Séniors : pourquoi perd t-on l’appétit avec l’âge et que faire ?

Une nouvelle étude met en lumière des caractéristiques alimentaires spécifiques chez les seniors vivant à domicile, selon leur niveau d’appétit réduit ou non. De quoi attirer l’attention sur le risque de dénutrition.

La réduction de l’appétit est un problème majeur en cas de dénutrition, car elle rend sa prise en charge plus compliquée. Des techniques telles que la réduction de la taille des repas, l’augmentation de la fréquence des prises alimentaires, le recours à des exhausteurs de goût sont souvent utilisées pour tenter d’y faire face.

Leur efficacité pour améliorer les apports alimentaires et la qualité de vie n’est cependant pas formellement établie. Chez les seniors qui ne sont pas dénutris, le niveau d’appétit semble un indicateur intéressant, dans la mesure où il est associé à des habitudes alimentaires caractéristiques, comme le rapporte cette étude publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society Research Summary.

Moins de protéines et de fibres en cas de faible appétit

Dans cette étude, les chercheurs ont examiné les habitudes alimentaires de 2.597 personnes, âgées de 70 à 79 ans et vivant en communauté ou à leur domicile. Le niveau d’appétit au cours du mois précédent a également été déterminé, et considéré comme «faible» lorsque l’appétit était rapporté comme modéré, faible ou très faible, comparativement avec un appétit bon ou très bon.

Après ajustement avec différents facteurs dont les problèmes de mastication, les personnes avec un faible appétit partagent plusieurs caractéristiques alimentaires, avec une consommation plus faible de protéines et de fibres alimentaires, d’aliments solides, d’aliments riches en protéines, de céréales complètes, fruits et légumes.

Plus de graisses et de sucreries

L’étude montre en outre qu’un faible appétit est associé à une consommation accrue de produits laitiers, de matières grasses, d’huiles, de sucreries et de sodas. Et encore que les personnes avec un faible appétit déclarent moins fréquemment manger des portions de grande taille, par rapport à celles avec un bon appétit.

Le fait de mieux connaître les caractéristiques associées à un faible appétit devrait permettre de mieux cibler les interventions visant à améliorer les apports, la diversité et la qualité alimentaires des aînés.

Source

Van der Meij B.S. et al. : ,Poor Appetite and Dietary Intake in Community‐Dwelling Older Adults.  J Am Geriatr Soc. doi.org/10.1111/jgs.15017