Syndrome d’alcoolisation foetale: pas d’alcool pendant la grossesse, c’est vital pour le foetus

La toxicité de l’alcool sur le système nerveux des enfants à naître peut être sévère, pour les neurones comme pour les vaisseaux sanguins du cortex cérébral. Au cœur de ce mécanisme: l’autophagie des cellules.

Troubles du comportement, agressivité, auto-agressivité pour les enfants exposés à l’alcool pendant la grossesse

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) constitue la forme la plus sévère des troubles engendrés par la consommation d’alcool des femmes enceintes. La toxicité dépend de la quantité d’alcool consommée par la mère et de la période à laquelle le fœtus y est exposé (fenêtre de vulnérabilité).

Le SAF est la première cause de paralysie cérébrale d’origine non génétique chez l’enfant. Elle est aussi associée à des troubles du comportement avec agressivité et auto-agressivité, des difficultés d’apprentissage… Au niveau du système nerveux, on sait que l’alcool augmente la mort neuronale (notamment par apoptose) et altère l’autophagie. Il s’agit d’un phénomène de nettoyage et de recyclage, indispensable à la survie de toutes les cellules, hormis celle des globules rouges. Elle consiste en une autodigestion d’une partie du contenu des cellules elles-mêmes.

Une augmentation de la mort des cellules cérébrales

Une équipe de chercheurs a établi qu’une altération de l’autophagie s’observe dans les cellules endothéliales après une exposition prénatale à l’alcool. Cette équipe avait déjà montré qu’une telle exposition induit une altération de l’arborescence de la vascularisation cérébrale. Avec les nouveaux résultats obtenus, il apparaît que ces anomalies vasculaires s’accompagnent d’une augmentation de la mortalité des cellules endothéliales et d’une accumulation de vacuoles autophagiques dans ces cellules.

Autre découverte: la cascade d’autophagie est connue pour être placée sous le contrôle du récepteur mTOR. Lorsque ce dernier est inhibé, son rôle de gendarme est levé et l’autophagie se met en route. Les chercheurs ont testé le comportement des cellules en présence d’alcool et d’un inhibiteur de mTOR, la rapamycine. Ils ont alors observé une meilleure survie cellulaire.

Cette découverte laisse la porte ouverte à de nouvelles perspectives de traitement. Mais pour l’heure, la meilleure prévention reste évidemment de proscrire toute consommation d’alcool durant la grossesse. D’autant que l’on ne connaît toujours pas les fenêtres de vulnérabilité au cours desquelles le système nerveux des enfants à naître a le plus de risque d’être altéré par la consommation d’alcool…

Source :

Girault & al : Prenatal alcohol exposure impairs autophagy in neonatal brain cortical microvessels. Cell Death & Disease