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Apnée du sommeil non traitée : risque doublé de Parkinson selon cette étude

Ne pas traiter l'apnée du sommeil peut presque doubler le risque de maladie de Parkinson selon plusieurs grandes études

Vous pensez que les ronflements sont seulement gênants pour votre partenaire de lit ? Pour beaucoup de personnes, ils cachent une maladie silencieuse, fréquente, mais encore largement sous-estimée : l’apnée du sommeil.

Dans l’apnée du sommeil, la respiration s’interrompt pendant quelques secondes, et cela peut se produire des dizaines, voire des centaines de fois par nuit. Le plus troublant est que des recherches récentes suggèrent que ne pas traiter cette apnée pourrait presque doubler le risque de développer la maladie de Parkinson.

La maladie de Parkinson est une affection neurologique chronique. Elle touche surtout le contrôle des mouvements, à cause de la perte progressive de neurones qui produisent la dopamine, un messager chimique clé pour le cerveau.

Cet article vous aide à comprendre ce lien possible entre apnée du sommeil et Parkinson, à reconnaître les signes d’alerte, et à connaître les moyens concrets de protéger votre cerveau sans céder à l’angoisse.

Qu’est‑ce que l’apnée du sommeil et pourquoi est‑elle si fréquente ?

L’apnée du sommeil, en particulier l’apnée obstructive, survient quand les voies respiratoires se ferment partiellement ou totalement pendant le sommeil. L’air ne circule plus correctement, la respiration s’arrête, puis le cerveau réagit en provoquant un micro‑réveil pour rouvrir les voies aériennes.

Ces pauses respiratoires durent en général entre 10 et 30 secondes, parfois davantage. Elles peuvent se répéter plusieurs dizaines de fois par heure. Le dormeur ne s’en souvient presque jamais au réveil, mais son sommeil est morcelé, peu réparateur.

Les principaux symptômes sont :

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Beaucoup de personnes ignorent qu’elles souffrent d’apnée, précisément parce que les épisodes surviennent pendant le sommeil. Elles ne voient que les conséquences dans la journée et les attribuent au stress, à l’âge, ou à un rythme de vie chargé.

Les principaux facteurs de risque sont bien connus :

  • Surpoids ou obésité
  • Tour de cou élevé
  • Âge avancé
  • Sexe masculin
  • Tabagisme
  • Consommation d’alcool le soir
  • Antécédents familiaux d’apnée du sommeil

Autrement dit, l’apnée concerne une part importante de la population adulte, ce qui en fait un enjeu de santé publique majeur.

Les principaux signes d’apnée du sommeil que l’on ignore souvent

Certains signes sont spectaculaires, d’autres beaucoup plus discrets. Voici ceux qu’il faut prendre au sérieux, chez soi ou chez un proche :

  • Ronflements si forts qu’ils gênent les autres pièces
  • Respiration bruyante, saccadée, avec des pauses puis de grands souffles
  • Moments où la personne semble “ne plus respirer” pendant quelques secondes
  • Besoin de faire la sieste presque tous les jours
  • Irritabilité, impatience, sautes d’humeur
  • Baisse de libido
  • Diminution des performances au travail ou à l’école

La fatigue chronique est particulièrement trompeuse. Beaucoup la mettent uniquement sur le compte du stress professionnel ou familial et ne font pas le lien avec la qualité du sommeil. Pourtant, un cerveau réveillé des dizaines de fois par nuit ne peut pas fonctionner normalement sur la durée.

Différence entre simple ronflement et apnée du sommeil

On peut ronfler sans faire d’apnée du sommeil. Le ronflement correspond simplement à un passage d’air difficile dans la gorge, qui vibre et produit du bruit.

Certains indices doivent cependant alerter :

  • Ronflements très forts, irréguliers, qui varient en intensité
  • Pauses silencieuses, où le bruit s’arrête complètement quelques secondes
  • Reprise de la respiration par un grand souffle, parfois accompagné d’un grognement
  • Sensation d’étouffement ou de suffocation pendant la nuit
  • Réveils fréquents avec le coeur qui bat très vite

Dans ces cas, il devient urgent d’en parler à un médecin du sommeil, à un pneumologue ou à un ORL. Un simple questionnaire, suivi si besoin d’un enregistrement du sommeil, permet souvent de trancher entre ronflement isolé et apnée avérée.

La maladie de Parkinson expliquée simplement

La maladie de Parkinson est une maladie neurologique qui touche surtout le mouvement. Dans une zone profonde du cerveau, les neurones qui produisent la dopamine meurent progressivement. Avec moins de dopamine, les circuits qui contrôlent les mouvements deviennent lents et rigides.

Les signes moteurs classiques sont :

  • Tremblements au repos, souvent d’un seul côté au début
  • Lenteur des mouvements, gestes moins amples
  • Raideur musculaire, difficultés à se retourner dans le lit
  • Troubles de l’équilibre, marche à petits pas

Mais Parkinson ne se réduit pas aux tremblements. Il existe aussi des symptômes non moteurs fréquents :

  • Troubles du sommeil
  • Constipation tenace
  • Anxiété ou humeur dépressive
  • Baisse de l’odorat
  • Fatigue importante

La maladie progresse en général lentement sur plusieurs années. Elle touche surtout les personnes âgées, mais elle peut aussi apparaître chez des sujets plus jeunes, parfois avant 60 ans.

Pourquoi certains troubles du sommeil peuvent annoncer Parkinson

De nombreux neurologues constatent que certains troubles du sommeil précèdent le diagnostic de Parkinson de plusieurs années. Parmi eux :

  • Sommeil très agité
  • Mouvements brusques pendant les rêves, avec gestes violents
  • Cauchemars répétés
  • Apnées du sommeil

Le cerveau qui gère la respiration, le tonus musculaire et le contenu des rêves pourrait être touché tôt dans la maladie. Ces dysfonctionnements précèdent parfois l’apparition des tremblements ou de la lenteur motrice.

Il est important de garder une vision équilibrée : la plupart des personnes atteintes d’un trouble du sommeil ne développeront jamais Parkinson. Le lien existe, mais il reste statistique, non prédictif au cas par cas.

Comment l’apnée du sommeil non traitée peut augmenter le risque de Parkinson

Plusieurs études de suivi sur plusieurs années, portant sur des milliers de patients, ont observé le phénomène suivant : les personnes atteintes d’apnée du sommeil sévère et non traitée avaient environ deux fois plus de risque de recevoir un diagnostic de maladie de Parkinson, comparées à des personnes sans apnée.

Autrement dit, dans ces travaux, la présence d’une apnée sévère, surtout si elle restait non prise en charge, allait de pair avec un risque presque doublé. Les chercheurs ont pris en compte d’autres facteurs comme l’âge, le sexe, certaines maladies cardiovasculaires, pour limiter les biais.

Il s’agit toutefois d’un lien statistique. Ces résultats ne prouvent pas que l’apnée cause directement la maladie de Parkinson. Il est possible que l’apnée accélère une fragilité cérébrale déjà présente, ou qu’elle soit un des premiers signes d’un cerveau vulnérable. La réalité se situe probablement entre ces hypothèses.

Même si la relation reste partiellement discutée, le signal est assez fort pour encourager une prise en charge sérieuse de l’apnée du sommeil, en particulier chez les personnes âgées et les hommes, chez qui le risque semble souvent plus marqué.

Le rôle du manque d’oxygène et du stress pour le cerveau

Comment l’apnée pourrait‑elle abîmer le cerveau sur la durée ? Le mécanisme le plus évoqué repose sur le manque d’oxygène répété.

Pendant chaque pause respiratoire, le taux d’oxygène dans le sang baisse. On parle d’hypoxie nocturne. Le cerveau, très gourmand en oxygène, réagit mal à ces chutes répétées.

Nuit après nuit, ces épisodes peuvent :

  • Favoriser une inflammation chronique du tissu cérébral
  • Augmenter le stress oxydatif, avec production de radicaux libres
  • Perturber la circulation sanguine dans certaines régions du cerveau

On peut comparer cela à une plante qu’on arrose toujours trop peu. Elle ne meurt pas du jour au lendemain, mais ses feuilles jaunissent, sa croissance ralentit, elle devient plus sensible aux maladies. De la même façon, les neurones producteurs de dopamine pourraient devenir plus fragiles face à d’autres agressions, comme l’âge ou certaines toxines.

Ce que disent les études sur apnée et Parkinson

Les grandes études d’observation publiées ces dernières années montrent plusieurs points communs :

  • Les personnes avec apnée du sommeil sévère et non traitée ont un risque plus élevé de Parkinson dans les années qui suivent.
  • Le risque relatif est souvent proche d’un facteur deux, surtout chez les hommes et les personnes âgées.
  • Les formes plus légères d’apnée semblent moins associées à ce sur-risque, même si les données restent imparfaites.

Les chercheurs débattent encore de la signification précise de ces résultats. L’apnée est‑elle un facteur qui accélère la maladie chez des cerveaux déjà fragilisés, ou un des premiers signaux d’alerte d’un processus neurodégénératif en cours ?

Un point rassurant se dessine : les patients qui suivent correctement leur traitement de l’apnée, notamment la PPC, semblent avoir un meilleur profil global de santé cérébrale, avec moins de déclin cognitif et un risque moindre d’accidents cardiovasculaires.

Attention, apnée du sommeil ne veut pas dire Parkinson garanti

Il faut garder un message clair : même si le risque relatif peut presque doubler, la grande majorité des personnes avec apnée du sommeil ne développeront jamais la maladie de Parkinson.

L’apnée n’est qu’un facteur parmi d’autres :

  • Âge
  • Prédisposition génétique
  • Exposition à certains pesticides ou solvants
  • Traumatisme crânien ancien
  • Autres maladies neurologiques ou vasculaires

L’objectif n’est pas de paniquer, mais de réduire au maximum les risques évitables. Ignorer une apnée du sommeil, alors qu’elle se diagnostique et se traite, revient un peu à fermer les yeux sur une hypertension artérielle sévère. Ce n’est pas une fatalité, c’est un signal d’alarme sur lequel on peut agir.

Traitements de l’apnée du sommeil : un moyen concret de protéger son cerveau

La bonne nouvelle est simple : l’apnée du sommeil se traite. Et ce traitement ne protège pas uniquement le coeur et la tension artérielle, il apporte aussi un bénéfice probable pour le cerveau, la mémoire et l’humeur.

On peut voir ces solutions comme un investissement à long terme pour la santé cérébrale et, peut‑être, pour réduire le risque de certaines maladies neurodégénératives, dont Parkinson.

Perdre du poids, bouger plus, mieux respirer

Pour une apnée légère à modérée, plusieurs changements de mode de vie peuvent déjà améliorer fortement la situation :

  • Perdre quelques kilos, même 5 à 10 % du poids initial
  • Faire une activité physique régulière, adaptée à ses capacités
  • Éviter l’alcool et les somnifères le soir
  • Dormir plutôt sur le côté que sur le dos
  • Arrêter de fumer

Ces mesures améliorent l’oxygénation nocturne, diminuent les variations de tension artérielle et allègent le travail du coeur. Indirectement, elles protègent les vaisseaux qui irriguent le cerveau et réduisent le stress sur les neurones.

La PPC (CPAP) et autres dispositifs pour dormir sans pauses respiratoires

La PPC, ou pression positive continue (CPAP en anglais), reste le traitement de référence de l’apnée sévère. Il s’agit d’un petit appareil qui envoie un flux d’air doux à travers un masque nasal ou naso‑buccal, pour maintenir les voies respiratoires ouvertes toute la nuit.

Les bénéfices prouvés sont nombreux :

  • Disparition ou nette réduction des apnées nocturnes
  • Baisse importante de la somnolence dans la journée
  • Amélioration de la qualité de vie et de l’humeur
  • Réduction du risque d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque

Certaines études suggèrent aussi un meilleur maintien des fonctions cognitives chez les patients qui utilisent correctement leur appareil plusieurs heures par nuit. Cela appuie l’idée que traiter l’apnée contribue à protéger le cerveau sur la durée.

Pour les apnées légères ou modérées, et dans certains profils anatomiques, des orthèses d’avancée mandibulaire peuvent être proposées. Ces gouttières dentaires, réalisées par des spécialistes, avancent légèrement la mâchoire inférieure pendant le sommeil et libèrent ainsi le passage de l’air.

Suivi médical régulier et dépistage précoce des troubles neurologiques

Un suivi avec un médecin du sommeil, un pneumologue ou un neurologue permet d’ajuster le traitement et de vérifier la qualité réelle du sommeil. C’est aussi l’occasion de repérer tôt d’éventuels signes de troubles neurologiques.

Les signes qui doivent attirer l’attention sont par exemple :

  • Tremblements inhabituels au repos
  • Lenteur accrue des mouvements quotidiens
  • Difficultés à garder l’équilibre
  • Voix plus faible, monotone
  • Perte progressive de l’odorat

Une prise en charge précoce de la maladie de Parkinson améliore souvent le contrôle des symptômes et aide à préserver l’autonomie plus longtemps. Associer suivi de l’apnée et vigilance neurologique constitue donc une stratégie cohérente pour protéger le cerveau.

Quand consulter et comment parler d’apnée du sommeil avec son médecin

Passer à l’action commence souvent par une simple discussion en consultation. Beaucoup de patients n’osent pas aborder le sujet des ronflements ou de la fatigue, par gêne ou par habitude.

Il est utile de décrire clairement au médecin :

  • Les symptômes nocturnes observés par vous ou votre partenaire
  • Votre niveau de fatigue dans la journée
  • Les difficultés de concentration ou de mémoire
  • Les traitements déjà pris pour le sommeil ou l’anxiété

Le médecin peut proposer des questionnaires standardisés, un enregistrement du sommeil à domicile ou une polysomnographie en laboratoire.

Signaux d’alarme qui doivent vous pousser à agir rapidement

Certains signaux doivent conduire à consulter sans attendre :

  • Somnolence au volant ou incidents de conduite
  • Endormissements involontaires au travail ou en classe
  • Ronflements qui inquiètent l’entourage, avec pauses observées
  • Hypertension difficile à équilibrer malgré un traitement
  • Antécédent d’AVC ou d’accident cardiaque
  • Antécédent de traumatisme crânien
  • Apparition de troubles moteurs ou d’équilibre

Ces éléments concernent à la fois la protection du coeur et celle du cerveau. Ne pas attendre permet de réduire les risques immédiats, comme l’accident de voiture, et les risques à long terme.

Questions utiles à poser au médecin du sommeil ou au neurologue

Pour tirer le meilleur parti de la consultation, il peut être utile d’arriver avec quelques questions en tête :

  • “Mon apnée est‑elle légère, modérée ou sévère ?”
  • “Quel est le traitement le plus adapté à mon cas ?”
  • “Comment vérifier que le traitement fonctionne correctement pendant la nuit ?”
  • “Est‑ce que je dois voir aussi un neurologue ?”
  • “Quels signes de maladie de Parkinson dois‑je surveiller dans les prochaines années ?”

Avant le rendez‑vous, notez vos symptômes, la fréquence des pauses respiratoires observées par votre entourage et votre niveau de fatigue sur une échelle simple, par exemple de 0 à 10. Ces informations rendent l’échange plus précis et facilitent les décisions.

A retenir

L’apnée du sommeil est fréquente, souvent passée sous silence, et ses conséquences dépassent largement les ronflements bruyants. Ne pas la traiter peut presque doubler le risque de maladie de Parkinson selon plusieurs grandes études d’observation, même si ce lien reste statistique et ne signifie pas que l’apnée cause à coup sûr la maladie.

La bonne nouvelle tient en une idée forte : l’apnée du sommeil se soigne. Perte de poids, activité physique, PPC, orthèses, suivi médical régulier, tout cela contribue à mieux oxygéner le cerveau et à protéger les neurones sur le long terme. Chaque nuit de sommeil de qualité agit comme un investissement silencieux pour votre santé cérébrale.

Si vous vous reconnaissez dans les signes décrits, ou si un proche ronfle, semble épuisé ou fait des pauses respiratoires, parlez‑en à un professionnel de santé. En agissant tôt, vous réduisez des risques évitables et vous donnez à votre cerveau la meilleure chance de rester en bonne santé le plus longtemps possible. Partager cette information peut aussi aider d’autres personnes à franchir le pas de la consultation.

 

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