Pourquoi les femmes vivent-elles plus longtemps?

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Dans la plupart des pays du monde, l’espérance de vie à la naissance des femmes est de quatre à sept années supérieure à celle des hommes. Il semble que cette plus grande longévité serait en partie due à une plus grande efficacité du système immunitaire féminin au cours du vieillissement.

Dans la plupart des espèces animales, les femelles ont une longévité supérieure à celle des mâles et l’être humain ne fait pas exception à la règle: en Europe, les dernières statistiques indiquent que l’espérance de vie d’une fille née en 2009 est de 83,3 ans, soit presque 5 années de plus qu’un garçon (78,8). Comment expliquer une telle différence?

La longévité des femmes pour protéger l’espèce

L’adoption plus fréquente de comportements à risque par les hommes (activités violentes, vitesse au volant, abus d’alcool) est certainement un facteur à considérer; par exemple, les morts accidentelles représentent la principale cause de mortalité chez les moins de 45 ans et ces décès touchent principalement les hommes.

Mais, au-delà de ces différences comportementales, la plus longue longévité des femmes est probablement une adaptation biologique qui vient de leur rôle essentiel dans la reproduction: en plus de donner naissance aux enfants, les femmes ont dû tout au long de l’évolution les nourrir et les accompagner étroitement durant les premières années de vie pour leur permettre d’atteindre l’âge adulte. Une mortalité prématurée des femmes aurait donc eu des conséquences désastreuses pour la survie de l’espèce et il semble que l’évolution ait doté les femmes d’un avantage biologique qui leur permet de vivre plus longtemps.

Les hormones protègent le cœur des femmes

La plus grande longévité des femmes est bien illustrée par l’apparition plus tardive de maladies graves et potentiellement mortelles. Par exemple, alors que les hommes sont souvent touchés par les maladies du cœur entre les âges de 50 et 60 ans, ces maladies frappent les femmes en moyenne 10 ans plus tard, entre 70 et 80 ans, cette protection étant due aux œstrogènes produits pendant l’âge adulte. Puisque les maladies du cœur sont responsables à elles seules de la moitié des décès, il n’est donc pas étonnant que le club sélect des centenaires compte cinq femmes pour un homme!

Une immunité qui résiste mieux au temps chez les femmes

En plus de cette cardioprotection, des recherches récentes suggèrent que le système immunitaire des femmes pourrait lui aussi participer à leur plus longue longévité. On sait depuis plusieurs années que le vieillissement est associé à un déclin des fonctions immunitaires, une «immuno-sénescence» qui favorise l’apparition d’infections, de maladies cardiovasculaires et de cancers, et diminue ainsi l’espérance de vie. Selon un groupe de chercheurs japonais, ce déclin de l’immunité est moins prononcé chez les femmes: en analysant différents paramètres de la réponse immunitaire chez 356 hommes et femmes âgés de 20 à 90 ans, ils ont observé que les lymphocytes (globules blancs) et les cytokines diminuaient plus rapidement chez les hommes que chez les femmes. En parallèle, l’augmentation des cellules immunitaires «tueuses» (NK), qui accompagnent le vieillissement normal, est plus prononcée chez les femmes que chez les hommes. En d’autres mots, le système immunitaire des femmes est mieux conservé lors du vieillissement et peut donc mieux protéger le corps d’agressions potentiellement dangereuses.

Les mauvaises habitudes de vie annulent tout

Les avantages biologiques innés qui permettent aux femmes de vivre plus longtemps ne doivent cependant pas faire oublier que ces protections ne serviront à rien face à des choix de vie malsains. Le tabagisme, par exemple, a augmenté significativement chez les femmes européennes au cours des dernières années et le cancer du poumon surpasse maintenant le cancer du sein comme cause principale de mortalité par cancer.

Préserver le bénéfice d’être une femme

Ne pas fumer, maintenir un poids santé en s’alimentant sainement et en faisant de l’exercice régulièrement demeure donc les meilleures armes disponibles aux femmes qui désirent profiter pleinement de leur prédisposition biologique à vivre plus longtemps.

Hirokawa K et coll. Slower immune system aging in women versus men in the Japanese population. Immun Ageing;10: 19.

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Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.

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