Actualité

Multivitamines, oméga-3, probiotiques et vitamine D baissent le risque de contamination au COVID-19

La prise de multivitamines, d’oméga-3, de probiotiques ou de suppléments de vitamine D peut réduire le risque de test positif pour le SRAS-CoV-2, le virus responsable de l’infection par le COVID-19, du moins chez les femmes, selon une vaste étude de population publiée en ligne en Avril 2021 dans la revue BMJ Nutrition Prevention & Health.

Depuis le début de la pandémie, les chercheurs notent que de nombreuses célébrités ont fait l’éloge de l’utilisation de compléments alimentaires pour prévenir et traiter l’infection par le COVID-19.
Rien qu’au Royaume-Uni, la part de marché a augmenté de 19,5 % au cours de la période précédant le premier  » verrouillage  » national, le 23 mars de l’année dernière, les ventes de vitamine C ayant augmenté de 110 % et celles des multivits de 93 %. De même, les ventes de suppléments de zinc ont augmenté de 415 % au cours de la première semaine de mars, au plus fort des craintes liées au COVID-19 aux États-Unis.

Les compléments alimentaires peuvent contribuer au maintien d’un système immunitaire sain, mais on ne sait pas si des compléments spécifiques peuvent être associés à un risque moindre d’attraper le SRAS-CoV-2. Pour tenter de combler cette lacune, les chercheurs se sont appuyés sur les utilisateurs adultes de l’application COVID-19 Symptom Study pour voir si les utilisateurs réguliers de compléments alimentaires étaient moins susceptibles d’être testés positifs pour le SRAS-CoV-2. L’application a été lancée au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Suède en mars 2020 pour recueillir des informations autodéclarées sur l’évolution de la pandémie.

Au départ, elle enregistrait le lieu, l’âge et les principaux facteurs de risque pour la santé de ses utilisateurs. Mais au fil du temps, les abonnés ont été invités à fournir des mises à jour quotidiennes sur une série de questions, notamment les symptômes, les résultats des tests de coronavirus et les soins de santé. Les personnes ne présentant pas de symptômes évidents ont également été encouragées à l’utiliser. Aux fins de cette étude, les chercheurs ont analysé les informations fournies par 372 720 abonnés britanniques à l’application concernant leur utilisation régulière de compléments alimentaires tout au long des mois de mai, juin et juillet 2020, pendant la première vague de la pandémie, ainsi que les résultats des tests de dépistage du coronavirus.

Entre mai et juillet, 175 652 abonnés britanniques ont pris régulièrement des compléments alimentaires et 197 068 n’en ont pas pris. Environ deux tiers (67 %) étaient des femmes et plus de la moitié étaient en surpoids (IMC de 27). Au total, 23 521 personnes ont été testées positives au SRAS-CoV-2 et 349 199 négatives entre mai et juillet.

Probiotiques, omega 3 et multivitamins font baisser le risque d’infection au Coronavirus

La prise de probiotiques, d’acides gras oméga-3, de multivitamines ou de vitamine D a été associée à une diminution du risque d’infection par le SRAS-CoV-2 : de 14%, 12%, 13% et 9%, respectivement, après prise en compte de facteurs potentiellement influents, notamment les pathologies sous-jacentes et le régime alimentaire habituel. Aucun effet de ce type n’a été observé chez les personnes prenant des suppléments de vitamine C, de zinc ou d’ail.

Et lorsque les chercheurs ont examiné spécifiquement le sexe, l’âge et le poids (IMC), les associations protectrices pour les probiotiques, les acides gras oméga-3, les multivitamines et la vitamine D ont été observées uniquement chez les femmes de tous âges et de tous poids. Aucune association aussi nette n’a été observée chez les hommes. Malgré certaines différences, les mêmes tendances générales se sont reflétées chez les abonnés américains (45 757) et suédois (27 373).

Les chiffres équivalents pour les États-Unis et la Suède étaient une réduction du risque de : 18 % et 37 %, respectivement, pour les probiotiques ; 21 % et 16 %, respectivement, pour les acides gras oméga-3 ; 12 % et 22 %, respectivement, pour les multivitamines ; et 24 % et 19 %, respectivement, pour les suppléments de vitamine D. Il s’agit d’une étude d’observation et, en tant que telle, elle ne peut pas établir de cause.

Mais même si les effets observés étaient modestes, ils étaient significatifs, notent les chercheurs, qui appellent à la réalisation d’essais cliniques de grande envergure pour étayer les recommandations thérapeutiques fondées sur des preuves. Une série de micronutriments, dont la vitamine D, sont essentiels au bon fonctionnement du système immunitaire. Ce dernier, à son tour, est essentiel à la prévention et à la guérison des infections. Mais à ce jour, il existe peu de preuves convaincantes que la prise de suppléments nutritionnels a une valeur thérapeutique autre que le maintien de la réponse immunitaire normale de l’organisme.

Source

Modest effects of dietary supplements during the COVID-19 pandemic: insights from 445 850 users of the COVID-19 Symptom Study app, BMJ Nutrition Prevention & Health, DOI: 10.1136/bmjnph-2021-000250

Articles similaires