Boire du café régulièrement lié à une risque de cancer du sein suggère cette étude

Auteur: François Lehn

Publié le:

Boire du café régulièrement lié à une risque de cancer du sein suggère cette étude
Cette étude associe un apport plus élevé en polyphénols, souvent fourni par le café, à une mortalité et à des récidives moins fréquentes après un cancer du sein

Une étude récente relance la question du café et risque de décès par cancer du sein. Chez des femmes déjà diagnostiquées, un apport élevé en polyphénols, souvent issu du café, a été associé à moins de décès et de récidives.

Ce résultat mérite attention, sans créer d’illusion. Le café ne remplace ni les traitements, ni les consultations de suivi, ni les décisions prises avec l’équipe d’oncologie.

Le café est-il lié à un risque plus faible de décès par cancer du sein ?

L’étude, publiée dans le British Journal of Nutrition, a suivi 95 femmes atteintes d’un cancer du sein pendant environ 11,5 ans. Les chercheurs ont évalué leur alimentation et leurs apports en composés végétaux appelés polyphénols.

Les participantes qui consommaient davantage de polyphénols, d’acides phénoliques et de lignanes présentaient une mortalité liée au cancer du sein plus faible. Un apport plus important en acides phénoliques était aussi associé à moins de récidives. L’apport total en polyphénols était, lui, lié à une survie plus longue.

Le compte rendu détaillé de cette étude rappelle toutefois le point essentiel : il s’agit d’une association. Elle ne prouve pas qu’augmenter sa consommation de café réduit le risque de mourir d’un cancer du sein.

Chez ces participantes, le café était la première source de polyphénols, d’acides phénoliques et de lignanes. Cela explique pourquoi le café et risque de décès par cancer du sein apparaissent associés dans les résultats.

Les polyphénols sont des molécules présentes dans de nombreux végétaux. Elles peuvent agir sur le stress oxydatif, l’inflammation chronique, la sensibilité à l’insuline et certains signaux entre les cellules. Pensez à elles comme à des éléments d’un repas complet, et non comme à un médicament isolé.

Le café seul n’explique peut-être pas le lien observé. Les femmes qui en boivent peuvent aussi avoir des habitudes alimentaires, sociales ou médicales différentes. La présentation de l’étude dans le British Journal of Nutrition insiste sur la place majeure du café dans les apports mesurés, pas sur une preuve de causalité.

Comment les polyphénols pourraient-ils agir après un cancer du sein ?

Les acides phénoliques ont une activité antioxydante qui pourrait limiter certaines agressions cellulaires. Les lignanes intéressent aussi les chercheurs, car ils peuvent interagir avec le microbiote intestinal et le métabolisme des œstrogènes.

Cette piste reste biologique et théorique chez les patientes. Un cancer du sein n’est pas une seule maladie. Le sous-type tumoral, le stade au diagnostic, une éventuelle propagation et les traitements reçus pèsent lourd dans le pronostic.

Une alimentation favorable à la santé ne neutralise pas le risque propre à une tumeur ni les effets d’un traitement.

Les aliments riches en polyphénols ne se limitent pas au café

Le café n’a pas le monopole des polyphénols. Fruits rouges, légumes colorés, légumineuses, noix, graines de lin, thé, herbes, épices, cacao non sucré et huile d’olive vierge extra en apportent aussi.

Ces aliments ont un avantage simple : ils offrent aussi des fibres, des vitamines, des minéraux et, selon le cas, de bonnes graisses. Les graines de lin apportent des lignanes, tandis que les baies et le thé participent à la diversité des apports végétaux.

Une analyse publiée dans PubMed Central rappelle que le café et le thé comptent parmi les principales sources alimentaires de polyphénols chez de nombreuses femmes. Aucun de ces aliments n’est un remède. C’est la régularité et la variété de l’alimentation qui comptent.

Ce que cette étude ne prouve pas sur le café et la survie

L’effectif était réduit, avec seulement 95 participantes. Une étude observationnelle peut repérer un signal, mais elle ne sépare pas parfaitement les effets du café de ceux du mode de vie global.

Les futures recherches devront tenir compte du type de cancer, de son stade, des traitements modernes et de leur observance. Le poids, l’activité physique, le tabac, les autres maladies et la situation sociale peuvent aussi influencer la survie.

Les résultats sur le café et risque de décès par cancer du sein ne justifient donc pas une consommation excessive. Ils ne donnent aucune raison non plus de boire de l’alcool pour ses polyphénols.

Faut-il boire davantage de café ou prendre des compléments ?

Un café modéré, non sucré et bien toléré peut faire partie d’une alimentation équilibrée. Il n’est pas obligatoire. Chez certaines personnes, la caféine perturbe le sommeil, augmente les palpitations, l’anxiété ou les troubles digestifs.

Les compléments de polyphénols demandent plus de prudence encore. Leur efficacité et leur sécurité après un cancer du sein restent incertaines, surtout lorsqu’ils sont fortement concentrés. Mieux vaut discuter de ses habitudes alimentaires avec l’oncologue ou un diététicien formé en cancérologie.

Après un cancer du sein, les habitudes de vie comptent plus qu’un seul aliment

Le suivi médical, les traitements prescrits et les rendez-vous de surveillance restent au premier plan. Bouger selon ses capacités, maintenir un poids adapté, ne pas fumer, limiter l’alcool et privilégier une alimentation variée sont des repères plus solides qu’une tasse de café supplémentaire.

La survie dépend de facteurs que l’alimentation ne peut pas effacer. Le café peut être un plaisir quotidien. Il ne doit pas devenir une promesse de prévention individuelle ou de guérison.

À retenir

Cette étude associe un apport plus élevé en polyphénols, souvent fourni par le café, à une mortalité et à des récidives moins fréquentes après un cancer du sein. Elle ne démontre pas que le café prévient ou traite la maladie.

Une alimentation riche en végétaux reste un choix cohérent. Les décisions les plus sûres restent personnalisées, discutées avec l’équipe médicale et adaptées à chaque situation.

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