Boissons sucrées quotidienne: risque de cancer de l’estomac accru selon cette étude

Auteur: François Lehn

Publié le:

Boissons sucrées quotidienne: risque de cancer de l’estomac accru selon cette étude
Dans cette étude américaine, boire chaque jour des boissons sucrées était associé à un risque plus élevé de cancer de l'estomac.

Près de 65 % des adultes américains déclarent boire chaque jour au moins une boisson sucrée. Une étude américaine publiée en 2026 observe que les boissons sucrées quotidiennes sont associées à un risque plus élevé de cancer de l’estomac.

Il ne s’agit pas d’une preuve de causalité. Un soda par jour ne permet pas de prédire le destin d’une personne. Les résultats invitent toutefois à regarder de plus près une habitude alimentaire souvent banalisée.

Boissons sucrées quotidiennes et risque accru de cancer de l’estomac

Les chercheurs du Mass General Brigham Cancer Institute ont analysé les données de 112 284 adultes issus de deux grandes cohortes américaines, la Nurses’ Health Study et la Health Professionals Follow-Up Study. Ces participants ont été suivis pendant plusieurs décennies.

Au cours de cette période, 278 cancers de l’estomac ont été recensés. Après prise en compte de nombreux facteurs de risque, les personnes consommant au moins une boisson sucrée par jour présentaient un risque 2,45 fois plus élevé que celles qui en buvaient moins d’une fois par mois. Le lien apparaissait chez les femmes comme chez les hommes, selon les résultats présentés par Mass General Brigham.

L’étude ne portait pas uniquement sur les sodas. Les chercheurs ont regroupé les boissons gazeuses, les boissons aux fruits, les limonades et les boissons pour sportifs contenant des sucres ajoutés.

Le fructose est souvent très présent dans ces produits. Une consommation totale plus élevée de fructose était elle aussi associée à davantage de cancers gastriques. Cela ne transforme pas un verre occasionnel en menace certaine. Le signal observé concerne une consommation régulière, installée dans le quotidien.

Que signifie le chiffre de risque chez les femmes ?

Dans la Nurses’ Health Study, les femmes qui buvaient plus d’une boisson sucrée par jour avaient un risque environ trois fois supérieur à celui des femmes qui en consommaient très rarement. Le chiffre exact était de 3,04.

Un risque relatif élevé peut impressionner. Pourtant, le cancer de l’estomac reste peu fréquent à l’échelle individuelle. Une multiplication du risque ne dit pas combien de cas surviendront réellement chez une personne donnée. C’est la différence entre risque relatif et risque absolu.

Pourquoi ces boissons pourraient-elles influencer le cancer gastrique ?

Les chercheurs avancent plusieurs pistes, sans les présenter comme des mécanismes établis. Un apport fréquent de sucre et de fructose peut favoriser une prise de poids, une résistance à l’insuline et des troubles métaboliques. L’inflammation chronique pourrait aussi jouer un rôle.

La muqueuse de l’estomac est un tissu exposé en permanence aux aliments et aux boissons. On peut la comparer à une surface qui doit se réparer sans cesse. Des agressions répétées, combinées à d’autres facteurs, pourraient perturber cet équilibre.

Le cancer gastrique est la cinquième cause de décès par cancer dans le monde. Son lien avec l’alimentation demeure moins documenté que celui d’autres cancers. Cette étude, détaillée par une synthèse des résultats scientifiques, ouvre donc une piste à confirmer.

Le rôle de Helicobacter pylori n’est pas écarté

L’infection par Helicobacter pylori augmente clairement le risque de cancer de l’estomac. Dans un sous-groupe de 940 participants, un peu plus d’un tiers présentaient des signes d’infection.

Les chercheurs n’ont pas observé de relation entre la consommation de boissons sucrées et cette bactérie. Cette absence de lien ne retire rien à l’importance de H. pylori. Les données disponibles étaient limitées et ce facteur doit rester au centre de toute évaluation médicale du risque gastrique.

Les boissons édulcorées présentent-elles le même signal ?

Les boissons gazeuses allégées, contenant des édulcorants artificiels, n’étaient pas associées à une hausse du cancer de l’estomac après ajustement des autres facteurs. Cette différence mérite d’être relevée.

Elle ne permet pas de conclure que ces boissons protègent contre le cancer ou qu’elles sont sans effet sur la santé. L’étude observe des habitudes de consommation, elle ne distribue pas de boissons aux participants comme le ferait un essai clinique.

Réduire les boissons sucrées sans bouleverser ses habitudes

Changer progressivement est souvent plus réaliste que supprimer d’un coup tous les sodas. Remplacer une consommation quotidienne par de l’eau, une eau pétillante non sucrée ou une boisson chaude sans sucre peut déjà modifier l’apport hebdomadaire.

Les étiquettes restent utiles. Certaines boissons aux fruits ou boissons énergétiques paraissent légères, alors qu’elles concentrent plusieurs cuillères de sucres ajoutés. Réserver ces produits à des occasions ponctuelles aide à sortir du réflexe automatique.

Une alimentation variée, riche en aliments peu transformés, ne garantit pas l’absence de cancer. Elle réduit toutefois l’exposition répétée aux excès de sucre. Les boissons sucrées quotidiennes constituent un levier simple, car elles apportent souvent des calories sans rassasier.

Les limites à connaître avant de tirer une conclusion

Cette recherche est observationnelle. Les scientifiques ont comparé des habitudes alimentaires et l’apparition de maladies, sans imposer de traitement. D’autres éléments peuvent encore influencer les résultats, malgré les ajustements statistiques.

Les antécédents familiaux de cancer gastrique n’étaient pas toujours connus. Les informations sur Helicobacter pylori ne concernaient qu’une partie des participants. Enfin, la population étudiée était majoritairement blanche, ce qui limite l’application directe des résultats à tous les groupes.

D’autres travaux devront confirmer cette association et préciser le rôle du sucre, du fructose et des facteurs métaboliques. Une présentation complémentaire de l’étude rappelle aussi que les résultats ne démontrent pas une relation directe de cause à effet.

À retenir

Dans cette étude américaine, boire chaque jour des boissons sucrées était associé à un risque plus élevé de cancer de l’estomac. Aucun signal comparable n’a été observé pour les boissons artificiellement édulcorées.

La prudence reste indispensable. Réduire les sucres ajoutés, connaître les facteurs de risque et consulter un professionnel de santé face à des symptômes persistants restent les mesures les plus raisonnables.

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