Les usages de la sauge officinale en phytothérapie

C’est un dicton provençal : qui a de la sauge dans son jardin, n’a pas besoin de médecin. Bon, dans le midi, on se vante parfois un peu. Mais, depuis les temps anciens, la sauge officinale est une herbe sacrée. Originaire des régions méditerranéennes, elle appartient à la famille des Lamiacées. La Salvia officinale, une plante rustique au feuillage duveteux et aux fleurs roses ou bleues, en forme d’épis, est appréciée comme plante d’agrément et en cuisine. Pourquoi est-elle aussi autant prisée en phytothérapie ?

Quels actifs contient la sauge officinale ?

La sauge officinale contient :

  • de l’huile essentielle : de 35 à 60 % de thuyone, un actif neurotoxique,
  • des tannins : anti-inflammatoires, antibactériens, astringents,
  • des diterpènes : antioxydants,
  • des flavonoïdes : antioxydants,
  • des acides phénoliques : acide rosmarinique (anti-asthénique),
  • de l’acide oléanolique : protecteur cardiovasculaire, antioxydant, anti-inflammatoire,
  • de l’acide ursolique : protecteur cardiovasculaire, antioxydant, anti-inflammatoire, antibactérien.

Pourquoi utiliser de la sauge officinale ?

Les usages les plus courants ont pour but de :
  • stimuler les fonctions hépatiques : sécrétion biliaire,
  • améliorer le confort digestif : apaiser les spasmes gastriques et abdominaux, diarrhées, ballonnements, vomissements,
  • réguler le cycle menstruel : améliorer le syndrome prémenstruel, apaiser les douleurs durant les règles, stimuler l’ovulation, réduire le nombre et l’intensité des bouffées de chaleur à la ménopause,
  • traiter des troubles cutanés mineurs : désinfection, cicatrisation, piqûres d’insectes,
  • rétablir l’équilibre émotionnel : atténuer les états dépressifs,
  • réguler la transpiration excessive et la chaleur corporelle,
  • soulager les infections virales et buccales : inflammation des muqueuses nez, bouche, gorge, aphtes, gingivites.

Comment en faire usage ?

  • infusion : 5 g de feuilles séchées pour 1 litre d’eau, jusqu’à 4 tasses par jour, à boire mais aussi en gargarisme ou en compresse.
  • teinture-mère : jusqu’à 30 gouttes dans un verre d’eau en 3 fois par jour.
  • gélule : 1 à 2 gélules matin, midi et soir.
  • sirop : 1 cuillère à soupe 3 à 4 fois par jour.
  • huile essentielle : en diffusion atmosphérique ou en usage externe, mélangée à de l’huile végétale.

Quelles précautions prendre avec la sauge officinale ?

Contre-indications :

La sauge officinale est contre-indiquée chez les femmes enceintes, allaitantes et chez les personnes souffrant de cancer hormonodépendant (sein, ovaires).

L’usage interne de l’huile essentielle est à proscrire du fait de sa forte teneur en thuyone. D’autres variétés de sauge, sauge sclarée et sauge d’Espagne, en contiennent moins mais doivent toujours être utilisées avec précaution.

Effets secondaires :

À forte dose, cette plante entraîne le risque de tachycardie, de convulsions ou de vertiges. Elle peut également altérer la vigilance.

Interactions médicamenteuses :

Les produits à base de sauge officinale pourraient interagir avec des médicaments contre l’anxiété, contre les troubles du sommeil ou contre les troubles neuroleptiques et épileptiques.

Toujours prendre l’avis d’un professionnel de santé car l’automédication peut entraîner des risques.

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Aline Legrand