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Pourquoi dit-on « à vos souhaits » après un éternuement ?

Lorsqu'une personne éternue, il est courant d'entendre l'expression "à vos souhaits" en réponse. Mais d'où vient cette expression et que signifie-t-elle réellement ?

Marie Desange

Lorsqu’une personne éternue, il est courant d’entendre l’expression « à vos souhaits » en réponse. Mais d’où vient cette expression et que signifie-t-elle réellement ? Plongeons ensemble dans l’histoire de cette locution et explorons les différentes croyances et superstitions qui lui sont associées.

L’origine antique de l’expression

L’expression « à vos souhaits » trouve ses origines dans l’Antiquité, où l’éternuement était perçu comme un phénomène divin. À cette époque, les éternuements étaient considérés à la fois comme des signes de chance et de malchance, en fonction des circonstances dans lesquelles ils se produisaient. Les Grecs et les Romains associaient les éternuements à la présence de dieux ou d’esprits divins.

Dans la Grèce antique, les éternuements étaient considérés comme des manifestations divines et étaient interprétés comme des signes de présence d’un dieu. L’expression « à vos souhaits » était alors une manière polie de saluer cet esprit divin. Les éternuements étaient également associés à des prédictions et des interprétations divinatoires, et étaient analysés avec attention afin d’en déchiffrer le sens.

Les superstitions médiévales autour de l’éternuement

Au Moyen Âge, de nouvelles croyances et superstitions se sont développées autour de l’éternuement. L’un des premiers symptômes de la peste, qui a ravagé l’Europe entre 1347 et 1352, était justement l’éternuement. Cette maladie meurtrière a conduit les gens à associer l’éternuement à la maladie et à la mort imminente.

On raconte que le pape Grégoire le Grand, confronté à l’épidémie de peste, aurait instauré l’habitude de bénir les personnes en leur souhaitant « Que Dieu vous bénisse » ou « Que Dieu vous aide » après un éternuement, dans l’espoir d’invoquer l’aide divine pour lutter contre cette terrible maladie. Cette pratique visait également à souhaiter au malade de réaliser ses souhaits les plus chers avant de mourir.

La croyance en l’âme expulsée lors de l’éternuement

Une autre croyance persistante autour de l’éternuement est liée à l’âme. Dans de nombreuses cultures, la tête est considérée comme le siège de l’âme. Ainsi, l’éternuement était perçu comme un risque d’expulsion involontaire de l’âme hors du corps. Pour conjurer ce sort et retenir l’âme à l’intérieur, les gens avaient pour habitude de placer leur main devant leur visage lorsqu’ils éternuaient.

L’expression « à vos souhaits » serait donc associée à ce geste de protection de l’âme. En souhaitant à la personne qui vient d’éternuer de réaliser ses souhaits, on manifeste l’espoir que son âme reste à l’intérieur de son corps. Bien que cette croyance soit aujourd’hui largement dépassée, l’expression « à vos souhaits » est restée ancrée dans notre langage courant.

Les variations de l’expression à travers le monde

Il est intéressant de noter que l’expression « à vos souhaits » n’est pas unique à la langue française. Dans de nombreux pays, des expressions similaires sont utilisées pour saluer une personne qui éternue. En Espagne, par exemple, on réagit en disant « ¡Jesús! » ou « ¡Salud! », rappelant ainsi les prières et bénédictions associées à l’éternuement. Dans d’autres pays, comme le Portugal et l’Islande, des formules équivalentes existent également.

Ces différentes expressions témoignent de l’universalité de ce geste de politesse lors d’un éternuement. Bien que les origines précises de l’expression « à vos souhaits » restent parfois obscures, son utilisation répandue dans de nombreux pays suggère qu’elle remonte à des temps anciens.

 

L’expression « à vos souhaits » après un éternuement est ancrée dans notre culture depuis des siècles. Cette locution trouve ses origines dans les croyances et superstitions de l’Antiquité et du Moyen Âge, où l’éternuement était perçu comme un phénomène divin ou annonciateur de maladie. Aujourd’hui, bien que nous n’y croyions plus, cette expression est devenue une simple politesse, un réflexe que nous avons adopté pour souhaiter du bien à ceux qui éternuent. Alors la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un éternuer, n’hésitez pas à dire « à vos souhaits » et à perpétuer cette tradition séculaire.

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