même temps. Le café n’est donc pas un traitement hormonal.
Plus de café, plus de testostérone ? Une association complexe
L’étude parue dans l’European Journal of Nutrition observe une association entre consommation habituelle de café et hormones sexuelles. Chez les hommes, les grands consommateurs présentaient davantage de testostérone totale et biodisponible.
Ce résultat attire l’attention, mais il ne dit pas qu’une tasse supplémentaire augmente la testostérone chez une personne donnée. Une prise de sang ressemble moins à un interrupteur qu’à une photographie. Elle capte un équilibre hormonal à un moment précis.
Chez les hommes, la SHBG change la lecture
La SHBG est une protéine qui transporte les hormones sexuelles dans le sang. Plus elle est élevée, plus elle peut retenir une part de la testostérone circulante. Or, chez les hommes, une consommation de café plus importante allait aussi de pair avec une SHBG plus élevée.
Chaque tasse quotidienne était associée à une hausse de la testostérone totale et biodisponible, mais aussi à une légère baisse de la testostérone libre et de l’indice androgénique libre. Une valeur totale plus haute ne signifie donc pas automatiquement un effet hormonal utile pour le corps.
Chez les femmes, un profil hormonal différent
Chez les femmes sans syndrome des ovaires polykystiques, le café était lié à une SHBG plus élevée. La testostérone libre et l’indice androgénique libre étaient, eux, plus faibles.
Aucune relation forte n’a été retrouvée avec la testostérone totale ou biodisponible. Les résultats rappellent une règle simple : les hormones sexuelles ne réagissent pas de façon identique selon le sexe, le poids, l’âge ou l’état de santé.
Ce que l’étude finlandaise a réellement mesuré
Les chercheurs ont analysé les données de 2 264 personnes de la cohorte de naissance du nord de la Finlande de 1966, examinées à 46 ans. Parmi elles, 2 194 buvaient du café et 70 n’en buvaient pas. Les participants déclaraient zéro, une à deux, trois à quatre, ou au moins cinq tasses par jour.
L’équipe de l’université d’Oulu a comparé la masse grasse, la graisse viscérale, la masse musculaire, l’insuline, les lipides, 164 marqueurs métaboliques et plusieurs hormones. Les détails de cette cohorte finlandaise suivie à 46 ans éclairent la portée réelle de ces données.
Une composition corporelle plus favorable, en moyenne
Les personnes qui consommaient davantage de café avaient souvent moins de masse grasse et moins de graisse viscérale. Elles présentaient aussi une masse musculaire squelettique plus élevée. Pourtant, leur indice de masse corporelle restait globalement comparable à celui des autres groupes.
Ces observations ne permettent pas d’attribuer ces différences au café. L’activité physique, l’alimentation, le tabac, l’alcool ou le niveau d’études peuvent peser dans le résultat. Deux personnes buvant cinq tasses par jour peuvent avoir des modes de vie très éloignés.
Insuline et acides aminés sous surveillance
Chez les hommes, une consommation plus élevée était associée à une insuline à jeun plus basse et à plusieurs marqueurs d’une meilleure sensibilité à l’insuline. Les chercheurs ont aussi observé des taux plus faibles de leucine, d’isoleucine et de valine, trois acides aminés à chaîne ramifiée.
Les corrélations métaboliques restaient souvent modestes. Chez les femmes, elles étaient moins nombreuses et parfois différentes. Le dossier scientifique indexé sur PubMed permet de consulter les résultats et les méthodes de l’étude.
Pourquoi le café ne prouve pas un effet sur la testostérone
L’enquête est transversale. Les habitudes de café et les analyses sanguines ont été relevées au même moment. Elle établit donc des liens statistiques, pas une relation de cause à effet.
Une association observée dans une population ne permet pas de prédire l’effet d’une tasse de café chez un individu.
La consommation de café reposait aussi sur les déclarations des participants. Le groupe sans café ne comptait que 70 personnes. Enfin, cette population finlandaise, relativement homogène, ne reflète pas forcément les habitudes alimentaires ou génétiques d’autres pays.
Ni stimulant hormonal, ni remède aux symptômes
Augmenter sa consommation pour stimuler la testostérone n’est pas justifié. La caféine peut perturber le sommeil, accentuer l’anxiété ou faire monter la tension chez certaines personnes. Or le sommeil, le stress et le poids influencent aussi les hormones.
Une fatigue persistante, une baisse de libido ou une diminution de force méritent un avis médical. La quantité de café ne remplace ni un bilan sanguin interprété par un professionnel, ni la recherche d’une cause précise.
Café, hormones et santé métabolique : les prochaines réponses
Le café contient plus de mille substances actives, dont la caféine, les acides chlorogéniques, la trigonelline, le cafestol et le kahwéol. Le type de torréfaction, la méthode de préparation, le lait ou le sucre peuvent modifier l’exposition réelle à ces composés.
Des études suivies sur plusieurs années et des essais contrôlés devront déterminer si certains éléments du café modifient réellement les hormones. Il faudra aussi préciser pourquoi les liens entre café et testostérone diffèrent autant entre hommes et femmes.
À retenir
Chez les hommes, une forte consommation de café était liée à plus de testostérone totale, mais à moins de testostérone libre. Chez les femmes, les associations étaient plus limitées et passaient surtout par la SHBG.
Le café peut s’inscrire dans une alimentation équilibrée, sans devenir un outil de prévention ou de traitement hormonal. Pour la santé métabolique comme pour les hormones, la régularité des habitudes de vie compte davantage qu’une tasse de plus.
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