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Une étude norvégienne associe la consommation de café à moins de récidives de caillots sanguins après une première thrombose. Elle ne prouve cependant pas que cette boisson protège contre un nouvel épisode.
Cette association mérite d’être examinée avec prudence, car les résultats varient selon les circonstances de la première thrombose.
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Pourquoi les buveurs de café ont-ils eu moins de récidives de caillots sanguins ?
Publiée en deux mille vingt-six dans Research and Practice in Thrombosis and Haemostasis, l’étude menée par M. M. Olsen et ses collègues rassemble les cohortes norvégiennes Tromsø et HUNT. Les chercheurs ont suivi deux mille soixante et onze personnes après une première thrombose veineuse. Pendant un suivi médian de deux ans et huit dixièmes, trois cent dix récidives ont été recensées.
Un à deux cafés par jour, le niveau associé au risque estimé le plus bas
Chez les personnes déclarant cette consommation, le risque estimé de récidive était inférieur à celui des non-buveurs. Après ajustement sur l’âge et le sexe, l’écart relatif atteignait cinquante et un pour cent. Ce chiffre reste une estimation statistique, sans démontrer une protection individuelle.
Lorsque tous les buveurs étaient regroupés, l’association n’atteignait pas la significativité statistique. Les consommations supérieures ne montraient pas de bénéfice croissant : davantage de café n’était pas associé à une diminution régulière du risque.
Une association plus nette après une thrombose provoquée
Une thrombose est dite provoquée lorsqu’un facteur identifiable accompagne sa survenue : opération, traumatisme ou immobilisation, par exemple. Dans ce sous-groupe, un à deux cafés quotidiens étaient associés à un risque estimé inférieur de soixante-sept pour cent à celui des non-buveurs.
Aucun lien clair n’apparaissait après une thrombose non provoquée, survenue sans facteur déclenchant identifié. Cette différence empêche d’appliquer le même résultat à toutes les personnes ayant déjà présenté un caillot sanguin.
Ce que l’étude ne permet pas de conclure sur le café et les caillots
Cette recherche est observationnelle. Les participants n’ont pas été répartis au hasard entre consommation de café et absence de consommation. Les chercheurs ont comparé des habitudes existantes, avec les différences de santé et de mode de vie qu’elles peuvent accompagner.
Une consommation mesurée avant la première thrombose
Le questionnaire sur le café avait été rempli avant le premier événement, parfois bien avant le suivi des récidives. Les éventuels changements de consommation n’ont pas été enregistrés. Impossible, donc, de savoir si les participants avaient conservé leurs habitudes après leur thrombose.
Cette limite, détaillée dans la présentation des résultats par News-Medical, compte pour l’interprétation pratique. L’étude ne teste ni le fait de commencer à boire du café après une thrombose, ni celui d’en augmenter la quantité. Elle ne permet pas non plus d’attribuer l’association à la caféine ou à un autre composé.
Des comparaisons fragilisées par plusieurs données manquantes
Le groupe sans café comptait seulement cent quarante personnes, ce qui réduit la précision des comparaisons. La durée du traitement anticoagulant n’était pas connue. Or ce traitement influence directement la probabilité d’une récidive.
Les ajustements tenaient compte de plusieurs caractéristiques, dont le tabagisme et l’indice de masse corporelle. Ils n’écartent pas tous les facteurs confondants, c’est-à-dire les différences susceptibles d’expliquer une partie du lien observé. Enfin, la majorité des participants étaient des Norvégiens blancs. Les résultats ne s’appliquent donc pas nécessairement de la même manière à d’autres populations.
Après une thrombose, le café ne remplace pas le suivi médical
Ces résultats ne justifient pas de commencer à boire du café, ni d’en augmenter sa consommation pour prévenir une récidive. Ils ne permettent pas davantage de définir une quantité quotidienne à recommander après une thrombose. Le niveau associé au risque estimé le plus bas reste un résultat de recherche, pas une prescription.
La maladie veineuse thromboembolique comprend la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire. Dans le premier cas, un caillot se forme dans une veine profonde, souvent dans une jambe. Dans le second, il obstrue une artère pulmonaire. La prévention d’un nouvel épisode repose sur une évaluation médicale adaptée à chaque situation.
Les anticoagulants réduisent le risque de récidive, mais peuvent augmenter celui des saignements. Leur durée d’utilisation doit être discutée avec un professionnel de santé. La décision tient compte des circonstances de la première thrombose, du risque de nouvel épisode et du risque hémorragique. La consommation de café ne remplace aucun de ces éléments.
Les recherches sur une première thrombose répondent, par ailleurs, à une question différente de celle des récidives. Une association observée avant tout événement ne suffit pas à établir un effet après une thrombose déjà constituée. Cette distinction compte lorsqu’on rapproche plusieurs publications sur le café.
La prochaine étape consiste à retrouver ces résultats dans d’autres cohortes. Des mesures répétées de la consommation, associées à des informations précises sur les anticoagulants, aideraient à mieux interpréter le lien observé. Des populations plus diverses permettraient aussi d’en apprécier la portée.
À retenir
Cette étude norvégienne relève un lien possible entre consommation de café et moindre récidive de caillots sanguins, surtout après une thrombose. Elle ne démontre pas que boire du café évite de nouveaux caillots sanguins.
La confirmation par d’autres recherches reste nécessaire avant toute recommandation de prévention fondée sur cette boisson. Après une thrombose, le traitement et son suivi gardent leur place : aucun changement d’anticoagulant, de dose ou de durée ne doit être décidé sans avis médical.
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