Hypertension: un risque de démence plus élevé pour les femmes

l'hypertension est associée à un risque plus élevé de démence chez les femmes que chez les hommes.

Il n’existe actuellement aucun traitement efficace contre la démence. Il est donc crucial d’identifier les moyens les plus efficaces de prévenir cette maladie. Une nouvelle étude a révélé que le tabagisme, le diabète, un taux élevé de graisse corporelle, les accidents vasculaires cérébraux et un statut socio-économique faible étaient tous des facteurs de risque de démence aussi importants chez les hommes que chez les femmes.

Toutefois, l’hypertension, ou pression artérielle élevée, était associée à un risque plus élevé de démence chez les femmes que chez les hommes. Et ce, après que les chercheurs aient pris en compte les autres facteurs de risque. Les résultats suggèrent qu’une approche plus personnalisée du traitement de l’hypertension artérielle est justifiée. La démence implique la perte progressive de la mémoire, des capacités cognitives et de l’aptitude à accomplir des tâches quotidiennes.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 50 millions de personnes dans le monde sont atteintes de démence. Chaque année, on dénombre près de 10 millions de nouveaux cas.
Bien qu’il n’existe actuellement aucun traitement curatif ou thérapeutique permettant de ralentir la progression de la maladie, les scientifiques ont identifié plusieurs facteurs de risque.
Ainsi, certains changements de mode de vie et certains traitements médicamenteux peuvent réduire ces risques, contribuant ainsi à empêcher l’apparition de la maladie en premier lieu.

Les problèmes cardiovasculaires tels que l’hypertension artérielle sont apparus comme des facteurs de risque particulièrement importants pour la démence. Quelques études ont révélé que, toutes choses égales par ailleurs, l’hypertension expose les femmes à un risque plus élevé de démence que les hommes.

Les facteurs qui font augmenter le risque de démence

Une nouvelle étude, qui a suivi plus d’un demi-million de personnes, ajoute aux preuves que l’hypertension artérielle à l’âge moyen expose les femmes à un risque relatif plus élevé de démence, même en tenant compte des autres risques. Les chercheurs ont constaté que le tabagisme, le diabète, un taux élevé de graisse corporelle et un statut socio-économique faible ont tous la même incidence sur le risque de démence chez les hommes et les femmes. L’étude, réalisée par des chercheurs du George Institute for Global Health de l’université de New South Wales à Newtown, en Australie, est publiée dans la revue BMC Medicine.

Cette étude suggère qu’une approche plus individualisée du traitement de la pression artérielle chez les hommes par rapport aux femmes pourrait aboutir à une protection encore plus grande contre le développement de la démence.

Un demi-million de volontaires

Les chercheurs ont suivi 502 226 personnes dans la UK Biobank, une base de données biomédicales qui a recruté des volontaires entre 2006 et 2010. Au moment du recrutement, aucun des participants ne souffrait de démence. Leur âge moyen était de 56,5 ans. Au cours des 12 années suivantes, 4 068 d’entre eux ont développé une démence.

Le tabagisme, le diabète, un taux élevé de graisse corporelle, un accident vasculaire cérébral antérieur et un faible statut socio-économique au début de l’étude ont été associés à une augmentation similaire du risque de démence chez les femmes et les hommes. Cependant, bien que l’incidence globale de la démence soit plus élevée chez les hommes que chez les femmes, l’hypertension artérielle était associée à un risque relatif plus élevé chez les femmes après prise en compte de tous les autres facteurs de risque.

Plus précisément, à mesure que la pression artérielle systolique des hommes augmentait, passant d’un niveau faible à un niveau élevé, leur risque de démence diminuait, puis augmentait à nouveau, selon une courbe en forme de U. En revanche, le risque de démence était plus élevé chez les femmes que chez les hommes. Le risque de démence est resté stable chez les femmes dont la pression artérielle systolique était faible, puis a augmenté régulièrement en fonction de l’augmentation de la pression artérielle. Ce type d’augmentation régulière, ou linéaire, du risque est parfois connu sous le nom de relation dose-réponse.

Cette différence de risque liée au sexe et associée à l’augmentation de la pression artérielle était apparente tant pour la démence vasculaire que pour la maladie d’Alzheimer.

Des différences de traitement entre les hommes et les femmes

Les chercheurs pensent que leurs résultats peuvent refléter des différences dans le traitement médical de l’hypertension artérielle entre les hommes et les femmes. Des recherches antérieures ont suggéré que, dans l’ensemble, les femmes prennent plus de médicaments différents et sont moins susceptibles de respecter l’usage recommandé que les hommes.

S’il est plausible que les différences entre les sexes observées dans la pression artérielle par rapport au risque de démence puissent être liées à des différences biologiques entre les femmes et les hommes, les disparités dans les traitements médicaux peuvent également offrir une certaine explication. Ce manque d’adhésion pourrait être dû au fait que les femmes ressentent davantage d’effets secondaires désagréables.

De plus, l’association dose-réponse entre la pression artérielle systolique et la démence chez les femmes peut être due au fait que l’hypertension artérielle est moins bien gérée chez les femmes que chez les hommes, étant donné une moindre adhésion au traitement en moyenne, aggravée par une plus grande polypharmacie [prise de plusieurs médicaments] et davantage d’effets secondaires liés au traitement.

Sources

Dementia. OMS

Sex differences in the association between major cardiovascular risk factors in midlife and dementia: a cohort study using data from the UK Biobank

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