Surpoids: l’inquiétante bonne santé

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Le surpoids qui se traduit par un surplus de graisse corporelle est associé à une hausse importante du risque d’être touché par au moins sept types de cancers, dont celui du côlon. Même si les analyses sont normales, le danger est pourtant déjà là.

Au cours des dernières décennies, le poids corporel moyen de la population a augmenté de façon phénoménale, c’est-à-dire que de plus en plus d’adultes ont un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25.

Rappelons que l’IMC peut être facilement calculé en divisant le poids (en kg) par la taille au carré (en m2): si l’IMC est situé entre 25 et 29, la personne fait de l’embonpoint, tandis qu’elle est obèse si cet indice est égal ou supérieur à 30.

Il n’y a plus aucun doute que cette hausse du nombre de personnes en surpoids est responsable d’une forte proportion de maladies chroniques qui touchent actuellement notre société.

Un surplus de graisse dans les tissus est une condition tout à fait anormale qui perturbe l’équilibre homéostatique de l’organisme et favorise le développement de plusieurs pathologies. Le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires ainsi que plusieurs types de cancer sont des maladies qui frappent de préférence les personnes en surpoids et diminuent drastiquement leur qualité et leur espérance de vie.

En surpoids, et pourtant, en apparence en bonne santé

Étonnamment, les chercheurs ont observé qu’une faible proportion des personnes obèses ne présentaient pas les dérèglements caractéristiques du métabolisme de la surcharge pondérale. Ces personnes ont une glycémie et des taux d’insuline normaux, ne sont pas hypertendues et ont un profil de lipides sanguins normal. En conséquence, malgré leur obésité, elles ne semblent pas être plus à risque d’être touchées par le diabète de type 2 et les maladies du cœur que la population de poids normal. Mais est-ce que ces personnes sont également protégées contre le cancer?

Pour répondre à cette question, des chercheurs ont examiné la présence de polypes adénomateux (adénomes) dans le côlon de 18 000 personnes âgées de 40 ans en moyenne. Ces adénomes sont des lésions précancéreuses qui évoluent progressivement vers un cancer colorectal et représentent donc un marqueur très précis du risque d’être touché par cette maladie au cours des prochaines années.

Ils ont observé que les personnes souffrant d’embonpoint, mais dont le métabolisme était normal, avaient 17% plus de risque de présenter des adénomes que les personnes de poids normal, ce risque passant à 45% pour les obèses. Pour les adénomes de grade plus élevé, c’est-à-dire qui sont plus à risque de progresser vers un cancer, la hausse est encore plus marquée, atteignant 50% pour les personnes en surpoids et 60% pour les obèses.

Autrement dit, même lorsque la personne en surpoids est en bonne santé métabolique apparente, sans présenter de signes avant-coureurs de diabète, d’hypertension ou de maladies du cœur, elle demeure à plus haut risque de développer certains cancers que les personnes de poids normal.

75% de risque de cancer du côlon en moins

Nous avons une attitude fataliste face au surpoids, un peu comme s’il était normal et inévitable d’accumuler les kilos avec l’âge. En réalité, ce gain de poids reflète beaucoup plus nos mauvaises habitudes alimentaires et la réduction du niveau d’activité physique qui accompagnent le vieillissement, souvent en réaction aux horaires chargés de la vie moderne qui ne laissent que peu de temps pour se préoccuper de sa santé.

Pourtant, le potentiel de prévention du cancer par le maintien d’un poids corporel normal est tout à fait extraordinaire et il vaut vraiment la peine d’éviter de prendre du poids tout au long de sa vie adulte.

Dans le cas du cancer du côlon, on estime que si le maintien d’un poids normal est combiné à une alimentation riche en certains fruits et en légumes, à une consommation modérée de viandes rouges ainsi qu’à l’exercice physique régulier, ce sont jusqu’à 75% des cancers du côlon qui pourraient être prévenus.

Source

Yun KE et coll. Impact of body mass index on the risk of colorectal adenoma in a metabolically healthy population. Cancer Res; 73:4020-7

 

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.