L’ascenseur fait gagner quelques secondes, mais les marches pourraient offrir davantage qu’un simple détour. Une récente revue d’études associe le fait de monter les escaliers à un risque plus faible de décès cardiovasculaire et de décès toutes causes confondues.
Ce geste ne remplace ni le sport ni le suivi médical. Il peut toutefois ajouter, au fil de la journée, un effort bref et soutenu qui sollicite le coeur. Les résultats invitent à regarder autrement l’escalier du bureau, du parking ou de l’immeuble.
Monter les escaliers pourrait réduire le risque de décès cardiaque
La revue a réuni neuf études portant sur près de 480 000 adultes, âgés de 35 à 84 ans. Les participants ont été suivis pendant une durée médiane de quatorze ans, avec des profils de santé variés.
Les personnes qui prenaient régulièrement les marches présentaient un risque de décès, toutes causes confondues, inférieur de 24 %. Leur risque de décès lié aux maladies cardiovasculaires était inférieur de 39 %. Une synthèse récente des résultats reprend ces chiffres et leur portée.
Ces données restent des associations. Elles ne démontrent pas que monter les marches, à lui seul, est la cause directe de cette diminution du risque.
Pourquoi les marches sollicitent le système cardiovasculaire
Gravir un étage accélère rapidement le rythme cardiaque et la respiration. Le corps doit déplacer son poids contre la gravité, ce qui demande plus d’énergie qu’une marche sur terrain plat.
Cette activité travaille à la fois l’endurance cardio-respiratoire et les muscles des jambes. Selon la cardiologue Tamanna Singh, du Cleveland Clinic Sports Cardiology Center, ce type d’effort peut participer à l’amélioration de marqueurs comme la glycémie, la pression artérielle et le cholestérol.
Ces effets s’inscrivent dans un ensemble. L’alimentation, le sommeil, le tabac, le stress et l’activité physique habituelle continuent de peser sur la santé du coeur.
Aucun nombre idéal de marches n’est établi
Les chercheurs n’ont pas identifié un seuil précis, valable pour tous. Ni un nombre d’étages, ni une fréquence quotidienne ne peuvent aujourd’hui être présentés comme une recommandation médicale.
Une grande étude incluse dans l’analyse suggère qu’environ six étages par jour pourraient être associés au bénéfice le plus marqué. Ce chiffre doit rester un repère, pas un objectif rigide. Une étude de cohorte sur la montée d’escaliers avait aussi relié plus de cinq étages quotidiens à domicile à une mortalité globale plus faible.
Le bon rythme n’est pas celui qui essouffle à tout prix, mais celui que l’on peut répéter sans appréhension.
Ce que l’étude démontre, et ses limites
La prudence est nécessaire. La plupart des travaux examinés sont observationnels. Ils permettent de repérer une relation entre deux faits, mais pas de prouver un mécanisme direct.
Les personnes qui choisissent les escaliers peuvent déjà marcher plus souvent, avoir moins de problèmes de santé ou adopter une alimentation plus équilibrée. Ces différences peuvent expliquer une part des écarts observés.
La cardiologue Pritha Gupta, de l’UCLA Health, rappelle cette limite méthodologique. Elle juge toutefois que la cohérence et l’ampleur des résultats soutiennent l’idée qu’une activité quotidienne intense, même courte, peut être favorable au système cardiovasculaire.
Les escaliers ne couvrent pas tous les besoins d’activité
Prendre les marches est un complément pratique. Cela ne suffit généralement pas à couvrir l’ensemble des besoins hebdomadaires en mouvement, surtout lorsqu’on reste assis une grande partie de la journée.
La marche rapide, le vélo, la natation ou le renforcement musculaire gardent leur place. Une présentation accessible de cette analyse rappelle aussi que l’escalier gagne à s’ajouter aux autres activités, plutôt qu’à les remplacer.
Comment adopter les escaliers sans se décourager
Le plus simple consiste à choisir une occasion habituelle. Un étage au travail, quelques marches dans un parking, l’escalier d’un centre commercial ou celui de la maison peuvent suffire pour commencer.
Inutile de courir. Commencez par un ou deux étages, puis augmentez lorsque votre souffle redevient confortable. La régularité compte davantage que la vitesse. Monter les escaliers plusieurs fois dans la semaine est plus réaliste qu’un effort brutal, suivi d’un abandon.
Les signes qui imposent de s’arrêter
Une personne très sédentaire, atteinte d’une maladie cardiaque ou reprenant une activité après une longue pause devrait demander conseil à un professionnel de santé. Le même réflexe s’impose en cas d’essoufflement inhabituel.
Une douleur dans la poitrine, un malaise, des palpitations importantes ou un essoufflement anormal exigent l’arrêt de l’effort et un avis médical rapide. Les marches ne doivent jamais devenir un test de courage.
À retenir
Choisir les escaliers peut être une façon simple d’ajouter un effort soutenu à une journée trop immobile. Les recherches associent cette habitude à une meilleure santé cardiovasculaire, sans établir une certitude individuelle.
La prévention des maladies cardiaques repose sur des gestes répétés : bouger régulièrement, manger de façon équilibrée, dormir suffisamment, éviter le tabac et consulter lorsque cela est nécessaire. Monter les escaliers peut trouver sa place dans cet ensemble, une marche après l’autre.
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