Alzheimer : du poisson une fois par semaine éloigne la maladie

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Alzheimer : du poisson une fois par semaine éloigne la maladie

Une importante analyse récente publiée dans le prestigieux Journal of the American Medical Association confirme que la consommation régulière de poissons et fruits de mer est associée à un risque réduit d’Alzheimer.

  1. L’alimentation, levier majeur de prévention
  2. Poissons et fruits de mer diminuent le risque de démence
  3. Bénéfice neurologique net malgré des traces de mercure
  4. Evitez l’espadon, privilégiez 

On estime qu’à l’échelle mondiale, le nombre de patients touchés par les maladies neuro-dégénératives comme la maladie d’Alzheimer va tripler au cours des prochaines années, passant de 50 millions de personnes à environ 130 millions en 2050. Puisqu’il n’existe toujours pas de médicaments capables de bloquer cette neuro-dégénérescence, la seule façon d’éviter ce «tsunami» d’Alzheimer est de prévenir le développement de la maladie ou à tout le moins de retarder significativement sa progression.

La bonne nouvelle est que plusieurs études ont montré que cette approche préventive est facile à appliquer. Un bon exemple est la forte association qui existe entre les habitudes alimentaires et le risque d’être touché par la maladie d’Alzheimer, en particulier en ce qui concerne le régime méditerranéen.

Les études montrent que les adeptes de ce régime, dont l’alimentation est riche en huile d’olive, fruits, légumes, légumineuses et céréales à grains entiers et où les protéines animales viennent principalement de la volaille et du poisson, mais non des viandes rouges, sont moins à risque de développer la maladie.

La contribution des poissons à cet effet protecteur semble importante, car plusieurs études ont observé une amélioration des fonctions cognitives et une diminution du risque de démence chez les personnes qui consomment régulièrement des poissons et fruits de mer.

Ces aliments sont des sources exceptionnelles d’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras oméga-3 à longue chaîne très important pour le cerveau. En s’intégrant dans la membrane des neurones, le DHA facilite la transmission de l’influx nerveux au niveau des synapses et permet ainsi un fonctionnement optimal de ces neurones, réduisant du même coup le risque de déclin cognitif.

Malgré cet effet positif du DHA d’origine marine, plusieurs personnes se questionnent encore sur l’impact à long terme de la consommation régulière de poissons et de fruits de mer. Certaines de ces espèces aquatiques contiennent en effet des traces de méthyl-mercure, un contaminant neurotoxique connu pour interférer avec le développement neuronal.

Bien que présent en quantité infime, cette forme de mercure n’est pas éliminée de l’organisme et pourrait donc s’accumuler au fil des années chez les consommateurs réguliers de poisson. Autrement dit, est-ce que la présence de mercure dans les espèces marines pourrait contrecarrer l’effet protecteur des poissons et fruits de mer sur la fonction cognitive?

Pour répondre à cette question, une équipe de scientifiques américains a examiné les cerveaux autopsiés de 286 personnes ayant participé à la «Rush Memory and Aging Project (MAP)», une étude clinique qui évalue la santé cognitive de personnes âgées ayant vécu dans la région de Chicago.

Ils ont tout d’abord déterminé par examen microscopique la présence de signes pathologiques de démence dans les différents cerveaux, autant pour la maladie d’Azheimer (plaques amyloïdes) que des démences en général (corps de Lewy). En parallèle, le contenu en mercure de ces échantillons de cerveau a été mesuré à l’aide d’une technique ultrasensible (analyse par activation neutronique).

Finalement, la relation entre ces données et la consommation de poisson a été déterminée en examinant les habitudes alimentaires des personnes à l’étude, qui avaient été définies avant leur décès grâce à des questionnaires annuels.

Les résultats sont très encourageants, autant pour l’effet bénéfique du poisson que pour l’aspect sécuritaire associé à sa consommation. Les chercheurs ont en effet observé que la consommation d’un repas de poisson par semaine est effectivement associée à une plus grande quantité de mercure dans le cerveau, mais que cette présence de mercure n’a pas d’impact sur le risque de démence.

Bien au contraire, ils ont observé que la consommation régulière de poisson était associée avec une diminution marquée des signes pathologiques de la maladie d’Alzheimer, confirmant du même coup l’impact positif de la consommation de poisson sur les fonctions cognitives.

On a régulièrement souligné au cours des dernières années l’importance de diminuer la consommation de viandes rouges, que ce soit pour diminuer le risque de cancer colorectal ou de maladies cardiovasculaires. Le poisson représente sans doute une des alternatives les plus intéressantes, autant pour son profil nutritionnel que pour ses effets protecteurs contre plusieurs maladies chroniques.

Les poissons qui contiennent le plus de mercure, c’est-à- dire l’espadon ou le requin, sont des espèces peu populaires chez nous et donc très faciles à éviter. Cette précaution est particulièrement importante pour les femmes enceintes en raison de l’effet très néfaste du mercure sur le fœtus.

À l’inverse, le saumon, les sardines ou encore le maquereau de l’Atlantique, tous des poissons au contenu exceptionnel en gras oméga-3, ne contiennent que des traces de mercure et peuvent être consommés régulièrement de façon à profiter de leurs multiples effets positifs sur la santé, autant physique que mentale.

Source

The World Alzheimer Report 2015. The Global Impact of Dementia: An analysis of prevalence, incidence, cost and trends updates.

Tangney CC et coll. Adherence to a Mediterranean-type dietary pattern and cognitive decline in a community population. Am J Clin Nutr; 93: 601-607.
3. Morris MC et coll.

Association of seafood consumption, brain mercury level, and APOE – 4 status with brain neuropathology in older adults. JAMA 2016; 315: 489-97.

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Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.

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