La cannelle empêche le cancer de se développer

On sait depuis quelques années que plusieurs épices contiennent des quantités exceptionnelles de molécules anticancéreuses et pourraient donc participer à la prévention du cancer. En plus du rôle bien connu du curcuma et du gingembre dans cet effet préventif, la cannelle pourrait également contribuer à réduire la croissance des tumeurs en bloquant la formation de nouveaux vaisseaux par le processus d’angiogenèse.

Originaire de Ceylan (l’actuel Sri Lanka), la cannelle est depuis des millénaires appréciée pour son goût unique et ses vertus tonifiantes. Elle a joué un rôle capital dans l’établissement du marché des épices reliant l’orient à l’occident. Sa valeur était telle que pendant longtemps elle était considérée comme plus précieuse que l’or.

Cette épice est en fait l’écorce interne du cannelier (Cinnamonum verum), un arbuste de la famille des lauriers. Pour récolter la cannelle, l’écorce de jeunes pousses est détachée de la branche, formant des copeaux qui s’enroulent sur eux-mêmes en fins bâtonnets en séchant. La meilleure qualité de cannelle provient du cannelier de Ceylan qui possède une écorce brun jaune pâle, une odeur fortement parfumée et un goût très aromatique.

Des polyphénols qui luttent contre le stress oxydait

La cannelle possède l’une des plus fortes activités antioxydantes de tout le monde végétal, une propriété qui est en grande partie liée à son contenu exceptionnel en certains polyphénols complexes appelés proanthocyanidines. À poids égal, la quantité de ces polyphénols est 25 fois plus grande que celle retrouvée dans les myrtilles sauvages.

Compte tenu du rôle protecteur de ces polyphénols contre les dommages causés par le stress oxydatif, il est probable que la forte activité antioxydante de la cannelle puisse exercer des effets positifs sur la santé.

Empêcher le cancer de se développer

Un cancer ne peut progresser sans être nourri adéquatement par un réseau de vaisseaux sanguins qui peuvent acheminer les éléments essentiels à sa croissance. Ce phénomène, appelé angiogenèse, est causé par des signaux chimiques sécrétés par les cellules cancéreuses qui attirent irrésistiblement les cellules des vaisseaux sanguins situés à proximité vers elles.

Plusieurs travaux de recherche réalisés au cours des dernières années dans notre laboratoire ont montré que certaines molécules de l’alimentation, notamment la delphinidine de la myrtille, l’EGCG du thé vert ou encore l’acide éllagique de la fraise, possèdent la capacité d’empêcher la formation de ces nouveaux vaisseaux en bloquant spécifiquement l’activité du VEGFR-2, une protéine essentielle à l’angiogenèse.

Puisque tous les cancers sont absolument dépendants de cet apport sanguin, ces molécules pourraient donc jouer un rôle crucial dans la prévention du cancer.

Des travaux publiés par un groupe de chercheurs américains suggèrent que la cannelle pourrait également posséder des propriétés préventives par sa capacité à bloquer l’angiogenèse.

Les chercheurs ont montré qu’à faibles doses, un extrait de cette épice inactivait le VEGFR-2, bloquant du même coup la formation de nouveaux vaisseaux sanguins induite par les tumeurs. Cet effet n’est pas causé par la cinnamaldéhyde, la molécule responsable de l’arôme de la cannelle, mais plutôt par un groupe de proanthocyanidines présents en grandes quantités dans l’épice. Il semble donc, qu’en plus d’exercer une forte activité antioxydante et d’ainsi neutraliser les effets néfastes des radicaux libres, ces molécules pourraient également participer directement à la prévention du cancer en bloquant l’angiogenèse.

La découverte des propriétés anti-angiogéniques de la cannelle illustre encore une fois à quel point le monde végétal recèle une infinie variété de molécules aux effets bénéfiques sur la santé humaine. Cependant, la cannelle perd très vite son parfum quand elle est en poudre; si vous désirez en ajouter à vos plats, utilisez des bâtons que vous pourrez réduire en poudre à l’aide d’une râpe.

Source

(Lu et al. Novel angiogenesis inhibitory activity in cinnamon extract blocks VEGFR2 kinase and downstream signaling. Carcinogenesis. 31 : 481-488.

 

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.