Moins de sommeil : moins de mémoire

sommeil et mémoire

Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les personnes âgées et peuvent réduire substantiellement leur qualité de vie. Selon une recherche publiée dans la prestigieuse revue Nature Neurosciences, cette diminution de la qualité du sommeil contribuerait également au déclin de la mémoire qui accompagne souvent le vieillissement.

Comme le veut le dicton, «la nuit porte conseil», et le sommeil est l’une des activités quotidiennes dont l’impact positif sur la santé est le plus sous-estimé. Dormir suffisamment n’est pas une «perte de temps», comme certains le pensent, mais plutôt un moment essentiel pour régénérer les réserves d’énergie du corps, stabiliser les émotions et assurer l’équilibre psychique.

En plus de ce rôle «réparateur», le sommeil joue aussi un rôle capital dans l’apprentissage. Par exemple, plusieurs études ont montré que les ondes cérébrales lentes (delta) générées pendant le sommeil profond permettent de transférer les souvenirs stockés à court terme dans l’hippocampe vers le cortex préfrontal, où ils seront mémorisés à plus long terme. Le vieux dicton «la nuit porte conseil» a donc véritablement une base biochimique et neurologique!

Troubles du sommeil en vieillissant

Comme tous les organes du corps, le cerveau subit de nombreuses transformations en vieillissant, notamment une perte graduelle des neurones qui peut mener à une diminution des capacités cérébrales. La plus commune est sans doute le déclin des fonctions cognitives, en particulier la détérioration de la mémoire, mais il y a aussi une diminution notable de l’activité des ondes cérébrales lentes responsables du sommeil profond.

Plusieurs personnes âgées éprouvent effectivement des difficultés à s’endormir et à dormir normalement, leur sommeil étant fragile et marqué de réveils fréquents. Y aurait-il un lien entre cette perte de la qualité du sommeil et le déclin des fonctions cognitives?

Troubles de la mémoire corrélés aux troubles du sommeil

Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs a évalué la mémoire de 18 jeunes adultes âgés d’une vingtaine d’années et de 15 adultes âgés de 70 ans. Avant d’aller au lit, les volontaires devaient mémoriser 120 paires de mots simples. Une fois endormis, leur activité cérébrale était enregistrée à l’aide d’un électroencéphalogramme (EEG). Après une nuit de sommeil complète, les chercheurs ont demandé aux participants d’énumérer les mots dont ils se souvenaient, pendant que l’activité des aires de leur cerveau était analysée en parallèle par résonance magnétique.

Les chercheurs ont tout d’abord observé que les personnes plus âgées réussissaient moins bien que les plus jeunes le test de mémoire, ce qui confirme le rôle du vieillissement dans la diminution des capacités de mémorisation.

Plus intéressant encore, ils ont remarqué que ces problèmes de mémoire étaient étroitement corrélés avec la qualité du sommeil : les personnes qui montraient une réduction marquée des ondes cérébrales lentes typiques du sommeil profond étaient celles dont la mémoire était la plus défaillante.

Cette relation étroite entre le sommeil et la mémoire s’explique par la perte de cellules nerveuses dans le lobe frontal des personnes âgées : puisque les ondes lentes du sommeil profond sont générées par cette région du cerveau, la détérioration de ces neurones empêche le transfert des informations et leur stockage à plus long terme.

Mieux dormir: moins de café, d’alcool et de repas copieux

Plusieurs aspects du mode de vie peuvent cependant contribuer à maintenir un sommeil de qualité, même à des âges plus avancés.
Les personnes âgées qui ont un style de vie actif, par exemple en pratiquant régulièrement un exercice physique comme la marche, présentent moins de problèmes de sommeil que celles qui sont sédentaires. La réduction de la consommation de caféine ou d’alcool et l’élimination des repas copieux tard en soirée sont également des stratégies efficaces pour mieux dormir.

Source
B.A. Mander et coll. «Prefrontal atrophy, disrupted NREM slow waves and impaired hippocampal-dependent memory in aging». Nature Neurosciences.

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent. Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider. De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. ` Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.