Les phosphates dans la viande accélérèrent le vieillissement

Déjà pointés du doigt pour leur effet néfaste sur les maladies du cœur, le diabète de type 2 ainsi que certains cancers, les produits dérivés de la viande accéléreraient aussi le processus de vieillissement en raison de leur contenu élevé en phosphate, comme le montre une étonnante étude réalisée en Écosse.

On ne peut pas vivre sans phosphate, car cet ion est absolument essentiel au fonctionnement de nos cellules, tant du point de vue structurel (ADN, ARN, protéines) qu’énergétique (ATP, le «carburant» utilisé par les cellules). Cette importance fait en sorte que les taux de phosphate sont étroitement contrôlés dans notre organisme, avec notamment la présence dans le rein d’un système de transport très performant destiné à empêcher une perte trop importante de phosphate dans l’urine.

En dépit de ce rôle physiologique essentiel, des observations récentes permettent de penser qu’un surplus de phosphate peut être toxique pour l’organisme et accélérer la dégénérescence des fonctions de l’organisme. Par exemple, l’analyse des habitudes alimentaires d’un groupe de 9686 Américains a montré que les personnes dont l’alimentation contient les plus fortes quantités de phosphate (>1400 mg par jour, soit deux fois plus que l’apport recommandé) avaient deux fois plus de risque de décéder prématurément.

Trop de phosphates dans l’alimentation préparée

D’où vient ce phosphate excédentaire? De la viande, d’une part, car les sources de protéines animales sont aussi très riches en phosphate et que ce dernier est très bien assimilé lorsqu’il est présent sous cette forme (le phosphate des végétaux l’est moins). D’autre part, les aliments industriels transformés (saucisses, bacon, viandes froides) contiennent eux aussi de grandes quantités de phosphate, celui-ci étant ajouté comme additif pour améliorer la conservation ou donner une saveur particulière à ces produits industriels. On peut donc considérer qu’un apport de phosphate élevé est le signe d’une alimentation de mauvaise qualité, contenant un excès de produits transformés dérivés de la viande.

Ecart d’espérance de vie de 28 ans

Une équipe de scientifiques écossais a récemment examiné si ce type d’alimentation surchargée en phosphate pourrait contribuer aux importants écarts d’espérance de vie qui existent entre les populations riche et pauvre de la ville de Glasgow, en Écosse. On sait depuis longtemps que les personnes très pauvres sont souvent en moins bonne santé que celles qui sont très riches, mais Glasgow est véritablement dans une classe à part en ce qui concerne l’écart entre les deux niveaux socioéconomiques: dans un rayon de quelques kilomètres à peine, l’espérance de vie peut varier de 28 ans entre riches et pauvres! Cette tragique inégalité devient donc un modèle unique pour étudier l’impact de l’alimentation sur la longévité.

Les télomères rétrécissent trop vite

Les scientifiques ont observé que les taux de phosphate présents dans le sang étaient effectivement corrélés avec certains marqueurs moléculaires du vieillissement précoce, notamment les télomères, qui sont de petites structures moléculaires situées à l’extrémité des chromosomes et qui servent à protéger l’intégrité de notre matériel génétique. La perte de ces télomères indique le vieillissement prématuré de la cellule. La perte des télomères est particulièrement prononcée chez les hommes les plus pauvres et elle semble directement liée à la fréquence de la consommation de produits dérivés des viandes par ces personnes. Autrement dit, les habitudes de consommation d’aliments industriels à faible coût, par les personnes économiquement défavorisées, provoqueraient l’absorption excessive de phosphate, ce qui accélérerait leur vieillissement prématuré et contribuerait ainsi à l’écart observé dans l’espérance de vie des personnes riches et pauvres.

L’excès de phosphate peut être toxique pour l’organisme et accélérer la dégénérescence des fonctions de l’organisme. Réduire la consommation d’aliments industriels dérivés des viandes, en particulier ceux issus de l’industrie de la malbouffe, représente la meilleure façon d’éviter d’absorber un excès de ce composé.

Source

Chang ar et coll. high dietary phosphorus intake is associated with all cause mortality. Am J Clin Nutr; 99:320?27.

McClelland r et coll. accelerated ageing and renal dysfunction links lower socioeconomic status and dietary phosphate intake. Aging,2016.

 

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.

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