Plus de probiotiques, moins d’antibiotiques

Selon une recherche menée aux États-Unis, en Angleterre et aux Pays-Bas, l’utilisation régulière de probiotiques permettrait de diminuer le recours aux antibiotiques chez les nourrissons et les enfants. Et donc, le risque de résistance.

Rien qu’aux États-Unis, d’après le CDC (Center of Disease Control), on recense environ deux millions de cas d’infections résistantes aux antibiotiques chaque année.

Et ces infections seraient responsables de près de 23 000 décès. Réduire l’utilisation des antibiotiques est l’une des stratégies de lutte contre ces résistances.

Les effets des probiotiques sont aussi de mieux en mieux documentés sur la diminution de l’incidence, la durée et la gravité de certains types d’infections respiratoires et gastro-intestinales aiguës courantes.

La question est de savoir si cette réduction permet de diminuer de l’utilisation des antibiotiques. D’où l’objet de cette étude, publiée dans le European Journal of Public Health.

Moins de prescriptions d’antibiotiques chez les enfants grâce aux probiotiques

Cette revue compile les résultats de 17 études randomisées contre placebo menées chez des nourrissons et/ou des enfants pour prévenir des infections aiguës des voies respiratoires, du tractus digestif inférieur ou des otites moyennes aiguës.

13 formulations probiotiques ont été considérées, toutes comprenant des lactobacilles et des bifidobactéries isolés ou combinés, administrés via des aliments ou des suppléments. La durée moyenne de l’intervention probiotique allait de 4 jours à 9 mois.

La méta-analyse conclut à une réduction moyenne de 29% des prescriptions d’antibiotiques chez les nourrissons et les enfants lorsque ceux-ci consommaient quotidiennement des probiotiques, en comparaison d’un placebo.

Lorsque les auteurs se focalisent sur les 5 études comportant les plus hauts critères de qualité, ce pourcentage culmine à 53%.

Des mécanismes à élucider

Comment les probiotiques aident-ils à combattre les infections, en particulier celles des voies respiratoires et de l’appareil digestif inférieur?

Ce n’est pas clair. Mais comme la majeure partie du système immunitaire humain se trouve dans le tractus gastro-intestinal, l’ingestion de probiotiques peut exclure de manière compétitive les agents pathogènes bactériens liés aux infections intestinales et peut inciter le système immunitaire à en combattre d’autres.

Des études supplémentaires sont toutefois nécessaires, en particulier chez les personnes âgées, pour déterminer si l’utilisation prolongée de probiotiques réduit le nombre d’antibiotiques prescrits. Si tel est le cas, cela pourrait potentiellement avoir un impact considérable sur les consommateurs en général.

Source
Sarah King: Does probiotic consumption reduce antibiotic utilization for common acute infections? A systematic review and meta-analysis

European Journal of Public Health. https://doi.org/10.1093/eurpub/cky185