Plus on fait de rêves, moins on est exposé à 83 maladies, dont le diabète selon cette étude

Auteur: François Lehn

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Plus on fait de rêves, moins on est exposé à 83 maladies, dont le diabète selon cette étude
Le rêve qui survient lors du  sommeil paradoxal n'est pas un détail de la nuit. Sa durée, comme celle du sommeil profond et la régularité des horaires, est liée à plusieurs risques de maladie observés sur le long terme.

Dormir davantage ne suffit pas toujours. La qualité des cycles nocturnes, et surtout la place du sommeil paradoxal, pourrait peser sur le risque de maladie à long terme.

Une vaste étude menée au Royaume-Uni associe cette phase, celle des rêves les plus intenses, à un risque réduit pour 83 pathologies. Le résultat ne prouve pas qu’un sommeil de rêve plus long protège, à lui seul, contre la maladie. Il éclaire toutefois un facteur de prévention souvent sous-estimé.

Rêve: Le sommeil paradoxal et le risque de maladies

Publiée dans PLOS Medicine, l’étude a suivi 95 559 adultes de la UK Biobank. Leur âge moyen était de 56,2 ans. Chaque participant a porté un accéléromètre au poignet pendant une semaine, puis les chercheurs ont observé leur santé durant 8,9 ans en médiane.

Cette méthode évite une limite habituelle des enquêtes sur le sommeil. Nous estimons mal l’heure réelle de l’endormissement, les réveils brefs et la durée des différentes phases. Les capteurs ne remplacent pas un examen en laboratoire, mais ils donnent une mesure plus objective de la nuit.

La phase où le cerveau reste actif

Le sommeil paradoxal, ou REM en anglais, intervient plusieurs fois par nuit. Les yeux bougent rapidement sous les paupières, l’activité cérébrale augmente et les rêves sont fréquents. Les muscles, eux, restent presque immobiles.

Les auteurs observent qu’une durée plus importante de sommeil paradoxal est liée à un risque plus faible de 83 maladies. Cette association concerne l’insuffisance cardiaque, l’hypertension, la fibrillation atriale, certaines démences, le parkinsonisme ou la sclérose en plaques. Des travaux publiés dans Nature sur les risques de santé liés au sommeil vont dans le même sens pour l’efficacité du sommeil.

Une donnée à lire avec prudence

Une association statistique n’est pas une ordonnance. Une maladie encore silencieuse peut aussi modifier le sommeil avant d’être diagnostiquée. C’est le problème de la causalité inverse.

La dépression l’illustre bien. Les réveils répétés et les nuits fragmentées font partie de ses symptômes. Il serait donc hâtif d’affirmer que le manque de sommeil paradoxal cause, à lui seul, la dépression. La relation peut aller dans les deux sens.

Un sommeil perturbé peut être à la fois un signal précoce et un facteur aggravant d’un problème de santé.

Le sommeil profond, une piste pour le diabète

Le sommeil profond, aussi appelé sommeil lent, n’a pas montré le même nombre d’associations. Dans cette étude, une durée plus élevée est liée à une baisse du risque pour sept affections, dont le diabète de type 2, l’apnée du sommeil, la dépression majeure et la maladie de Parkinson.

Cette phase est celle où le corps ralentit le plus. Le rythme cardiaque et la respiration diminuent. L’organisme y mène une partie de ses opérations de récupération physique et métabolique.

Pourquoi la glycémie est concernée

Un sommeil trop court dérègle souvent l’appétit, la réponse à l’insuline et les habitudes alimentaires du lendemain. Ces mécanismes peuvent favoriser une glycémie plus élevée, surtout lorsqu’ils s’installent pendant des années.

Une recherche relayée par ScienceDirect sur sommeil et complications du diabète rapporte que des durées de sommeil courtes comme longues sont associées à davantage de complications microvasculaires chez les personnes diabétiques. Le sommeil ne remplace ni le suivi médical ni l’alimentation adaptée. Il s’ajoute à ces piliers.

La durée totale compte aussi

Les chercheurs ont relevé le niveau de risque le plus faible chez les personnes dormant entre six et huit heures. Une durée totale plus longue était associée à un risque réduit pour 50 maladies, dont le diabète de type 2.

Ce chiffre ne doit pas devenir une règle rigide. Les besoins changent avec l’âge, le travail de nuit, les médicaments et certaines pathologies. Une personne qui dort huit heures mais se réveille épuisée doit regarder la qualité de ses nuits, pas seulement leur durée.

Les réveils nocturnes ne sont pas anodins

L’étude a aussi mesuré le temps passé éveillé après l’endormissement, appelé WASO. Plus ce temps augmente, plus la nuit est fragmentée. Les participants concernés présentaient un risque accru pour six troubles, dont l’abus d’alcool, la dépendance à des substances psychoactives et l’arthrose.

Les horaires irréguliers étaient associés à davantage de douleurs abdominales, d’anxiété et de dépression majeure. Le corps apprécie les repères. Une heure de lever stable aide l’horloge biologique à anticiper le sommeil du soir.

Les données de la UK Biobank sur les habitudes de sommeil confirment l’intérêt d’étudier les rythmes de sommeil avec les facteurs génétiques et les maladies chroniques. Une mauvaise nuit isolée n’annonce rien. La répétition, semaine après semaine, mérite davantage d’attention.

Prévenir sans transformer la nuit en examen

Chercher à contrôler chaque minute de sommeil peut nourrir l’anxiété. Le premier repère est plus simple : conserver un lever proche de la même heure, y compris le week-end. La lumière du matin aide ensuite le cerveau à caler son rythme.

La chambre gagne à rester sombre, calme et fraîche. Les écrans lumineux, les repas lourds tardifs et la caféine en fin d’après-midi compliquent l’endormissement chez beaucoup d’adultes. Une activité calme pendant la dernière heure, lecture ou musique douce, prépare mieux au repos qu’un défilement sur téléphone.

Si l’insomnie dure, si les ronflements sont importants, ou si la somnolence gêne la journée, il faut en parler à un médecin. Dormir moins de cinq heures par nuit est déjà associé à davantage de diabète et de troubles métaboliques dans une revue scientifique disponible sur PMC.

À retenir

Le rêve qui survient lors du  sommeil paradoxal n’est pas un détail de la nuit. Sa durée, comme celle du sommeil profond et la régularité des horaires, est liée à plusieurs risques de maladie observés sur le long terme.

La prévention commence rarement par une solution spectaculaire. Des nuits plus régulières, suivies sans obsession, donnent au corps un cadre plus favorable.

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