Vitamine D: la vitamine qui protège des formes graves de la COVID-19

Une étude italienne récente rapporte que plus des trois quarts des patients touchés par la COVID-19 et ayant développé un syndrome respiratoire aigu présentent une carence en vitamine D. De plus, cette carence augmente le risque de décéder de la maladie.

Avec six mois de recul, il est maintenant clairement établi que la sévérité de la maladie varie considérablement d’une personne à l’autre. Certains facteurs peuvent accélérer considérablement le développement d’atteintes graves. Un des plus importants est bien entendu l’âge.  Les personnes de 80 ans ont 20 fois plus de risque de décéder de la maladie que celles dans la cinquantaine. Et jusqu’à 400 fois plus que les jeunes adultes dans la vingtaine.

La présence d’une comorbidité comme l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le cancer ou encore le diabète représente également un important facteur de risque. Par exemple une analyse de 1,7 million de cas diagnostiqués de COVID-19 a révélé que les patients touchés par l’une ou l’autre de ces conditions préexistantes avaient un risque de mortalité 12 fois plus élevé que ceux qui n’avaient pas de problèmes de santé au moment de l’infection .

Les risques d’un déficit en vitamine D en cas de COVID-19

La carence en vitamine D pourrait représenter un autre important facteur de risque de développer des complications graves de la COVID-19. Puis de décéder de la maladie. En analysant une cohorte de patients traités pour un syndrome respiratoire aigu sévère, il a été constaté que 81 % des sujets présentaient des taux sanguins de vitamine D inférieurs à la normale (< 30 ng/mL ou 75 nmol/L). 24 % d’entre eux qui étaient touchés par une carence sévère (< 10 ng/mL ou 25 nmol/L). Ces très faibles taux de vitamine D semblent avoir un impact majeur sur le pronostic des patients. Avec un taux de mortalité de 50 % dans les 10 jours suivant l’hospitalisation comparativement à seulement 5 % chez ceux dont les taux de vitamine étaient plus élevés que 10 ng/mL.

Ces observations suggèrent qu’une supplémentation en vitamine D de façon à atteindre des taux sanguins normaux devrait fortement être considérée. En particulier pour les populations qui sont à plus haut risque de développer des complications graves. Même si d’autres études sont nécessaires la vitamine D et la COVID-19, présentent bel et bien un lien biologiquement logique.

La vitamine D un anti-inflammatoire naturel

Son rôle essentiel dans la santé des os est évidemment bien connu. Mais la vitamine D est beaucoup plus que cela. C’est une molécule physiologiquement très active qui influence la fonction de plus de 200 gènes différents. Dont certains sont impliqués dans la maturation des cellules immunitaires, ce qui présente un avantage dans la réponse du corps à l’attaque virale. De plus, cette vitamine possède une action anti-inflammatoire importante. Les personnes qui possèdent des taux sanguins adéquats de vitamine D sont moins à risque de développer des conditions inflammatoires incontrôlées et de forte intensité (tempête de cytokines) à la suite de l’infection. Un phénomène qui joue un rôle prédominant dans le développement des formes sévères de COVID-194.

Vitamine D: Soleil tant qu’il y en a sinon en supplément

De mai à septembre, une simple exposition du visage et des bras pendant 10 minutes au soleil permet au corps de produire suffisamment de vitamine D pour combler nos besoins. Par contre, avec l’arrivée de l’automne, la diminution de la durée d’ensoleillement risque de faire augmenter le nombre de personnes carencées en vitamine D. Et ce au beau milieu de la période où on prévoit une recrudescence de la transmission du coronavirus responsable de la COVID-19. La prise de suppléments contenant 1000 UI de vitamine D est une façon simple, économique et efficace d’augmenter l’apport de cette vitamine. Se faisant, on peut diminuer les risques de complications découlant de cette maladie infectieuse.

Sources

WILLIAMSON EJ ET COLL. FACTORS ASSOCIATED WITH COVID-19-RELATED SOURCE DEATH USING OPENSAFELY. NATURE 2020; 584: 430-436.

STOKES EK ET COLL. CORONAVIRUS DISEASE 2019 CASE SURVEILLANCE — UNITED STATES, JANUARY 22–MAY 30, 2020. MMWR MORB MORTAL WKLY REP 2020; 69: 759–765.

CARPAGNANO GE ET COLL. VITAMIN D DEFICIENCY AS A PREDICTOR OF POOR PROGNOSIS IN PATIENTS WITH ACUTE RESPIRATORY FAILURE DUE TO COVID-19. JOURNAL OF ENDOCRINOLOGICAL INVESTIGATION.

DANESHKHAH A ET COLL. THE POSSIBLE ROLE OF VITAMIN D IN SUPPRESSING CYTOKINE STORM AND ASSOCIATED MORTALITY IN COVID-19 PATIENTS. MEDRXIV.