L’huile de périlla aiderait à réduire l’inflammation chez les fumeurs selon cette étude

Auteur: François Lehn

Publié le:

L’huile de périlla aiderait à réduire l’inflammation chez les fumeurs selon cette étude
Chez 65 fumeurs en bonne santé, huit semaines d'huile de périlla ont amélioré un marqueur de fonction plaquettaire et réduit certains marqueurs inflammatoires

Le tabac favorise l’inflammation, perturbe les vaisseaux et rend les plaquettes sanguines plus réactives. Ce terrain augmente le risque de maladie cardiovasculaire, même lorsqu’aucun symptôme n’est présent.

Une étude coréenne parue en 2026 apporte une donnée intéressante sur l’huile de périlla chez des fumeurs en bonne santé. Le résultat mérite attention, sans transformer cette huile végétale en traitement préventif établi.

L’huile de périlla améliore la circulation sanguine et réduit l’inflammation chez les fumeurs en bonne santé

L’essai, mené par l’équipe de Ji Yeon Kim à la Seoul National University of Science and Technology, a inclus 65 fumeurs âgés de 19 à 69 ans. Aucun ne présentait de maladie cliniquement significative et aucun ne suivait un traitement régulier.

Les volontaires ont reçu, pendant huit semaines, des capsules d’huile de périlla ou des capsules placebo identiques. La répartition a été réalisée par un tiers indépendant. Ni les participants ni les chercheurs ne savaient quel produit était attribué, une méthode qui limite les biais d’interprétation.

Les résultats complets sont disponibles dans l’étude publiée dans Food & Function. Après huit semaines, le groupe ayant pris l’huile a présenté un temps de fermeture C-ADP CT plus long que le groupe placebo. Ce test mesure la fonction plaquettaire sous l’effet du collagène et de l’ADP.

Un temps de fermeture plus long suggère que les plaquettes s’agrègent moins vite dans les conditions du test. Cela peut évoquer une modulation favorable de la circulation sanguine. Il ne s’agit pas d’une preuve de prévention des infarctus ou des AVC.

Pourquoi l’acide alpha-linolénique peut intéresser les vaisseaux

L’huile de périlla est riche en acide alpha-linolénique, ou ALA. Cet oméga-3 végétal est essentiel, car l’organisme ne le fabrique pas lui-même. Les graines de périlla peuvent en contenir une proportion élevée, parfois proche de 70 % de leurs acides gras.

L’organisme transforme une partie de l’ALA en autres composés lipidiques. Cette conversion reste limitée, mais elle peut produire des métabolites liés au fonctionnement vasculaire. Dans l’essai, l’ALA et plusieurs de ses métabolites ont augmenté dans le plasma et les globules rouges.

Les chercheurs ont aussi observé une hausse de l’EPA dans le plasma. Cet oméga-3 est souvent associé à une réponse inflammatoire moins intense. Les participants ayant davantage d’EPA présentaient aussi un C-ADP CT plus long, sans que ce lien prouve une relation de cause à effet.

Des marqueurs inflammatoires moins actifs après huit semaines

Le tabagisme expose les cellules à un stress oxydatif répété. Il entretient aussi une inflammation de bas grade, parfois silencieuse, qui pèse sur la paroi des artères.

Dans le groupe supplémenté, l’expression des gènes TNF-α et TBX21 a diminué. Le TNF-α participe à la réponse inflammatoire. TBX21 intervient dans l’activité de certaines cellules immunitaires. Ces données biologiques vont dans le même sens que l’amélioration observée sur les plaquettes.

Une baisse de marqueurs inflammatoires est encourageante, mais elle ne mesure pas à elle seule le risque cardiovasculaire sur plusieurs années.

L’huile de périlla améliore donc certains paramètres chez ces fumeurs, dans un cadre expérimental précis. Elle ne permet pas d’affirmer qu’elle réduit directement la mortalité cardiovasculaire.

Ce que l’étude révèle sur l’huile de périlla et la santé cardiovasculaire

La circulation sanguine dépend d’un équilibre fin. Les plaquettes doivent aider à stopper un saignement, sans former de bouchon inutile dans un vaisseau. L’inflammation peut dérégler cet équilibre, surtout chez les fumeurs.

L’étude de Lee et ses collègues, publiée en 2026 dans Food & Function, a évalué l’huile de périlla dans ce contexte. Son format randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo renforce la qualité de l’observation. Sa durée et son effectif imposent toutefois une lecture prudente.

Un effet possible sur les plaquettes, pas un anticoagulant

Le C-ADP CT est un indicateur de fonction plaquettaire. Son allongement peut traduire une agrégation moins rapide. Cette mesure ne permet pas de qualifier l’huile de périlla d’anticoagulant.

Personne ne doit remplacer un traitement antiplaquettaire ou anticoagulant par des capsules végétales. Une modification de la coagulation peut aussi poser problème chez certaines personnes, en particulier avant une opération.

Aucun bénéfice net après une charge riche

Les chercheurs ont aussi réalisé un test après une charge riche en lipides et en glucose. Ce type d’épreuve cherche à observer la réaction du corps après un stress métabolique proche d’un repas très gras et très sucré.

Dans cette situation, l’huile de périlla n’a pas apporté d’amélioration importante. Huit semaines ont peut-être été trop courtes. Il est aussi possible que ses effets ne se manifestent pas lors de toutes les contraintes métaboliques.

Comment interpréter ces résultats au quotidien

L’huile de périlla peut trouver sa place dans une alimentation variée comme source végétale d’ALA. Elle peut intéresser les personnes qui ne consomment pas de poisson. Pourtant, aucune huile ne neutralise les effets vasculaires du tabac.

La prévention cardiovasculaire repose d’abord sur des gestes connus : arrêter de fumer, manger davantage de végétaux, bouger régulièrement et suivre sa tension artérielle. Ces mesures agissent sur plusieurs mécanismes à la fois, là où un complément cible seulement quelques marqueurs.

L’huile de périlla n’efface pas les risques du tabagisme

Les participants étaient des fumeurs sans maladie connue. Les résultats ne peuvent pas être étendus aux personnes souffrant d’hypertension, de diabète, de troubles de la coagulation ou de maladie cardiaque.

L’absence de symptôme ne signifie pas l’absence de risque. Le tabac accélère des processus qui peuvent rester discrets pendant des années, puis se révéler par un accident cardiovasculaire.

Des précautions avant toute supplémentation

Un avis médical est nécessaire avant de prendre des capsules d’huile de périlla si vous utilisez un anticoagulant ou un traitement antiplaquettaire. La même prudence s’impose avant une chirurgie, pendant la grossesse ou en cas de maladie chronique.

Les compléments alimentaires ne remplacent ni les médicaments prescrits ni un accompagnement personnalisé pour l’arrêt du tabac.

À retenir

Chez 65 fumeurs en bonne santé, huit semaines d’huile de périlla ont amélioré un marqueur de fonction plaquettaire et réduit certains marqueurs inflammatoires. Ces résultats sont prometteurs, mais ils restent préliminaires.

Des essais plus longs, avec davantage de participants et des critères cliniques, devront confirmer un éventuel effet sur la santé cardiovasculaire. Pour protéger durablement le cœur et les artères, arrêter de fumer reste la mesure la plus efficace.

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