Taille: plus on est grand plus on est à risque de certains cancers

Au cours des récentes décennies, la taille moyenne de la population mondiale a considérablement augmenté. Une équipe internationale de chercheurs en a analysé les causes et les effets pour la santé et conseille de prendre en compte la taille des individus dans la prévention primaire.

La taille est déterminée en grande partie par notre génétique. Cependant, les enfants d’aujourd’hui sont bien plus grands que leurs ancêtres. La plus forte augmentation a été observée aux Pays-Bas: les hommes hollandais seraient en moyenne 20 cm plus grands que leurs homologues il y a 150 ans.

Plus on est grand moins on est à risque de maladie cardio-vasculaire

L’étude montre d’abord que la taille a un impact important sur la mortalité liée à plusieurs maladies majeures, indépendamment de la masse grasse ou d’autres facteurs. Chaque augmentation de la taille de 6,5 cm est associée à une diminution du risque cardiovasculaire de 6%, mais à une augmentation du risque de cancer de 4%. Les auteurs suspectent que cette augmentation staturale soit un marqueur d’une surconsommation d’aliments denses en énergie et riche en protéines animales, à différents stades de la croissance.

Moins de diabète mais plus de cancers

In utero, par exemple, un apport élevé en protéines animales active significativement le système IGF1/2, qui intervient dans la croissance de l’enfant. Mais cette activation a d’autres conséquences. Elle rend l’organisme plus sensible à l’action de l’insuline, ce qui influence favorablement le métabolisme lipidique et, in fine, le risque cardiométabolique. A l’opposé, elle ferait le lit de certaines formes de cancer, en particulier le cancer du sein, du côlon et le mélanome, en favorisant une croissance cellulaire permanente. Pour les auteurs de l’étude, le paramètre de la taille devrait donc davantage être pris en considération en prévention primaire.

Prof. Stefan N. et al., Lancet Diabetes & Endocrinology, 27/01/2016.