Une étude de l’Université médicale de Leyde, présentée au congrès de l’EASD à Milan, associe une activité plus soutenue à moins de diabète de type 2. Le message est simple : une activité physique liée à un risque plus faible de diabète de type 2 concerne les adultes de tous âges.
Les données éclairent aussi l’effet de l’âge, l’horaire de l’exercice et les limites à garder en tête. Elles ne promettent pas une protection totale, mais renforcent une règle de prévention bien établie.
Une activité physique liée à un risque plus faible de diabète de type 2
Les chercheurs ont suivi 87 975 adultes de la UK Biobank, sans antécédent de diabète. Leur âge moyen était de 63 ans. Chaque participant a porté un accéléromètre au poignet durant sept jours, afin de mesurer ses mouvements sans dépendre de ses souvenirs.
Après un suivi médian de 7,7 ans, 2 140 personnes ont développé un diabète de type 2. Le groupe le moins actif pratiquait environ 121 minutes hebdomadaires d’activité modérée à soutenue. Le groupe le plus actif atteignait 409 minutes.
Après ajustement pour l’âge, le sexe, le tabac, le sommeil, le niveau d’études et les antécédents familiaux, le premier groupe présentait environ deux fois plus de risques. Les résultats détaillés figurent dans cette étude prospective de la UK Biobank.
Pourquoi l’activité modérée à soutenue aide le métabolisme
La marche rapide, le vélo, la course ou la danse font travailler les muscles. Ceux-ci utilisent alors davantage de glucose dans le sang et répondent mieux à l’insuline, l’hormone qui aide ce glucose à entrer dans les cellules.
Le repère de 150 minutes par semaine reste un objectif de santé publique. Il n’impose pas une longue séance unique. Dix ou quinze minutes accumulées au fil des jours comptent aussi. Pour une personne sédentaire, chaque progression est utile. L’exercice ne remplace toutefois ni un suivi médical ni un traitement.
Un risque relatif plus élevé chez les plus jeunes
Chez les moins de 63 ans, un faible niveau d’activité était associé à plus du double du risque de diabète. Chez les 63 ans et plus, l’excès de risque relatif atteignait 65 %.
Cette différence ne signifie pas que les seniors retirent moins de bénéfices du mouvement. Leur risque de départ est plus élevé. À l’échelle d’une population, une hausse de l’activité pourrait donc éviter davantage de nouveaux cas chez les personnes âgées. L’étude ne justifie pas de recommandations distinctes selon l’âge.
Le moment de la journée peut-il modifier l’association ?
L’horaire semble compter, mais avec prudence. Les adultes dont l’activité se concentrait entre 13 heures et minuit avaient un risque environ 10 % plus faible que ceux actifs surtout entre 5 heures et 13 heures. Une analyse publiée sur l’horaire de l’activité physique avait déjà exploré cette question dans la UK Biobank.
Chez les adultes plus jeunes, l’association atteignait 23 %. Chez les plus âgés, elle n’était que de 4 %. Ces chiffres décrivent un lien observé, pas une preuve que s’entraîner l’après-midi empêche le diabète.
Les facteurs métaboliques changent la lecture
L’association entre activité physique et diabète était plus forte chez les personnes sans prédiabète. Chez celles qui en présentaient un, le faible niveau d’activité restait lié à un risque supérieur de 54 %.
L’obésité, l’hypertension et des lipides sanguins trop élevés influencent aussi le risque métabolique. Ces facteurs peuvent modifier la relation observée. Une activité régulière reste pertinente, mais elle s’inscrit dans une prise en charge plus large du poids, de l’alimentation, du sommeil et de la tension artérielle.
Faut-il adapter son exercice à son âge ?
Non. Cette étude ne permet pas de prescrire un créneau horaire selon l’âge. Le meilleur moment est celui que l’on peut conserver semaine après semaine, sans contrainte excessive.
Commencer par de courtes marches, des trajets à pied ou des exercices adaptés est souvent plus réaliste. En cas de diabète, de prédiabète, de maladie cardiovasculaire ou de longue inactivité, un avis médical est préférable avant une activité intense.
Augmenter son activité sans bouleverser son quotidien
Prévenir le diabète ne suppose pas de devenir sportif du jour au lendemain. Marcher d’un bon pas pour une partie des déplacements, prendre l’escalier ou jardiner ajoute du mouvement à une journée trop assise.
Le vélo, la danse ou une promenade après le repas peuvent compléter cette base. L’important est de répartir l’effort sur la semaine. Une sortie très longue le dimanche ne compense pas toujours six jours immobiles.
Construire une habitude qui tient
On peut commencer par vingt minutes, trois fois par semaine, puis augmenter selon son souffle et ses capacités. Interrompre régulièrement les longues périodes assises est également utile.
L’endurance peut être associée à des exercices de renforcement adaptés, comme se lever plusieurs fois d’une chaise ou travailler avec des charges légères. La régularité compte davantage qu’une performance isolée.
Ce que l’étude démontre, et ce qu’elle ne prouve pas
L’accéléromètre fournit une mesure plus fiable qu’une simple déclaration des participants. Mais une semaine d’enregistrement ne reflète pas forcément toutes les habitudes d’une année.
La UK Biobank rassemble aussi des personnes, en moyenne, plus favorisées, plus diplômées et en meilleure santé que l’ensemble de la population britannique. La majorité des participants étaient blancs. Le prédiabète avait été évalué plusieurs années avant la mesure de l’activité, ce qui réduit la précision. Il s’agit d’une étude observationnelle : elle établit une association, non une causalité définitive.
À retenir
Bouger davantage est associé à un risque plus faible de diabète de type 2, chez les adultes jeunes comme chez les plus âgés. Le bénéfice relatif paraît plus marqué avant 63 ans, mais les seniors pourraient éviter davantage de cas à l’échelle de la population.
La prévention commence à son propre niveau. Marcher plus souvent, avancer progressivement et demander conseil en cas de problème de santé reste une approche réaliste et solide.
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