Les vertus insoupçonnées de la moutarde

moutarde

Certains aliments révèlent fois de grandes surprises lorsque la science moderne s’y intéresse. Les graines de moutarde par exemple contiennent des stéroïdes végétaux qui augmentent la masse musculaire et les performances physiques. Comme quoi un simple pot de moutarde peut être source d’émerveillement !

Probablement originaire du bassin méditerranéen, la moutarde est une plante de la famille des crucifères (choux, brocoli, navet) qui fait partie de l’alimentation humaine depuis la préhistoire. Comme pour tous les légumes crucifères, l’identification de cette plante par nos lointains ancêtres s’est avérée un excellent choix pour la santé ! Les feuilles de moutarde représentent en effet une source nutritive exceptionnelle, sans compter qu’elles contiennent également une forte concentration de glucosinolates, une classe de molécules responsables des effets anticancéreux des légumes crucifères.

Mais c’est surtout l’utilisation des graines de moutarde comme condiment pour accompagner les viandes qui a contribué à la grande popularité de cette plante. Lors du broyage des graines dans le vinaigre, le glucosinolate appelé sinigrine est transformé en isothiocyanate d’allyle, une molécule très aromatique qui stimule le nerf trijumeau du visage et déclenche une sensation forte (mais temporaire) au niveau de la gorge et du nez. Cette propriété de la moutarde « de monter au nez » est appréciée depuis des millénaires et, encore aujourd’hui, ce condiment joue un rôle essentiel pour relever le goût des sauces et des vinaigrettes ou des viandes et des charcuteries.

Des molécules naturelles qui se comportent comme des hormones mâles

En plus de leur riche contenu en vitamines, minéraux et glucosinolates, les crucifères telles que la moutarde ont aussi la particularité de recéler des brassinostéroïdes, une classe de molécules qui possèdent une structure similaire aux stéroïdes des animaux. Ces stéroïdes végétaux jouent un rôle essentiel dans la croissance de la plante, mais on ne sait que peu de choses de leurs effets sur le métabolisme des animaux.

Il s’agit d’une question importante, car on sait que, chez l’humain, l’administration de stéroïdes entraîne des effets spectaculaires : en imitant l’effet des hormones mâles comme la testostérone, ces molécules augmentent la synthèse des protéines dans les cellules (effet anabolisant) et favorisent ainsi la croissance de la masse musculaire. Cependant, ces stéroïdes anabolisants entraînent aussi de multiples effets secondaires qui posent problème, autant du point de vue hormonal (développement anormal des caractères sexuels secondaires) que physiologiques. Est-ce que les stéroïdes d’origine végétale exercent une action similaire à ces stéroïdes anabolisants et provoquent-ils les mêmes effets secondaires néfastes ?

Une augmentation de la masse musculaire

Pour répondre à ces questions, des chercheurs américains ont nourri pendant 24 jours des animaux modèles avec un régime normal, supplémenté ou non avec le brassinostéroïde appelé 28-homo-brassinolide. L’ajout de ce composé a stimulé la production de protéines au niveau des muscles tout en ralentissant leur dégradation, ce qui a mené à une augmentation de la masse musculaire maigre et à une amélioration notable de la condition physique. Par exemple, les modèles nourris avec le stéroïde végétal présentaient une augmentation de 7 % de la force de leurs membres inférieurs !

La moutarde a ses limites

Par contre, heureusement, la molécule ne provoque pas d’augmentation significative de l’activité des hormones mâles, même lorsqu’elles sont injectées en sous-cutané. Les stéroïdes végétaux semblent donc posséder les effets positifs des stéroïdes anabolisants en termes d’augmentation de la performance musculaire, sans pour autant entraîner les effets hormonaux néfastes
qui sont propres à cesstéroïdes. Ces observations ne signifient évidemment pas qu’on peut développer sa masse
musculaire simplement en mangeant de la moutarde ! Cependant, la présence dans cette plante de stéroïdes anabolisants sans effets hormonaux néfastes pourrait servir de tremplin à la découverte de nouveaux médicaments capables de corriger la perte de masse musculaire qui est associée à certaines maladies, notamment les myopathies et le cancer.

Source
Esposito D et coll. Anabolic effect of plant brassinosteroid. FASEB Journal;25: 3708-19

 

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.