Prévention de l’AVC : trois pistes appuyées par la recherche

Auteur: François Lehn

Publié le:

Un AVC tombe souvent d’un coup. Pourtant, sa prévention avance par petits pas utiles et une large part des cas pourrait être évitée.

Derrière le même mot, il faut distinguer plusieurs réalités. L’AVC peut être ischémique, quand le sang n’arrive plus au cerveau, ou hémorragique, quand un saignement survient. L’AIT, lui, est un blocage bref qui peut annoncer plus grave. Trois études récentes relancent le débat, autour du régime méditerranéen, du vaccin contre le zona et de l’asundexian.

Pourquoi ces nouvelles études comptent pour la prévention de l’AVC

La prévention de l’AVC ne tient jamais à un seul réflexe. Elle repose sur plusieurs leviers, le mode de vie, la vaccination, le suivi médical et, parfois, un traitement après un premier accident.

AVC ischémique, AVC hémorragique et AIT, la différence en clair

L’AVC ischémique est le plus fréquent. Il apparaît quand une artère se bouche et coupe l’apport sanguin au cerveau. L’AVC hémorragique suit une rupture de vaisseau. L’AIT, ou accident ischémique transitoire, dure peu mais il n’est jamais banal. C’est souvent un signal d’alarme.

Ce que la prévention peut déjà changer

Le facteur de risque majeur reste l’hypertension artérielle. Quand la pression monte trop haut, les vaisseaux paient l’addition. Mais la tension n’est pas seule en cause. L’alimentation, certaines vaccinations et de nouveaux médicaments peuvent aussi peser sur le risque. La logique est simple, additionner les protections plutôt que chercher une solution unique.

Le régime méditerranéen, un signal fort pour le cerveau

Selon une étude publiée en 2026 dans Neurology Open Access, plus de 105 000 femmes ont été suivies à partir de leurs habitudes alimentaires. Celles qui collaient davantage au régime méditerranéen avaient moins d’AVC ischémiques, mais aussi moins d’AVC hémorragiques. Ce point compte. Il suggère qu’un même modèle alimentaire peut agir sur plusieurs mécanismes à la fois.

Dans ce modèle, on retrouve surtout des fruits, des légumes, des céréales complètes, des légumineuses, des noix, des graines, de l’huile d’olive et des poissons gras. Rien d’exotique. L’idée n’est pas de manger “parfait”. C’est plutôt de déplacer l’assiette, pas à pas, vers plus de végétal et de bonnes graisses.

Pourquoi cette alimentation pèse sur le risque d’AVC

Ce type d’alimentation peut aider sur plusieurs fronts. Il améliore la qualité des graisses consommées, aide à mieux contrôler la glycémie, calme une part de l’inflammation et soutient la santé des vaisseaux. Il peut aussi faire baisser la tension artérielle, qui reste le grand moteur du risque. L’étude montre une association, pas une preuve absolue de cause à effet. Mais le signal est solide.

Le vaccin contre le zona, une surprise du côté cardiovasculaire

Une autre étude a porté sur des personnes atteintes de maladie cardiovasculaire liée à l’athérosclérose. Les chercheurs ont comparé 275 304 personnes vaccinées contre le zona à 275 304 non vaccinées. Les personnes vaccinées ont eu moins d’événements cardiovasculaires majeurs. L’observation est intéressante, car le cerveau et le coeur partagent souvent les mêmes fragilités vasculaires.

Ce que les données montrent, sans aller trop loin

Ici, il faut garder la tête froide. Cette étude est observationnelle. Elle peut montrer un lien, pas prouver que le vaccin protège directement contre l’AVC. Autre limite, ces résultats n’étaient pas encore publiés dans une revue scientifique relue par les pairs. On parle d’une piste crédible, pas d’un verdict final.

Pourquoi cela compte chez les personnes à risque

Le zona n’est pas qu’une éruption douloureuse. L’infection peut s’accompagner d’une poussée inflammatoire, et l’inflammation n’aide jamais les vaisseaux. Chez les adultes de 50 ans et plus, surtout quand une maladie cardiovasculaire est déjà connue, cette étude renforce une recommandation vaccinale qui existait déjà. Là encore, le message n’est pas spectaculaire. Il est pratique.

L’asundexian, une piste pour éviter un second AVC

Le troisième signal vient d’un essai publié en avril 2026 dans le New England Journal of Medicine. Il concerne l’asundexian, un médicament oral étudié chez des personnes ayant déjà fait un AVC ischémique ou un AIT à haut risque. Son rôle est de bloquer le facteur XIa, une protéine impliquée dans la formation des caillots. Autrement dit, il cherche à freiner le caillot là où il se forme.

Les patients concernés par cette option

Cette piste ne vise pas la population générale. Elle relève de la prévention secondaire, donc des patients déjà touchés. C’est un point majeur. Aux États-Unis, environ un AVC sur quatre chaque année est un AVC ischémique récidivant. Après un premier épisode, la marge de sécurité est souvent mince.

Ce qui change par rapport aux approches classiques

Pendant des décennies, l’aspirine seule a été le socle du traitement pour beaucoup de patients. L’intérêt de l’asundexian est ailleurs. Les premiers résultats suggèrent qu’on pourrait réduire le risque d’un nouvel AVC sans payer un prix trop lourd en saignements. Si cette promesse se confirme, ce sera une vraie avancée pour des profils très exposés.

Avant de changer votre régime ou votre traitement

Ces trois études ne racontent pas la même histoire, mais elles pointent dans la même direction. Mieux manger, mieux prévenir certaines infections et mieux cibler les traitements après un premier AVC peuvent réduire le risque, chacun à leur place. Le niveau de preuve n’est pas identique, et c’est important. Si vous cherchez un résumé des nouvelles recherches sur l’AVC, vous retrouverez ce fil commun.

Le socle, lui, ne change pas. Contrôler la tension, arrêter le tabac, bouger, suivre ses traitements et parler avec un médecin avant toute modification restent les bases. C’est encore plus vrai après un AIT, un AVC ou en cas de maladie cardiovasculaire.

En quelques mots

Ces travaux n’annoncent pas une formule miracle contre l’AVC. Ils dessinent trois voies complémentaires, une assiette plus protectrice, une prévention vaccinale qui pourrait avoir un effet vasculaire, et un traitement mieux ciblé après un premier accident.

La meilleure arme reste la prévention. Et quand plusieurs petites avancées vont dans le même sens, elles finissent parfois par changer la donne.

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