Port d’un masque: attention, dans certains cas il favorise la contamination

Le port d’un masque facial ou d’un autre revêtement sur la bouche et le nez réduit de plus de 90 % la distance parcourue par l’air expiré, selon une récente étude. Mais attention, cette protection ne marche que dans certains cas et est même dangereuse dans d’autres.

Une équipe d’ingénieurs de l’université Heriot-Watt d’Édimbourg a testé l’efficacité de sept types de masques, dont des masques de qualité médicale et des masques faits maison. Cette équipe a découvert qu’ils pouvaient tous contribuer à limiter la propagation de la COVID-19. Cependant, certains de ces masques ont permis à de puissants jets d’air de s’échapper par l’arrière et les côtés.
Les conclusions pourraient aider les décideurs politiques à élaborer des directives sur le port des masques pour aider à combattre le virus.

Une réduction de 90% de la distance parcourue par l’air lors de l’expiration

Le groupe de recherche a évalué différents revêtements du visage à l’aide d’une technique appelée imagerie Schlieren orientée vers l’arrière-plan. Ce qui permet aux scientifiques de mesurer la distance et la direction parcourue par l’air expulsé lorsqu’une personne respire ou tousse. Les mesures ont été prises sur des personnes portant différents revêtements du visage en position debout ou couchée, et sur un mannequin relié à une machine simulant la toux. Les chercheurs ont découvert que tous les revêtements du visage réduisent d’au moins 90 % la distance parcourue par une expiration profonde.

Attention à ne pas être derrière un porteur de masque, rester toujours devant lui

Les masques chirurgicaux et les masques faits à la main testés se sont avérés limiter le flux vers l’avant du souffle expulsé, mais aussi générer des jets de fuite de grande portée sur le côté, derrière, au-dessus et en dessous. Il a été démontré qu’une respiration lourde et une toux, en particulier, génèrent d’intenses jets vers l’arrière.

Le Dr Ignazio Maria Viola, de l’Université d’Edimbourg, qui a coordonné le projet, a déclaré : « J’ai été généralement impressionné par l’efficacité de tous les revêtements du visage que nous avons testés. Cependant, nous avons découvert que certains revêtements faciaux permettent l’apparition de jets descendants ou arrières dont les gens ne sont pas conscients et qui pourraient constituer un danger majeur pour les personnes qui les entourent ».

Cathal Cummins, professeur de l’Université Heriot-Watt, co-auteur de l’étude a déclaré : « Même notre masque fait à la main a très bien réussi à empêcher la propagation frontale de l’air expiré par le porteur. Bien que cela soit positif, les porteurs de masques faits main doivent être conscients que des jets d’air peuvent s’échapper des côtés et de l’arrière de leur masque. Cela peut être particulièrement important lors de l’utilisation de masques dans les transports publics, où s’asseoir derrière une personne portant un masque peut être plus dangereux que de s’asseoir directement face à elle ».

« Il était rassurant de voir que le masque fabriqué à la main fonctionnait aussi bien que le masque chirurgical pour empêcher le porteur de respirer directement vers l’avant. Cela suggère que certains masques faits à la main peuvent contribuer à empêcher le porteur d’infecter le public. Mais, en raison des forts jets vers l’arrière, vous devez y réfléchir à deux fois avant de tourner la tête si vous toussez en portant un masque. Et faites attention si vous vous tenez derrière ou à côté d’une personne portant un masque ».

Le cas particulier des équipe médicales lors de l’extubation d’un patient

L’équipe a également découvert qu’une procédure médicale régulière connue sous le nom d’extubation, le retrait d’un tube respiratoire utilisé pendant l’anesthésie et lorsque les patients sont sous respirateur, peut augmenter le risque de propagation du COVID-19. Les simulations ont montré que la toux qui accompagne régulièrement l’extubation a pour effet d’envelopper les personnes se trouvant à proximité dans l’air expiré par les patients. Cela fait courir aux cliniciens et aux autres personnes un risque élevé d’exposition au virus, a déclaré l’équipe.

Source

How should I clean and store my face mask?Face Coverings, Aerosol Dispersion and Mitigation of Virus Transmission Risk. arXiv:2005.10720v1 [physics.med-ph] arxiv.org/abs/2005.10720