On peut attraper un coup de soleil aux yeux : reconnaître et prévenir la photokératite

Auteur: François Lehn

Publié le:

On peut attraper un coup de soleil aux yeux : reconnaître et prévenir la photokératite
Les yeux peuvent attraper un coup de soleil après une exposition au soleil, à la neige, aux lampes UV ou à l'arc de soudage.

Après une journée sur l’eau, à la neige ou en plein soleil, les yeux peuvent brûler autant que la peau. Les yeux peuvent attraper un coup de soleil, une atteinte temporaire appelée photokératite.

Le piège est simple : les yeux semblent normaux après l’exposition, puis la douleur arrive le soir ou au réveil. Il faut connaître les symptômes, apaiser la surface oculaire et éviter une nouvelle exposition.

Oui, les yeux peuvent attraper un coup de soleil

La photokératite est une brûlure de la surface de l’oeil causée par un excès de rayons ultraviolets. La cornée, membrane transparente située devant l’iris et la pupille, absorbe une grande part de ces rayons. Elle joue un rôle proche de celui d’une lentille : elle aide à focaliser la lumière pour former une image nette.

Lorsque la dose d’UV devient trop forte, les cellules superficielles de la cornée sont abîmées. Elles se détachent, laissant à découvert de minuscules terminaisons nerveuses. C’est ce qui explique la douleur parfois intense, disproportionnée par rapport à l’aspect extérieur de l’oeil.

La conjonctive peut aussi être irritée

La conjonctive recouvre le blanc de l’oeil et l’intérieur des paupières. Elle maintient l’oeil humide et forme une première barrière contre les poussières. Exposée aux UV, elle peut rougir, gonfler et larmoyer.

La photokératite atteint souvent les deux yeux en même temps. Ils ont reçu la même lumière, directe ou réfléchie. Les explications de l’American Academy of Ophthalmology rappellent que la neige est une cause classique, d’où le terme de “cécité des neiges”.

Comment reconnaître une brûlure des yeux due aux UV

La sensation évoque souvent du sable coincé sous les paupières. Elle s’accompagne de brûlures, de douleur, de larmoiement, de rougeur et parfois d’un gonflement des paupières. La lumière devient pénible, même dans une pièce modérément éclairée.

La vision peut se brouiller. Certaines personnes voient des halos autour des lampes, ont mal à la tête ou ressentent des spasmes des paupières. Plus rarement, la perception des couleurs change brièvement ou la vision diminue de façon transitoire.

Les symptômes apparaissent le plus souvent entre six et douze heures après l’exposition. Une longue journée en altitude, une sieste sur une plage claire ou une exposition à une lampe UV peuvent accélérer leur arrivée. Les signes cliniques de la photokératite incluent aussi une forte sensibilité à la lumière et un rétrécissement des pupilles.

Une douleur qui commence plusieurs heures après le soleil ne doit pas être attribuée trop vite à une simple fatigue visuelle.

Que faire pour soulager des yeux brûlés par le soleil ?

Le premier réflexe consiste à se mettre à l’abri de la lumière. Restez dans une pièce peu éclairée, fermez les yeux et laissez-les se reposer. Un linge frais et humide, posé sur les paupières fermées, peut calmer l’inconfort.

Retirez les lentilles de contact jusqu’à disparition complète des symptômes. Ne frottez pas vos yeux, même si la gêne est forte : le frottement peut irriter davantage une cornée déjà fragilisée. Des larmes artificielles sans conservateur peuvent humidifier la surface oculaire. Un antidouleur courant peut être envisagé s’il est compatible avec votre état de santé et vos traitements.

Dans la majorité des cas, la cornée cicatrise en un à deux jours. La fiche médicale de Cleveland Clinic conseille également de rester hors du soleil durant la phase douloureuse.

Quand consulter rapidement un professionnel de la vue

Un avis médical est nécessaire après un choc à l’oeil ou une projection de produit chimique. Consultez aussi sans attendre si la douleur est sévère, si elle ne concerne qu’un oeil, ou si la vision baisse ou s’aggrave.

Des symptômes présents au-delà de quarante-huit heures demandent un examen. L’ophtalmologiste observe la cornée et vérifie qu’il ne s’agit pas d’une infection, d’une abrasion ou d’une autre affection nécessitant un traitement différent.

Comment protéger ses yeux des rayons ultraviolets

Les UV ne viennent pas seulement du ciel. L’eau, le sable, la neige, la glace et même le béton renvoient la lumière vers les yeux. En altitude, l’exposition augmente encore. Un ciel couvert ne filtre pas tous les rayons nocifs.

Portez des lunettes de soleil toute l’année, avec un chapeau à larges bords lorsque l’exposition dure. Pour les choisir, recherchez la mention 100 % UVA et UVB ou UV400. Une monture couvrante, proche du visage ou enveloppante, limite aussi les rayons arrivant par les côtés.

Les verres polarisés réduisent l’éblouissement sur la route ou sur l’eau. Ils ne garantissent pas, à eux seuls, une protection UV suffisante. Il faut vérifier l’étiquetage. Les cabines de bronzage et les lampes UV exposent également les yeux, même lorsqu’on garde les paupières fermées.

Des protections adaptées à la neige et au soudage

Des lunettes de soleil ordinaires ne suffisent pas toujours en montagne, où la réverbération est forte. Un masque de ski ou des lunettes conçues pour les sports de neige, avec protection UV, restent le choix le plus sûr.

Le soudage impose une protection différente. L’arc de soudage émet un rayonnement intense susceptible de provoquer une photokératite. Un casque et des lunettes dotés de filtres adaptés sont indispensables, y compris pour les personnes proches du poste de travail.

À retenir

Une brûlure UV des yeux est souvent brève, mais elle peut être très douloureuse. Les yeux peuvent attraper un coup de soleil après une exposition au soleil, à la neige, aux lampes UV ou à l’arc de soudage.

Des lunettes certifiées UV400, portées régulièrement, restent la meilleure prévention. En cas de douleur importante, de baisse de vision ou de symptômes persistants, le repos ne remplace pas un examen médical.

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