Perte de poids : l’activité physique seul ne suffit pas à faire baisser son poids

Auteur: François Lehn

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Perte de poids : l’activité physique seul ne suffit pas à faire baisser son poids
L'activité physique reste un repère important pour la santé et la prévention de la prise de poids. L'étude finlandaise montre toutefois qu'elle doit être considérée avec le temps passé assis et les autres habitudes de vie.

Faire du sport reste bon pour la santé, mais cela ne protège pas toujours, à lui seul, contre une prise de poids. Le reste de la journée compte aussi, surtout lorsque les heures assises s’accumulent.

Une étude finlandaise publiée en 2026 dans Scientific Reports a suivi 2 606 employés de la ville d’Helsinki, âgés de 19 à 39 ans. Elle observe ensemble l’activité physique de loisir, le temps sédentaire et l’évolution du poids sur cinq ans.

Être actif ne suffit pas toujours à éviter la prise de poids

Les chercheurs ont défini une prise de poids importante par une hausse d’au moins 10 % du poids initial en cinq ans. Pour une personne de 70 kilos, cela représente 7 kilos. C’est un seuil élevé, d’autant que l’Organisation mondiale de la santé recommande d’éviter une hausse supérieure à 5 kilos sur l’ensemble de la vie adulte.

Dans cette cohorte, près de 24 % des femmes et 12 % des hommes ont connu une prise de poids importante. Ces chiffres décrivent une association observée dans un groupe précis. Ils ne prouvent pas que l’inactivité ou le temps assis provoquent directement cette évolution.

Le risque était plus élevé chez les personnes peu actives et souvent assises

La prise de poids importante concernait 25,2 % des participants ayant une faible activité de loisir. Elle touchait 17,9 % de ceux déclarant une activité vigoureuse. L’écart est net, même s’il ne raconte pas toute l’histoire individuelle de chaque participant.

Le profil le moins favorable associait une activité faible ou modérée à beaucoup de temps passé assis pendant les loisirs. À l’inverse, le profil le plus favorable réunissait une activité vigoureuse et peu de sédentarité. Après prise en compte de facteurs sociaux et de santé, l’association restait présente pour l’activité modérée. Elle devenait moins certaine dans le groupe le moins actif.

Bouger régulièrement ne compense pas forcément de longues heures assises

Une séance de course ou de natation peut cohabiter avec une soirée entière devant une série. Il en va de même pour les trajets en voiture, les jeux vidéo ou les longues périodes sur un canapé. L’exercice prévu ne décrit donc pas tous les mouvements, ni toutes les immobilités, d’une journée.

Le temps assis pendant les loisirs était lié à une fréquence plus élevée de prise de poids. Après ajustement statistique, cette relation isolée n’était plus certaine. Les résultats suggèrent un effet combiné entre activité et sédentarité, sans permettre d’affirmer que chaque heure assise entraîne une prise de poids.

Pourquoi le lien entre activité, sédentarité et poids reste complexe

Le poids ne dépend jamais d’un seul comportement. Une personne très active peut aussi marcher davantage, monter des escaliers et se déplacer fréquemment. Sa dépense énergétique totale est alors différente de celle d’une personne qui concentre tout son mouvement dans une seule séance.

Des travaux antérieurs ont également observé des liens entre temps assis, activité de loisir et évolution du poids, comme cette étude de suivi sur la position assise. Mais l’alimentation, le sommeil, le stress, l’âge, les traitements médicaux et les conditions sociales influencent aussi la balance.

Le temps total d’activité compte autant que l’entraînement prévu

Marcher dix minutes après le déjeuner, se lever entre deux épisodes ou choisir les escaliers ne remplace pas toujours un entraînement structuré. Ces gestes réduisent toutefois les périodes prolongées d’immobilité et ajoutent du mouvement à la journée.

Aucune habitude isolée ne garantit une perte de poids. Une activité adaptée aux capacités de chacun peut participer à la prévention, surtout lorsqu’elle devient régulière. Le corps ne fait pas la différence entre un mouvement effectué dans une salle et celui accompli en allant chercher du pain.

Ce que l’étude permet de conclure, et ce qu’elle ne permet pas

Le suivi a duré cinq ans, ce qui donne du poids à l’observation. Pourtant, il s’agit d’une étude observationnelle. Elle établit des associations, pas une relation de cause à effet.

L’activité physique et le temps sédentaire étaient déclarés par les participants. Ces estimations peuvent être imprécises. L’alimentation n’a pas été mesurée de façon détaillée, le questionnaire relevait surtout la fréquence de consommation et non la taille des portions. Enfin, environ 80 % des participants étaient des femmes, ce qui limite l’application directe des résultats aux hommes et à d’autres populations.

Limiter la prise de poids sans opposer sport et habitudes quotidiennes

La prévention de la prise de poids ne consiste pas à multiplier les entraînements. Elle repose sur un équilibre plus simple, maintenir une activité régulière, couper les longues périodes assises et garder une alimentation adaptée à ses besoins.

Les changements graduels ont souvent plus de chances de durer. Marcher une partie d’un trajet, faire une pause debout ou choisir une activité plaisante peut aider à augmenter le mouvement sans bouleverser l’emploi du temps.

Une approche globale est plus utile qu’une seule séance de sport

L’activité physique, les pauses régulières, un sommeil suffisant et une alimentation de qualité appartiennent au même ensemble. Surveiller l’évolution de son poids peut aussi permettre de repérer un changement durable avant qu’il ne s’installe.

Les objectifs doivent rester compatibles avec l’âge, l’état de santé et les capacités physiques. Une personne qui prend du poids malgré ses efforts peut en parler à un médecin ou à un autre professionnel de santé. Cette situation ne mérite ni culpabilité ni jugement.

La régularité vaut mieux que la perfection

Il n’est pas nécessaire de viser une routine sportive idéale. Une journée active peut commencer par un déplacement à pied, se poursuivre avec quelques pauses et se terminer par une activité choisie pour le plaisir.

Une enquête relayée par News-Medical rappelle que les habitudes de loisir méritent autant d’attention que l’exercice lui-même. Ce regard plus large évite de réduire la prévention à une seule séance hebdomadaire.

À retenir

L’activité physique reste un repère important pour la santé et la prévention de la prise de poids. L’étude finlandaise montre toutefois qu’elle doit être considérée avec le temps passé assis et les autres habitudes de vie.

Ses résultats ne démontrent pas une cause directe. Ils apportent un signal utile, bouger davantage au fil de la journée et rester moins longtemps assis peuvent compléter une pratique sportive régulière.

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