Pourquoi perd-on du sommeil en vieillissant ?

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Sleepy elderly man waking up and looking at the alarm clock with one eye - focus is on the alarm clock

 Il arrive fréquemment que la qualité́ du sommeil se détériore de façon importante quand on vieillit. Selon une étude récente, ce phénomène serait causé par la perte progressive d’une classe de neurones spécialisés dans le contrôle de l’éveil.

De nombreuses personnes argées ont du mal à dormir normalement, leur sommeil étant marqué par de la difficulté́ à s’endormir, des réveils fréquents et un sommeil fragile. L’impact de ce sommeil fragmenté est loin d’être négligeable, car on estime qu’une personne de 70 ans dort en moyenne environ une heure de moins par nuit que lorsqu’elle avait 20 ans. En plus que cela soit associé à une plus grande fatigue et à une diminution de la vigilance, plusieurs études permettent de penser que cette carence en sommeil augmente le risque de développer certaines maladies comme le diabète de type 2, certains troubles cardiovasculaires ainsi que le dé- clin cognitif. L’identification des mécanismes qui sont responsables de cette perte de sommeil au cours du vieillissement pourrait donc avoir d’énormes répercussions sur la santé et le bien-être des personnes argées.

Perte des neurones du sommeil

Le cycle éveil/sommeil est en grande partie contrôlé par ce qu’on appelle le «noyau ventrolatéral préoptique (VLPO)», un petit groupe de neurones situés dans l’hypothalamus.

Lorsque nous dormons, ces neurones secrètent des neurotransmetteurs inhibiteurs (GABA, galanine) qui bloquent l’activité́ d’autres neurones impliqués dans l’éveil, ce qui permet de maintenir le cerveau plongé dans le sommeil.  Selon les résultats récemment obtenus par des scientifiques des universités Harvard et de Toronto, l’apparition d’un sommeil fragmenté au cours du vieillissement pourrait être causée par une diminution marquée du nombre de ces neurones du sommeil.

Ces scientifiques ont analysé les données recueillies auprès de 1000 personnes argées de 65 ans et plus, et suivies jusqu’à leur décès. Dans un premier temps, la qualité́ du sommeil de ces personnes a été évaluée à l’aide d’un enregistrement actigraphique (dispositif qui mesure les mouvements d’une personne) et les résultats obtenus ont par la suite été́ corrélés avec le nombre de neurones du noyau VLPO observés dans le cerveau des sujets après leur décès.

Les résultats sont sans équivoque chez les patients ne souffrant pas de la maladie d’Alzheimer, le nombre de neurones VLPO était inversement corrélé́ avec la quantité́ de fragmentation du sommeil, c’est-à- dire que moins il y avait de ces neurones, plus la qualité́ du sommeil était mauvaise. Cette association est encore plus frappante chez les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer et il est probable que la disparition de ces neurones du sommeil soit responsable du sommeil fragmenté propre à ces patients.

Quelques trucs pour préserver son sommeil

L’identification du noyau VLPO comme site de contrôle du sommeil est importante, car elle permettrait de mettre au point de nouvelles approches thérapeutiques ciblant spécifiquement cette région du cerveau pour contrer la détérioration du sommeil chez les personnes âgées.

En attendant, il faut se souvenir que la qualité́ du sommeil peut être influencée par plusieurs aspects du mode de vie, même à un âge plus avancé. Les personnes âgées qui ont un mode de vie actif, par exemple en faisant régulièrement un exercice physique comme la marche ou le jardinage, dorment généralement beaucoup mieux que celles qui sont sédentaires. La réduction de la consommation de caféine, d’alcool et l’élimination des repas copieux tard en soirée peuvent également contribuer à un meilleur sommeil.

Source

Lim AS et coll. Sleep is related to neuron numbers in the ventrolateral preoptic/ intermediate nucleus in older adults with and without Alzheimer’s disease. Brain,

 

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