Avez-vous besoin de contacter la rédaction ? Envoyez vos e-mails à [email protected] ou sur notre formulaire.
NutritionSanté

Soutenir la santé cérébrale : avec du fromage riche en matières grasses ?

Une étude a observé que le fromage riche en matières grasses et la crème réduiraient le risque de démence. Mais le lien de cause à effet n’est pas prouvé.

L’étude n’a trouvé aucun lien entre le risque de démence et les produits laitiers allégés ou fermentés, le lait, ou le beurre pour soutenir la santé cérébrale. Pour autant, les conclusions concernant les fromages gras et la crème sur le risque de démence ne sont seulement qu’observationnelles : elles ne priment pas sur les recommandations existantes de limiter les graisses saturées et d’avoir des habitudes de vie saines.

Après des années de promotion des produits laitiers allégés ou sans matières grasses, de nouvelles directives alimentaires devraient-elle recommander de choisir des versions au lait entier, tout en rappelant que les graisses saturées doivent rester en dessous de 10 % des calories quotidiennes ?

Les résultats liant la consommation de fromage gras et de crème à un risque plus faible de démence ont naturellement attiré l’attention des médias parce que les experts de la santé soulignent rarement les bienfaits des aliments riches en graisses. Cependant, ces spécialistes estiment aussi que cette nouvelle recherche n’est pas assez solide pour suggérer de consommer davantage de produits laitiers gras.

Comment le lien entre fromage gras et crème et une réduction du risque de démence a t-il été observé ?

L’étude est la plus longue et la plus vaste à ce jour à observer un lien potentiel entre la consommation de produits laitiers gras et le risque de démence.

Des chercheurs de l’Université de Lund, en Suède, ont analysé les données de 27 670 personnes âgées en moyenne de 58 ans et les ont suivies pendant environ 25 ans.

Ils ont comparé les diagnostics de démence chez les participants qui mangeaient au moins 50 grammes de fromage gras (environ deux tranches) par jour avec ceux qui en consommaient moins de 15 grammes. Les fromages gras, définis comme ayant plus de 20 % de matières grasses, étaient le cheddar, le brie et le gouda.

  • Les participants qui consommaient plus de fromage gras présentaient un risque de démence inférieur de 13 % par rapport à ceux qui en mangeaient moins.
  • Ceux qui consommaient plus de fromage gras présentaient également un risque inférieur de 29 % de démence vasculaire, une forme de démence causée par des dommages aux vaisseaux sanguins du cerveau, souvent dus à de petits accidents vasculaires cérébraux répétés au fil du temps.
  • Les personnes qui consommaient 20 grammes de crème riche en matières grasses (environ 1,4 cuillère à soupe de crème liquide entière) par jour présentaient également un risque de démence inférieur de 16 % par rapport à celles qui n’en consommaient pas du tout.
Ces sujets peuvent également vous intéresser:

Pourquoi le fromage gras pourrait-il être bénéfique pour le cerveau ?

Certains fromages sont riches en vitamine K2, un nutriment lié à la santé des vaisseaux sanguins.

Soutenez Pressesante.com : Rejoignez notre communauté sur Tipeee

Soutenez Pressesante.com : Rejoignez notre communauté sur Tipeee

Image cliquable

Or, comme la santé vasculaire est associée au risque de démence, il est raisonnable de faire l’hypothèse d’un lien entre le fromage gras et le risque de démence, a déclaré Michelle King Rimer, professeure adjointe clinique au College of Public Health de l’Université du Wisconsin-Milwaukee (non impliquée dans l’étude). Cependant, comme les mécanismes n’ont pas été testés, les résultats restent spéculatifs et non confirmés.

Qu’en est-il des produits laitiers allégés, du lait, du beurre, des yaourts, concernant le risque de démence ?

Les chercheurs n’ont trouvé aucune association entre le risque de démence et la consommation de fromage ou de crème allégés, de lait (entier ou écrémé), de beurre ou de produits laitiers fermentés comme le yaourt ou le kéfir.

Ils ont déclaré ne pas pouvoir expliquer avec certitude pourquoi le fromage gras et la crème pourraient être liés à un risque plus faible de démence. Certaines raisons possibles seraient des différences dans la teneur en graisses, les nutriments et la matrice alimentaire, qui peuvent varier entre les produits laitiers gras et allégés.

En matière de santé cérébrale, tous les produits laitiers ne se valent pas, a déclaré Emily Sonestedt, l’auteure de l’étude et maître de conférences en épidémiologie nutritionnelle à l’Université de Lund. Il faut poursuivre les recherches pour confirmer les résultats et explorer davantage si la consommation de certains produits laitiers gras offre véritablement un certain niveau de protection pour le cerveau.

Quelles sont les limites majeures de l’étude ?

La nationalité des participants, l’hygiène de vie et le mode de consommation du fromage posent des limites à l’étude.

Seuls des Suédois ont participé à l’étude, donc les résultats pourraient ne pas s’appliquer aux populations d’autres pays.

En Suède, le fromage est plus couramment consommé froid, alors qu’aux États-Unis, il est souvent chauffé ou associé à de la viande dans un plat, ce qui pourrait affecter les résultats.

Les avantages neuroprotecteurs pourraient également refléter d’autres facteurs comme une alimentation et un mode de vie plus sains ou une meilleure santé générale ainsi que d’autres variables non mesurées dans l’étude.

Le régime alimentaire des participants n’a été évalué qu’une seule fois au cours de la première semaine de l’étude en 1991, suivie d’un entretien la deuxième semaine. Les chercheurs se sont ensuite appuyés sur un questionnaire de suivi auprès d’un sous-groupe de participants après cinq ans pour évaluer les changements alimentaires.

Le fromage peut-il réellement protéger le cerveau ?

Le fromage contient des nutriments possiblement bénéfiques à la santé cérébrale mais il faut prendre en compte l’ensemble de son profil nutritionnel.

Les produits laitiers gras contiennent des graisses saturées, et des décennies de recherche recommandent de limiter l’apport en graisses saturées à cause de leur impact sur le cholestérol LDL et le risque de maladies cardiovasculaires.

Les preuves montrent de plus en plus qu’un mix d’habitudes de vie saines peut être plus efficace pour protéger la santé cérébrale qu’un changement de régime alimentaire seul, a déclaré Lycia Neumann, directrice principale de la recherche sur les services de santé à l’Alzheimer’s Association.

La  « recette » pour réduire le risque de démence combine de l’activité physique régulière, une meilleure nutrition, un engagement cognitif et social durable et un suivi médical régulier.

Le régime MIND, recommandé dans cette approche, se concentre sur des aliments comme les légumes à feuilles vertes foncées, les baies, les fruits à coque, les céréales complètes, l’huile d’olive et le poisson et limite le sucre et les graisses nocives. Selon la recherche, le régime MIND est lié à un risque plus faible de déclin cognitif et de démence.

5/5 - (5 votes) Avez-vous trouvé cet article utile?
* PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.