Alcoolisme : un microbiote en mauvaise santé favorise l’alcoolisme

Les travaux menés par une équipe de l’Université Catholique de Louvain révèlent que les sujets alcooliques présentant une altération du microbiote intestinal sont plus dépressifs, plus anxieux et plus attirés par l’alcool que les alcooliques avec un microbiote normal.

Les travaux dirigés par les professeurs Philippe de Timary et Nathalie Delzenne, qui ont été publiés dans la prestigieuse revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS), élargissent encore un peu plus le champ des rôles du microbiote dans le domaine de la santé.

Un microbiote bouleversé favorise l’alcoolisme

Plus précisément, ils suggèrent que le microbiote, lorsqu’il est perturbé, serait un nouvel acteur de la dépendance à l’alcool. Les chercheurs ont observé que certains patients alcooliques présentaient une altération de la composition et de la fonction du microbiote intestinal ou dysbiose, alors que d’autres maintenaient un microbiote comparable à celui de sujets sains.

De plus, la dysbiose est associée à une forte augmentation de la perméabilité intestinale, ce qui suggère que les bactéries ou leurs métabolites peuvent réguler la fonction barrière de l’intestin. Mais ce qui est surprenant, c’est que les sujets alcooliques avec dysbiose apparaissent plus dépressifs et anxieux, et révèlent une appétence à l’alcool nettement plus forte.

Soigner l’intestin lors de la prise en charge de la dépendance à l’alcool

Cette perturbation du microbiote semble donc associée à une forme plus sévère de dépendance et à un risque de rechute plus élevé après un programme de désintoxication. Ces résultats suggèrent que l’axe intestin-cerveau, déjà évoqué dans différentes pathologies, intervient aussi dans la dépendance à l’alcool. Ils font du microbiote une cible potentielle jusqu’alors insoupçonnée pour la prise en charge de la dépendance alcoolique.

Source

Leclercq : Intestinal permeability, gut-bacterial dysbiosis, and behavioral markers of alcohol-dependence severity. PNAS