Selon une recherche récente, la densité des muscles du dos et du thorax ferait plus que soutenir la mobilité et la force : elle pourrait donner des indices sur la santé cardiaque.
Les chercheurs de cette étude, publiée dans la revue Radiology, ont utilisé des outils d’intelligence artificielle pour constater que les personnes ayant des muscles de la poitrine et du dos plus denses étaient également moins susceptibles d’avoir une crise cardiaque ou de mourir au cours de la décennie suivante.
Cette découverte ne prouve pas que des muscles denses dans ces zones préviennent les crises cardiaques, mais elle met au jour une association entre la qualité musculaire et des bienfaits protecteurs pour le cœur.
Qu’est ce que l’étude a découvert sur la qualité des muscles dorsaux et thoraciques ?
La qualité musculaire (une mesure de la quantité de graisse contenue dans le tissu musculaire) dans le torse des participants a permis de prédire les crises cardiaques.
Les chercheurs ont examiné les scanners thoraciques de routine du cœur et des vaisseaux sanguins de 1 722 adultes âgés en moyenne d’environ 58 ans. Michelle Williams, professeur d’imagerie cardiovasculaire à l’Université d’Édimbourg, autrice principale de l’étude, voulait savoir si d’autres informations disponibles sur les scanners cardiaques de routine pouvaient être utiles pour les patients. Un outil d’intelligence artificielle appelé « TotalSegmentator » a évalué les scanners et cartographié 25 systèmes corporels (muscles, os, graisse, poumons et cavités cardiaques). Après un suivi de 10 ans, les chercheurs ont vérifié si certaines compositions corporelles pouvaient prédire qui décéderait ou qui aurait une crise cardiaque.
Une plus grande densité des muscles du torse était associée à un risque de crise cardiaque inférieur d’environ 31 % pour chaque augmentation de 10 points de densité musculaire. Environ 39 % des personnes ayant des muscles du torse plus denses présentaient un risque de mortalité diminué sur 10 ans.
En revanche, celles ayant une densité musculaire plus faible présentaient des risques plus élevés de décès et de crise cardiaque. Les personnes atteintes de coronaropathie avaient également tendance à avoir plus de graisse autour du torse et des muscles moins denses.
La quantité de muscles n’avait pas beaucoup d’importance. C’est la qualité du muscle qui comptait, explique Karly Mendez, spécialiste principale de la performance humaine et physiologiste de l’exercice au Memorial Hermann Sports Medicine Institute.
Qu’est-ce que la qualité musculaire ?
Sur un scanner, un muscle de meilleure qualité présentera moins d’infiltration de graisse, coincée entre et à l’intérieur des fibres musculaires.
Cette différence est importante car la graisse à l’intérieur du muscle est liée à la résistance à l’insuline, à l’inflammation et à une réduction de la fonction physique, argumente Karly Mendez. Les muscles présentant moins d’infiltration de graisse sont plus actifs au plan métabolique et plus fonctionnels.
Les personnes qui font de l’exercice régulièrement ont tendance à avoir une meilleure qualité musculaire car les muscles deviennent plus denses s’ils sont davantage sollicités, indique Michelle Williams.
La densité est toutefois différente de la masse musculaire, qui fait référence à la taille et au poids des muscles du corps.
Comment interpréter ces résultats ?
Les résultats de l’étude étaient prometteurs mais la recherche n’a trouvé qu’une association entre la qualité musculaire et les crises cardiaques, et non un lien de causalité.
Des muscles plus denses pourraient simplement être le marqueur de personnes qui font de l’exercice régulièrement, mangent bien et maintiennent une composition corporelle plus équilibrée, ce qui pourrait également réduire le risque de crise cardiaque.
De même, une densité musculaire plus faible peut être le symptôme d’autres facteurs de risque de crise cardiaque, et non pas leur cause directe, explique Srinivas Prasad, cardiologue interventionnel chez Orlando Health. Ces facteurs de risque peuvent inclure une mauvaise santé générale, le vieillissement, la sédentarité, une maladie sous-jacente, l’inflammation ou des problèmes métaboliques.
De manière générale, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour pouvoir considérer la densité musculaire comme un facteur de risque cardiovasculaire en pratique clinique.
Comment améliorer la qualité musculaire ?
Les spécialistes recommandent un entraînement de force de tout le corps pour améliorer la qualité musculaire plutôt que de se limiter à des exercices spécifiques au torse.
Dans tous les cas, réduire la graisse au sein des muscles peut avoir des bienfaits pour la santé.
L’entraînement progressif en résistance est la méthode la plus solide et scientifiquement prouvée pour développer des muscles plus denses, affirme Karly Mendez. Cela implique généralement deux à trois séances ciblant les principaux groupes musculaires et l’ajout progressif de poids et de résistance.
Non seulement l’entraînement en force peut améliorer la densité musculaire, mais un ensemble solide de recherches antérieures montre qu’il peut également bénéficier à d’autres marqueurs de santé cardiaque, comme la pression artérielle, le taux de cholestérol et la sensibilité à l’insuline.
Srinivas Prasad recommande de choisir des exercices appréciés et de s’y tenir sur le long terme. La régularité prime sur l’optimisation, rappelle-t-il.
D’autres moyens d’améliorer la qualité musculaire sont :
- consommer suffisamment de protéines pour soutenir la réparation et la croissance musculaire,
- faire du cardio, comme la marche, la course à pied ou la natation,
- dormir suffisamment et réduire le stress,
L’amélioration de la qualité musculaire prend du temps. C’est un travail de longue haleine, rappelle Karly Mendez.
- 1
- 2
- 3
PRESSE SANTÉ s'efforce de transmettre la connaissance santé dans un langage accessible à tous. En AUCUN CAS, les informations données ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de santé.



