NORADRÉNALINE : Le neurotransmetteur du tonus!

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La noradrénaline est un neurotransmetteur de la famille des catécholamines, comme l’adrénaline, la dopamine ou encore la phényléthylamine. Ce sont, en quelque sorte, nos amphétamines naturelles.

La noradrénaline est principalement synthétisée par les neurones situés dans le Locus cœruleus à partir de la dopamine, elle-même fabriquée grâce à la tyrosine. Bien que non essentiel, cet acide aminé est capital pour l’équilibre cérébral. Mais la noradrénaline est aussi une hormone libérée par les glandes médullosurrénales en cas de stress. C’est par ce biais qu’elle stimule notre attention, notre vigilance et notre éveil. Elle est aussi impliquée dans l’apprentissage et la survenue des rêves et des cauchemars.  Enfin, elle contrôle la libération des hormones qui régulent le stress, la fertilité, la libido, l’appétit et le métabolisme.

De la vigilance à la panique

Comme l’adrénaline dont elle est le précurseur, la noradrénaline stimule le système orthosympathique. Sa synthèse va entrainer la libération de la graisse et des sucres mise en réserve pour fournir de l’énergie à notre cerveau, à nos muscles et à nos organes des sens. En cas de stress, c’est la noradrénaline qui est responsable de l’augmentation de nos perceptions sensorielles : l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût ou la vue sont plus sensibles et plus aiguisés en présence de forts taux de noradrénaline. Elle participe aussi à l’augmentation du rythme cardiaque, de la pression sanguine et de la dilatation des bronches.

Si les niveaux de noradrénaline restent trop élevés le soir ou la nuit, on peine à se détendre, à trouver le sommeil (au lit, les yeux restent ouverts malgré la fatigue). On se réveille au moindre bruit ou à la moindre lumière.

Si à la suite d’un stress la noradrénaline est libérée en grande quantité, on ressent alors un sentiment de panique ou de peur écrasante. Chez le rat, la destruction du Locus cœruleus entraîne une disparition totale de la peur.

 Apprentissage et troubles de l’attention

La noradrénaline module l’apprentissage et l’intérêt qu’on porte aux choses.

Des taux inférieurs à la normale de ce neurotransmetteur conduisent à troubles de la concentration, comme c’est le cas dans plusieurs affections psychiatriques tels que la dépression et le TDAH (Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité). C’est pour cette raison que les médicaments pour la dépression et le TDAH ciblent souvent la dopamine et la noradrénaline pour restaurer les taux des catécholamines.

Noradrénaline et comportement sociaux

Des singes rendus peu sensibles à la noradrénaline se montrent incapables d’intégrer les comportements sociaux du groupe. Chez l’homme lorsque la synthèse ou la libération de noradrénaline est perturbée, peuvent apparaître : un repli sur soi, du détachement, de la démotivation ou encore une baisse de la libido.

Le docteur David Magnusson (Institut Karolinska, Stockholm, Suède) a suivi pendant 20 ans le parcours de tous les garçons d’une petite ville, dès l’âge de 10 ans. Certains d’entre eux sont devenus criminels ; tous ceux-là avaient des taux de noradrénaline bas.

Moduler sa noradrénaline

L’apport de tyrosine permet de favoriser la synthèse de toutes les catécholamines, dont la noradrénaline. Les cofacteurs qui activent cette voie de synthèse sont : la vitamine C, le Fer et la vitamine B6.

La caféine est également une solution car elle stimule les récepteurs de la noradrénaline. Elle permet ainsi d’accomplir des tâches répétitives, ennuyeuses, non sanctionnées par des récompenses. La caféine augmente également les niveaux de vigilance. On la trouve dans le café, le thé (à des concentrations souvent équivalentes voire supérieures), et dans certaines plantes comme le Guarana (Paullinia cupana), la Noix de cola (Cola nitida), ou le Maté (Ilex paraguariensis).

La caféine est aussi présente dans les Energy drink et les boissons à base de cola. Attention cependant à l’accoutumance et à la dépendance qu’elle entraine à long terme.

Quand la noradrénaline est trop élevée (stress chronique, crise d’angoisse ou de panique, troubles du sommeil, hypersensibilité, troubles de la concentration), il est difficile de la moduler sauf à la compenser ses effets en agissant sur le GABA, un neurotransmetteur inhibiteur qui est impliqué dans les processus de relaxation, de détente et du sommeil.

Photo idLudovic Rondini
Professeur à l’école de Naturopathie FLMNE et leur site:
http://www.flmne.org

Ludovic Rondini est docteur en nutrition. Titulaire d’une maitrise en biochimie, d’un doctorat en nutrition et d’un MBA spécialisé dans les métiers de la santé. Il est l’auteur de plus de plusieurs publications scientifiques dans des revues à comité de relecture et intervient régulièrement pour former et informer les professionnels de santé sur les nouvelles avancées dans le domaine de la nutrition, de la micronutrition et de la phytothérapie

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Professeur à l’école de Naturopathie FLMNE et leur site:
http://www.flmne.org

Ludovic Rondini est docteur en nutrition. Titulaire d’une maitrise en biochimie, d’un doctorat en nutrition et d’un MBA spécialisé dans les métiers de la santé. Il est l’auteur de plus de plusieurs publications scientifiques dans des revues à comité de relecture et intervient régulièrement pour former et informer les professionnels de santé sur les nouvelles avancées dans le domaine de la nutrition, de la micronutrition et de la phytothérapie

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    J’ai du mal à comprendre : vous écrivez ds l’article que la noradrénaline est synthétisée à partir de la dopamine et quelques lignes plus tard c’est la noradrénaline qui est précurseur de la dopamine ?????

    • Chère madame,

      Merci pour votre remarque.
      Néanmoins, la noradrénaline n’est pas précurseur de la dopamine mais de l’adrénaline.
      Pour résumer, la voie des catécholamines est la suivante :
      La tyrosine est transformée en dopamine qui est transformée en noradrénaline qui est transformée en dopamine.
      Bien cordialement,

  2. Merci pour cet article très intéressant.

    J’aimerais avoir quelques pistes pour réguler au mieux un taux élevé de noradrénaline à l’aide de compléments alimentaires par exemple.

    Si j’ai bien compris, il faut faire pencher la balance avec une supplémentation de tryptophane qui augmentera le taux de sérotonine et une supplémentation de thyrosine qui augmentera le taux de dopamine mais également le taux de noradrénaline.

    Si le but est d’élever les autres neurotransmetteur mais que la thyrosine augmente indirectement le taux de noradrénaline en métabolisant de la dopamine c’est alors un cercle vicieux sans fin.

    Comment peut on alors augmenter le taux de GABA naturellement sans avoir recours à des benzodiazepines sachant que les compléments alimentaires (qui ne créent pas de dépendance) contenant du GABA ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique et sont donc inefficaces.

    Merci d’avance pour votre réponse et encore bravo pour vos articles.

    Anthony.

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