Pour des personnes atteintes d’asthme modéré à sévère, bouger davantage ne suppose pas toujours une salle de sport. Une étude de l’Université de São Paulo, publiée en 2026 dans la revue Pulmonology, compare deux pistes simples : l’entraînement sur tapis roulant et l’augmentation progressive de la marche.
Les résultats suggèrent que les pas quotidiens pour le contrôle de l’asthme peuvent apporter des effets comparables sur les symptômes, la qualité de vie et la santé mentale. La marche reste un complément au traitement médical, jamais son remplaçant.
Les pas quotidiens pour le contrôle de l’asthme peuvent-ils remplacer l’entraînement ?
L’essai a réuni 52 adultes âgés de 18 à 65 ans. Tous étaient non-fumeurs, peu actifs, suivis pour un asthme modéré à sévère, stable mais insuffisamment contrôlé. Ils prenaient déjà un traitement depuis au moins six mois.
Pendant huit semaines, un groupe a suivi deux séances de 45 minutes sur tapis roulant chaque semaine. L’autre recevait des conseils réguliers pour marcher davantage, avec des objectifs adaptés et une montre connectée pour suivre ses pas. Les chercheurs ont évalué les participants avant le programme, après huit semaines, puis quatre mois plus tard.
Les symptômes et la qualité de vie progressent dans les deux groupes
Les deux approches ont amélioré le contrôle clinique de l’asthme. Les participants ont rapporté moins de symptômes respiratoires, une meilleure qualité de vie et une diminution des signes d’anxiété et de dépression.
Ces progrès restaient visibles quatre mois après la fin de l’intervention. L’étude ne montre pas qu’une méthode est meilleure que l’autre. Elle indique plutôt que l’activité régulière, sous deux formes différentes, peut soutenir les personnes concernées.
L’objectif n’est pas de transformer chaque promenade en séance de sport, mais de rendre le mouvement possible dans la durée.
Un gain de pas encore présent quatre mois plus tard
Après le programme, le groupe tapis roulant avait ajouté environ 1 537 pas par jour. Quatre mois plus tard, le gain restait d’environ 983 pas quotidiens.
Dans le groupe marche, l’augmentation atteignait environ 1 126 pas après huit semaines, puis 996 pas au suivi. Une précédente recherche de l’équipe associait 7 500 pas par jour à un meilleur contrôle de l’asthme. Ce chiffre n’est pas une ordonnance universelle. Il donne un repère, pas une obligation.
Pourquoi marcher régulièrement peut aider la santé respiratoire
L’asthme peut pousser à éviter l’effort par crainte de l’essoufflement. Or, une activité physique adaptée améliore la condition générale et peut redonner confiance dans les gestes du quotidien : monter un escalier, aller chercher le pain, accompagner un enfant au parc.
La marche a un avantage évident. Elle se glisse dans la journée sans matériel coûteux ni déplacement vers une structure spécialisée. Les chercheurs brésiliens décrivent cette solution dans leur présentation des résultats.
Un objectif progressif vaut mieux qu’un changement brutal
Le groupe marche ne recevait pas un objectif identique pour tous. Les participants bénéficiaient de rendez-vous, de conseils et de cibles hebdomadaires ajustées à leur situation. Cette progressivité compte, surtout après une longue période d’inactivité.
Commencer par quelques minutes supplémentaires peut suffire. Une courte marche après le déjeuner, un trajet à pied ou un détour dans le quartier peuvent s’additionner. La météo a parfois freiné les participants, avec des passages rapides du froid à la chaleur. Prévoir une solution de repli aide à conserver l’habitude.
Marche ou entraînement aérobie : quelle option choisir ?
L’entraînement aérobie encadré offre un horaire stable, un matériel adapté et la présence de professionnels. Il peut rassurer une personne qui craint l’effort ou qui a besoin d’un cadre précis. En contrepartie, il exige du temps, des déplacements et un accès à une structure équipée.
La marche quotidienne est plus facile à poursuivre chez soi ou près de chez soi. Elle coûte peu et s’adapte aux contraintes familiales ou professionnelles. Pour le contrôle de l’asthme, la meilleure option est souvent celle que la personne pourra garder sans épuisement ni découragement.
La régularité compte après la fin du programme
Au suivi, plusieurs personnes du groupe tapis roulant avaient rejoint une salle de sport. Celles du groupe marche avaient plus souvent gardé la marche dans leur routine. C’est une observation du suivi, pas la preuve que la marche convient à chacun.
Les préférences, l’accès aux équipements et la motivation pèsent dans le choix. Une activité planifiée peut convenir à certains. D’autres progresseront mieux avec des pas répartis tout au long de la journée. Le compte rendu de l’étude rappelle que les deux stratégies ont apporté des bénéfices comparables.
Les précautions avant d’augmenter son activité avec l’asthme
Les volontaires ont continué leurs médicaments selon les recommandations médicales et celles de la Global Initiative for Asthma. L’activité physique ne remplace ni les traitements inhalés prescrits ni les consultations de suivi.
Un avis médical est nécessaire avant de modifier son niveau d’effort, surtout en cas de symptômes fréquents, de crise récente ou de gêne inhabituelle. Une respiration sifflante, une oppression thoracique ou un essoufflement qui sort de l’ordinaire doivent conduire à interrompre l’activité et à suivre le plan d’action prévu avec le médecin.
À retenir
Cette étude suggère que la marche quotidienne peut offrir un soutien accessible au contrôle de l’asthme, avec des résultats proches d’un entraînement aérobie encadré. Son effectif reste modeste et le programme n’a duré que huit semaines.
Bouger régulièrement, progresser sans forcer et poursuivre le traitement prescrit forment une approche prudente. Pour beaucoup de personnes asthmatiques, quelques pas de plus peuvent être un point de départ réaliste.
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