Le cancer du côlon chez les jeunes est de plus en plus fréquent. La génétique peut en être à l’origine mais pas seulement. Il peut passer inaperçu aux premiers stades mais ces 4 symptômes sont parfois des signes avant-coureurs justifiant un avis médical immédiat. Malgré cette tendance inquiétante, les taux de survie à cinq ans chez les moins de 65 ans atteignent 94 % avec un diagnostic et un traitement à temps.
Quels sont les symptômes du cancer du côlon chez les jeunes ?
Une étude de 2023 a identifié quatre symptômes d’alerte qui étaient des signes d’un cancer colorectal à début précoce (au moins deux ans avant un diagnostic de cancer colorectal) : douleur abdominale, saignement rectal, diarrhée persistante, anémie ferriprive.
Ces résultats sont importants et opportuns en raison de l’incidence croissante du cancer colorectal chez les jeunes adultes, explique la Dre Cassandra Fritz, autrice de l’étude et professeure adjointe de médecine à la Division de gastro-entérologie de la Washington University School of Medicine. La sensibilisation à ces symptômes pourrait améliorer la détection du cancer colorectal à début précoce.
Quelles sont les tendances du diagnostic précoce du cancer colorectal ?
Les chercheurs préviennent que d’ici 2030, environ 15 % de tous les cas de cancer colorectal seront diagnostiqués chez des personnes de moins de 50 ans.
Les facteurs qui contribuent au développement du cancer colorectal sont :
- génétique et antécédents familiaux,
- facteurs liés au mode de vie, comme l’alimentation ou le tabagisme,
- influences environnementales.
Plus il y a de symptômes, plus le risque est élevé. Le nombre de cas de cancer colorectal diagnostiqués chez les jeunes continue d’augmenter même si les cas globaux ont diminué.
Pour aider à comprendre, la Dre Fritz et ses collègues ont cherché des tendances dans les symptômes en analysant les données d’assurance maladie de plus de 5 000 personnes atteintes d’un cancer colorectal à début précoce (diagnostiqué avant l’âge de 50 ans), comparées à celles de personnes sans antécédents de cancer ou de risque accru.
Quels sont les principaux résultats de l’étude ?
Les personnes qui présentaient l’un des quatre symptômes d’alerte entre trois mois et deux ans avant le diagnostic présentaient un risque plus élevé de cancer colorectal.
Près de la moitié des personnes étudiées présentaient au moins un de ces symptômes au cours des trois mois précédant le diagnostic.
Certains patients de l’étude ont eu des symptômes pendant environ deux ans avant d’obtenir un diagnostic. La détection précoce est donc essentielle.
Les chercheurs ont également constaté que, plus une personne présente de symptômes, plus le risque d’avoir le diagnostic était élevé. Par exemple :
- un symptôme doublait presque le risque de la maladie pour un patient,
- deux symptômes augmentaient le risque de plus de 3,5 fois,
- trois ou plus augmentaient le risque de plus de 6,5 fois.
En présence de symptômes de saignements rectaux ou de diarrhée persistante, demander un avis médical et un test de dépistage colorectal, quel que soit l’âge, a déclaré le Dr Yin Cao, chercheur principal de l’étude et professeur associé de chirurgie à la Washington University School of Medicine.
Le cancer colorectal ne touche pas seulement les personnes âgées. Les jeunes adultes doivent être conscients des signes et symptômes potentiellement très révélateurs et agir en conséquence.
Comment avoir le bon diagnostic ?
La plupart des symptômes précoces associés au cancer colorectal peuvent également être des signes d’autres affections courantes : colite ulcéreuse, maladie de Crohn, intoxication alimentaire, gastro-entérite virale.
Il n’y a pas de symptôme spécifique lié au cancer du côlon et beaucoup d’autres affections peuvent présenter des symptômes similaires, rappelle le Dr Anton Bilchik, oncologue chirurgical et chef de division de chirurgie générale au Providence Saint John’s Health Center.
Cependant, le Dr Bilchik conseille à tous les patients, quel que soit leur âge, de contacter immédiatement leur médecin s’ils présentent des symptômes afin d’en découvrir leurs causes. Juste une affection, comme des hémorroïdes, peut nécessiter un traitement. D’autres cancers gastro-intestinaux, de l’estomac et du pancréas, peuvent également survenir à un plus jeune âge.
Même sans symptômes, le Dr Bilchik recommande tout de même des mesures proactives comme se faire dépister si l’on est éligible. Plus le cancer est diagnostiqué tôt, plus le traitement peut commencer tôt et conduire à de meilleurs résultats. Pourtant, seulement 59 % des personnes âgées de 45 ans et plus effectuent leurs dépistages (aux USA).
Quelles sont les directives de dépistage du cancer du côlon en France ?
En France, le dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans, tous les 2 ans :
- test (immunologique) : recherche de traces de sang occultes dans les selles grâce à un kit à réaliser chez soi, simple d’utilisation et indolore,
- obtention du kit : retiré auprès de son médecin traitant (lors d’une consultation), commandé en ligne sur le site dédié (monkit.depistage-colorectal.fr) après un questionnaire d’orientation, ou parfois délivré par le pharmacien,
- parcours en cas de résultat positif : si le test détecte du sang dans les selles (environ 4 % des cas), une coloscopie est prescrite par le médecin. Cet examen permet de visualiser l’intérieur du côlon, de rechercher la cause du saignement et, si nécessaire, de retirer des lésions précancéreuses (polypes) avant qu’elles ne dégénèrent.
Les personnes présentant des facteurs de risque particuliers (antécédents familiaux de polypes ou de cancers colorectaux, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, etc.) bénéficient d’un suivi spécifique adapté par coloscopie, souvent débuté avant 50 ans. En cas de signes d’alerte (douleurs abdominales inexpliquées, sang visible dans les selles, modification durable du transit), le dépistage organisé ne s’applique pas : une consultation médicale rapide est indispensable, quel que soit l’âge.
Il n’existe pas en France de dépistage de masse pour les moins de 50 ans alors que le cancer colorectal chez les jeunes est une préoccupation croissante. Leur prise en charge repose sur des critères de risque précis :
- antécédents ou prédispositions : individus ayant des antécédents familiaux au premier degré (parent, frère, sœur) de cancer colorectal ou de polypes, ou souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique), un suivi personnalisé par coloscopie est mis en place avant 50 ans (souvent 5 ans avant l’âge du diagnostic du cas index dans la famille, ou dès 20-25 ans selon les syndromes génétiques),
- présence de symptômes d’alerte : indépendamment de l’âge (y compris chez les jeunes de 20, 30 ou 40 ans), l’apparition de signes d’alerte (saignements rectaux, douleurs abdominales persistantes, diarrhée chronique ou anémie inexpliquée) ne doit jamais mener à attendre. Les autorités de santé recommandent de consulter immédiatement un médecin pour réaliser des investigations cliniques, qui peuvent inclure une coloscopie diagnostique.
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