Huile d’olive : ses bénéfices insoupçonnés

bouteille huile d’olive

L’huile d’olive est plus que du bon gras, elle contient  également des polyphénols qui jouent un rôle important dans ses effets positifs sur la santé. Il est très facile de déterminer la présence de ces polyphénols simplement en goûtant l’huile d’olive : si ça pique, c’est bénéfique !

Pierre d’assise de l’alimentation méditerranéenne, l’huile d’olive représente une source exceptionnelle de bons gras mono-insaturés qui réduisent les niveaux de mauvais cholestérol et le risque de maladies du cœur.

Cependant, et contrairement aux autres huiles végétales, l’huile d’olive n’est pas qu’une source de gras : elle contient également plusieurs molécules phytochimiques qui contribuent également aux effets positifs de l’huile d’olive sur la santé. Une particularité intéressante de ces molécules phytochimiques est leur rôle important dans les sensations organoleptiques si caractéristiques de l’huile d’olive, en particulier chez les huiles qui sont extraites par pression mécanique à froid (ce qu’on appelle huiles d’olive vierge ou extra- vierge).

Par exemple, les huiles extra-vierge de bonne qualité peuvent provoquer ce que les connaisseurs appellent une « ardence », c’est-à-dire une sensation de chatouillement ou de picotement au niveau de la gorge. Loin d’être un défaut, cette ardence est au contraire un signe de grande fraîcheur des olives à la récolte; d’ailleurs, dans les concours de dégustation, les huiles les plus « piquantes » sont souvent celles qui reçoivent les plus grands honneurs.

L’huile d’olive : un anti-inflammatoire naturel

Curieusement, l’anti-inflammatoire ibuprofène est la seule substance connue capable de provoquer une sensation de piquant au niveau de la gorge similaire à celle associée aux huiles d’olive de qualité.

Il ne s’agit pas d’une simple coïncidence : des chercheurs américains ont montré que l’huile d’olive extra-vierge contient effectivement une substance qui possède une puissante activité inhibitrice envers certaines enzymes (les cyclooxygénases) impliquées dans l’inflammation.

Cette molécule, qu’ils ont nommée oléocanthal, est présente en quantité relativement importante dans l’huile d’olive (0,2 g par millilitre) et pourrait ainsi grandement contribuer aux effets anti-inflammatoires bien connus du régime méditerranéen.

Autrement dit, la légère irritation provoquée par l’huile d’olive est en fait la marque de la présence d’un anti-inflammatoire naturel, qui possède une activité semblable à celle de l’ibuprofène.

Huile d’olive piquante: plus ça pique, mieux c’est

La recherche des dernières années a démontré que la sensation de piquant de plusieurs substances de notre quotidien alimentaire (piments, poivre, moutarde forte, entre autres) est due à la stimulation de systèmes spécialisés dans la détection de la douleur. Le meilleur exemple est sans doute l’activation de ces systèmes par la capsaicine, la molécule responsable du caractère piquant des piments chilis.

En interagissant avec un récepteur appelé TRPV1, la capsaicine mime une sensation de chaleur ou de brûlure et c’est pour cette raison que certains plats particulièrement pimentés peuvent littéralement mettre la bouche en feu !

Il semble qu’un phénomène similaire soit en cause pour l’ardence associée à l’huile d’olive. Ainsi, il a été récemment montré que l’oléocanthal (tout comme l’ibuprofène) interagissait avec un sous- type de récepteur sensible à la chaleur (TRPA1), cette interaction provoquant un influx nerveux signalant la présence d’un irritant.

Les chercheurs ont également observé que contrairement aux autres types de récepteurs à la chaleur qui sont distribués uniformément dans la cavité buccale, le récepteur TRPA1 est quant à lui localisé uniquement dans le pharynx. C’est donc pour cette raison que la sensation piquante de l’huile d’olive n’est ressentie qu’au niveau de la gorge !

Ces observations illustrent encore une fois à quel point nos fonctions physiologiques peuvent être directement touchées par les molécules présentes dans nos aliments quotidiens. Dans le cas de l’huile d’olive, cette propriété peut même nous permettre de juger directement de son influence sur notre santé : plus elle pique au fond de la gorge, meilleur est son potentiel anti-inflammatoire !

Source

Beauchamp GK et al. Phytochemistry : ibuprofen-like activity in extra-virgin olive oil. Nature 437 : 45-6.

Peyrot des Gachons C et al. Unusual pungency from extra-virgin olive oil is attributable to restricted spatial expression of the receptor of oleocanthal. J Neurosci.; 31 : 999-1009.

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.