Les effets de l’amour sur votre cerveau

L'amour est une expérience complexe qui a des effets profonds sur notre cerveau et notre comportement.

L’amour est une expérience complexe et mystérieuse fascine les êtres humains depuis des siècles. Bien que nous associons souvent l’amour au cœur, c’est en réalité le cerveau qui est l’organe principal affecté par cette émotion profonde. Mais où se trouve précisément l’amour dans le cerveau et quels sont ses effets sur notre esprit et notre corps selon la science ? Les découvertes de la recherche sur le sujet vont nous éclairer. Nous tenterons de comprendre comment l’amour influence notre cerveau.

Où se trouve l’amour dans le cerveau ?

Les scientifiques se sont longtemps demandés où se situe l’amour dans le cerveau. Une étude réalisée en 2000 à l’University College London a tenté de répondre à cette question. Les chercheurs ont effectué des scanners cérébraux sur 17 volontaires en bonne santé, âgés de 21 à 37 ans, qui étaient « vraiment, profondément et follement amoureux » de quelqu’un. Les résultats de l’étude, publiés dans la revue NeuroReport, ont révélé que certaines zones spécifiques du cerveau s’activent lorsque les participants regardent le visage de la personne dont ils sont amoureux. Il s’agit de l’insula médiane, du cortex cingulaire antérieur et de segments du striatum dorsal. D’autres régions cérébrales semblent quant à elles se désactiver, notamment une partie du cortex préfrontal droit, du cortex pariétal bilatéral et des cortices temporaux.

Des recherches supplémentaires ont permis de mieux comprendre l’implication du cerveau dans l’amour romantique. Les régions cérébrales impliquées dans la neurochimie de l’amour sont l’insula médiane, le cortex cingulaire antérieur, l’hippocampe, le striatum et probablement le noyau accumbens. Ces régions constituent ensemble un système de récompense central.

Comment l’amour affecte-t-il notre esprit ?

L’amour a des effets profonds sur notre esprit et notre comportement. Une des principales raisons de ces effets est la libération de dopamine dans le cerveau. La dopamine est un neuromodulateur associé à la récompense, au désir, à l’addiction et aux états euphoriques. Lorsque nous sommes amoureux, la dopamine nous donne une sensation d’euphorie et nous pousse à renforcer nos liens avec l’être aimé. Cependant, cela entraîne également une diminution des niveaux de sérotonine, un autre produit chimique cérébral qui est lié à l’appétit et à l’humeur. Cette diminution de la sérotonine peut expliquer pourquoi les personnes amoureuses ont tendance à se concentrer exclusivement sur l’objet de leur affection.

L’amour romantique active également l’ocytocine et la vasopressine, deux autres substances chimiques du cerveau qui facilitent le lien et qui sont associées au système de récompense. Par ailleurs, certaines régions du cerveau, comme l’amygdale, qui est responsable des réponses de peur, sont désactivées lorsque nous sommes amoureux. Cela signifie que les réponses de peur sont atténuées et que nous sommes plus enclins à prendre des risques pour l’être aimé. Enfin, l’amour peut également modifier notre jugement et nous rendre moins critiques envers notre partenaire potentiel, ce qui est dû à la désactivation du cortex frontal.

Beaucoup de personnes associent également l’amour au désir sexuel. Mais les deux expériences activent-elles les mêmes zones du cerveau ? Selon une étude menée en 2012, il existe une certaine superposition entre l’amour romantique et le désir sexuel. Les mêmes régions cérébrales, comme l’insula et le cortex cingulaire antérieur, s’activent lorsque nous sommes attirés sexuellement par quelqu’un. Ces zones sont également impliquées dans le circuit de récompense du cerveau humain. Cela renforce les comportements qui permettent à l’espèce de survivre, comme manger et boire.

Mais cela n’est pas si clair, d’autres chercheurs soulignent que l’amour et le désir, bien qu’ils se chevauchent dans le cerveau, ne sont pas totalement identiques. Une revue réalisée en 2012 par des chercheurs de l’Université Concordia au Canada a conclu que bien que l’amour et le désir soient tous deux liés à une zone du cerveau appelée le striatum, ils activent des emplacements spécifiques et différents dans cette région. Le désir active des parties du striatum associées aux réponses de récompense « automatiques », comme manger, boire et avoir des relations sexuelles. L’amour, en revanche, active les parties du striatum associées aux réponses de récompense « apprises », ou aux choses que nous associons aux sensations agréables au fil du temps et de l’expérience.

Étant donné que l‘amour est une expérience complexe et souvent surprenante, il est légitime de se demander si nous pouvons le contrôler. Une étude menée en 2016 a exploré cette question. Les chercheurs ont découvert que les individus pouvaient augmenter ou diminuer leurs sentiments amoureux pour quelqu’un en utilisant des stratégies spécifiques. Par exemple, si vous voulez diminuer vos sentiments amoureux pour quelqu’un, vous pouvez vous concentrer sur ses aspects négatifs et imaginer des scénarios futurs négatifs. À l’inverse, si vous voulez augmenter vos sentiments amoureux, vous pouvez vous concentrer sur les aspects positifs de la personne et de votre relation. Cependant, il est important de noter que ces stratégies ne sont pas des interrupteurs qui peuvent être activés ou désactivés à volonté, et leurs effets sont temporaires.

Bien que nous ayons encore beaucoup à apprendre sur la neurobiologie de l’amour, les recherches réalisées jusqu’à présent révèlent un lien étroit entre l’amour romantique et certaines régions spécifiques du cerveau. L’amour active le système de récompense, libère de la dopamine et de l’ocytocine, et modifie notre perception et notre jugement. Toutefois, il est important de souligner que l’amour est une expérience individuelle et que les réactions cérébrales peuvent varier d’une personne à l’autre. En fin de compte, l’amour reste un mystère fascinant qui continue à susciter l’intérêt des chercheurs du monde entier.

 

Avez-vous trouvé cet article utile?
À lire aussi
Marie Desange