Santé cognitive : davantage de pas, de meilleurs scores

Auteur: François Lehn

relu par Dr Muriel Dodin

Publié le :

Santé cognitive : davantage de pas, de meilleurs scores
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Un nombre plus élevé de pas quotidiens est associé à de meilleurs résultats dans certaines tâches cognitives. Publiée dans Scientific Reports, une étude américaine observe ce lien pour l’attention, le contrôle cognitif et la décision, sans démontrer que marcher prévient le déclin.

Les personnes qui marchent davantage chaque jour obtiennent de meilleurs résultats à plusieurs tests cérébraux

L’étude publiée dans Scientific Reports porte sur 3 093 adultes du programme américain All of Us, âgés de 18 à 93 ans. Leur âge moyen était de 58 ans.

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Les pas étaient enregistrés avec des bracelets Fitbit. Les données d’activité physique et de pression artérielle disponibles couvraient la période de 2009 à 2023. Les tests cognitifs ont été réalisés une seule fois, à partir de septembre 2023.

Un millier de pas de plus est associé à de meilleurs scores dans certains tests

Un niveau d’activité estimé supérieur de 1 000 pas quotidiens était associé à 0,31 point supplémentaire au test Grad-CPT. Pour le test Flanker, l’écart atteignait 0,26 point. De meilleurs résultats apparaissaient aussi dans la tâche portant sur les récompenses immédiates ou différées.

Ces écarts étaient faibles. Ils décrivent des différences statistiques entre participants, pas un bénéfice garanti pour une personne qui augmente sa marche. L’analyse tenait compte de plusieurs caractéristiques, dont l’âge, la scolarisation et les revenus.

Les tests mesuraient l’attention, le contrôle cognitif et la prise de décision

Le Grad-CPT évaluait l’attention soutenue, c’est-à-dire la capacité à rester concentré pendant une tâche. Le test Flanker examinait le contrôle cognitif : sélectionner une réponse pertinente malgré des informations distrayantes.

La tâche DD évaluait les choix entre une récompense immédiate et une récompense différée. Le test Emorecog portait sur la reconnaissance des émotions exprimées par des visages.

Les associations favorables concernaient les trois premières tâches, pas l’ensemble des capacités évaluées. Ces résultats ne permettent donc pas de conclure à une amélioration générale du fonctionnement cérébral.

Ce que la tension artérielle révèle, et ce qu’elle ne permet pas de conclure

La pression artérielle présentait un profil différent de celui de l’activité physique. Une pression systolique plus élevée était associée à de moins bons résultats dans la tâche DD. La pression systolique correspond à la pression exercée lorsque le cœur se contracte, soit le premier chiffre d’une mesure de tension.

La pression systolique était liée à un seul domaine évalué

Chaque hausse de 1 mm Hg de pression systolique était associée à une performance plus faible dans cette tâche de décision. Après ajustement, aucun lien significatif n’apparaissait avec les tests d’attention soutenue, de contrôle cognitif ou de reconnaissance émotionnelle.

L’analyse de ces résultats ne retrouvait pas non plus d’association significative entre la pression diastolique et les quatre tests. Cette seconde mesure correspond à la pression entre deux contractions cardiaques. L’absence de lien détecté ne démontre toutefois pas une absence d’influence dans d’autres populations.

Une part statistique du lien, sans mécanisme démontré

Les participants plus actifs avaient aussi une pression systolique plus basse. Une analyse complémentaire estimait que cette pression pouvait expliquer statistiquement 4,8 % de l’association entre activité physique et résultat à la tâche DD.

Le lien entre activité et performance persistait après prise en compte de la pression systolique. Cette estimation ne démontre pas une succession d’effets où marcher ferait baisser la tension, puis améliorerait la cognition.

Les changements d’activité et de pression systolique au fil du temps n’étaient pas significativement associés aux scores cognitifs. Les données ne permettent donc pas d’affirmer qu’une baisse de tension améliore ces performances.

Pourquoi ces résultats ne prouvent pas que marcher améliore la mémoire

Une mesure unique et un échantillon particulier

Dans leur étude publiée en 2026, Okusaga, Lin et Atkinson comparent des historiques d’activité à une évaluation cognitive unique. Même avec plusieurs années de données, cette méthode ne montre pas comment les capacités ont changé. Elle ne démontre pas non plus une amélioration de la mémoire.

La causalité inverse reste possible : les personnes disposant de meilleures capacités cognitives peuvent avoir davantage de facilité à rester actives. Le tabagisme et l’obésité font aussi partie des facteurs à examiner dans de futurs travaux. Leur prise en compte aiderait à mieux distinguer les associations observées.

L’échantillon était fortement scolarisé : 92 % des participants avaient poursuivi des études après le secondaire. Environ 98 % disposaient d’une assurance maladie. Ces caractéristiques limitent la généralisation à l’ensemble de la population américaine, où l’accès aux soins et les parcours scolaires diffèrent.

Des études avec des tests répétés aideront à préciser le lien

Pour mieux comprendre le rapport entre marche et santé cognitive, il faudrait suivre les mêmes personnes et répéter les évaluations. Les chercheurs pourraient alors examiner si l’activité accompagne une évolution des performances ou un risque moindre de démence.

Ces travaux devraient tenir compte de l’effet d’apprentissage lors des tests répétés. Une personne peut mieux réussir parce qu’elle connaît déjà l’exercice, sans changement équivalent de ses capacités.

Les observations actuelles sont encourageantes, mais restent observationnelles. Elles ne définissent aucun seuil de pas à prescrire pour protéger la mémoire. Pour une personne ayant une maladie chronique ou des difficultés de mobilité, les conseils d’activité doivent rester adaptés à sa situation médicale.

À retenir

Davantage de pas quotidiens étaient associés à de meilleurs résultats en santé cognitive comme les tâches d’attention, de contrôle cognitif et de décision. Les différences observées étaient modestes et ne concernaient pas tous les domaines évalués.

Cette étude apporte une piste pour la recherche sur la prévention du déclin cognitif. Elle ne prouve pas que la marche cause ces différences et ne remplace pas les conseils d’un professionnel de santé.

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