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Les hommes sont plus à risque de complication du diabète que les femmes

Des études ont montré que les hommes présentent un risque plus élevé de développer des complications liées au diabète de type 1 et de type 2 que les femmes.

Le diabète est une maladie qui touche de manière différente les hommes et les femmes. Des études ont montré que les hommes présentent un risque plus élevé de développer des complications liées au diabète de type 1 et de type 2 que les femmes. Cette disparité entre les sexes soulève des questions importantes sur les mécanismes sous-jacents et les implications potentielles pour les approches de traitement personnalisées.

Différences liées au sexe dans l’insulinorésistance et le stockage des graisses

Des recherches menées par l’Institut Karolinska de Stockholm, en Suède, ont révélé que le tissu adipeux abdominal des hommes obèses atteints de diabète de type 2 présente une insulinorésistance plus élevée et des niveaux d’expression génétique différents de ceux des femmes. Cette découverte suggère que les hommes développent le diabète de type 2 plus tôt et à un indice de masse corporelle (IMC) plus faible que les femmes.

L’équipe de recherche a observé que cette insulinorésistance plus élevée chez les hommes était due à une inhibition moins efficace de la lipolyse des cellules adipeuses, le processus de métabolisation des graisses. En effet, les cellules adipeuses prélevées chez les hommes obèses présentaient un taux de lipolyse deux fois plus élevé que chez les femmes.

De plus, l’expression génétique des hommes obèses révélait une expression réduite du gène codant pour le substrat du récepteur à l’insuline 1 (IRS1) par rapport aux femmes. Ces différences sont probablement liées aux profils hormonaux distincts entre les hommes et les femmes, qui affectent les voies métaboliques dans le tissu adipeux.

Risque accru de complications chez les hommes

Une autre étude menée en Australie a montré que les hommes présentaient un risque plus élevé de développer des complications liées au diabète de type 1 et de type 2 que les femmes, indépendamment de la durée de la maladie.

L’analyse d’une cohorte de 25 713 hommes et femmes de plus de 45 ans a révélé que les hommes présentaient un risque 51% plus élevé de développer des maladies cardiovasculaires, un risque 47% plus élevé de complications des membres inférieurs, un risque 55% plus élevé de complications rénales et un risque 14% plus élevé de rétinopathie diabétique par rapport aux femmes.

Implications pour le traitement

Ces différences de risque entre les sexes soulèvent la question de savoir si les hommes et les femmes devraient suivre des voies de traitement différentes pour le diabète.

Les médicaments qui réduisent le poids sont préférés pour tous les patients atteints de diabète de type 2, mais surtout pour les femmes. Certains agonistes du GLP-1 seraient en effet plus efficaces chez les femmes que chez les hommes. De plus, les femmes présentent une meilleure sensibilité à l’insuline et un meilleur profil lipidique jusqu’à la ménopause, ce qui leur confère un avantage biologique. Cependant, après la ménopause, les femmes perdent cet avantage et développent un phénotype androgène similaire à celui des hommes.

Importance de la diversité dans la recherche sur le diabète

Les auteurs des études soulignent l’importance de mener des recherches plus approfondies sur les différences liées au sexe dans la physiopathologie du diabète et la réponse aux traitements.
La majorité des études sur le diabète incluent une proportion relativement faible de femmes, ce qui limite la capacité à explorer ces différences de manière adéquate. Il est donc crucial d’inclure un nombre suffisant de participants des deux sexes dans les études futures, ainsi que de diversifier les cohortes pour inclure des personnes de différentes origines ethniques.

Les différences de risque de complications liées au diabète entre les hommes et les femmes soulignent l’importance de mieux comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents. Cela pourrait permettre de développer des approches de traitement plus personnalisées et efficaces, en tenant compte des spécificités de chaque sexe. La recherche future devra s’attacher à explorer davantage ces disparités et leurs implications cliniques.

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