Facteurs de risque du cancer : couper le mal à la racine

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Commencer à lutter contre le cancer c’est déjà commencer par agir sur les facteurs qui causent le cancer. Ces facteurs sont ,pour une large part, par des modifications du comportement. Tabac, alimentation, exposition au soleil, activité physique et états mentaux : découvrez ce que vous pouvez modifier pour éviter des risques inutiles.

Les facteurs de risque les plus cités

Les facteurs de risques interviennent dans les trois phases de la formation d’un cancer. Ils peuvent être à la source en tant qu’initiateur d’une dérèglement cellulaire irréversible, ou bien être des promoteurs des cellules cancéreuses en les alimentant ou en empêchant le système immunitaire de lutter, ou enfin accélérer et de la dissémination des cellules cancéreuses dans le corps. Ils peuvent également être des facteurs de risque de rechute après un traitement. La masse de données scientifiques accumulées est suffisamment solide pour nous permettre aujourd’hui de connaître la plupart des facteurs qui accroissent considérablement le risque de développer un type particulier de cancer, et de connaître ceux qui ont une influence plus ténue.

Les trois principaux facteurs de risque

Le tabagisme. Les produits cancérogènes contenus dans la fumée de cigarette ne s’attaquent pas seulement aux poumons, ils sont également impliqués dans le risque de cancers de la bouche, du larynx, du col de l’utérus, du sein, de l’estomac, de la vessie et plusieurs autres. Le tabagisme est responsable de 30 % des décès liés au cancer.

La consommation excessive d’alcool. Les recherches ont démontré un lien entre une consommation élevée d’alcool et certains cancers (de la bouche, de la gorge, de l’œsophage, de l’estomac, du foie et du sein).

Une mauvaise alimentation. Le régime alimentaire occidental comprend souvent trop de calories, trop de protéines animales, trop de gras, trop de sel et trop de sucre, et insuffisamment de fruits et de légumes ainsi que de céréales à grains entiers. D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les facteurs alimentaires sont responsables de 30 % des cancers en Occident, et d’environ 20 % dans les pays en développement.

Article 2 D’autres facteurs de risque importants

L’obésité et l’embonpoint. L’obésité résulte d’une accumulation progressive de graisses, ou de tissus adipeux, sous la peau et entre les viscères. Il s’agit d’un excès de masse grasse qui peut entraîner de lourds problèmes de santé à court et à long terme. Certains experts affirment que l’obésité est comparable, pour l’organisme, à un vieillissement approximatif de 20 ans. On doit distinguer l’obésité de l’embonpoint, qui est aussi une surcharge pondérale, mais moins importante. Dans les deux cas, conséquence de la sédentarité et de la mauvaise alimentation, le surplus de poids serait un facteur de risque très important pour plusieurs cancers, dont ceux de l’oesophage, du côlon, du sein, de l’endomètre et du rein.

La sédentarité. En plus de causer un excès de poids, la sédentarité empêcherait le bon fonctionnement de certains mécanismes indispensables au maintien de la santé. La bonne forme physique réduit notamment le risque de cancer du côlon ainsi que du cancer du sein.

L’exposition à des produits chimiques cancérogènes. Selon les chiffres les plus bas, l’exposition à certains polluants chimiques dits cancérogène ou mutagènes, causerait 4 % des cas de cancer dans les pays industrialisés. Il s’agit, entre autres, des produits chimiques auxquels on peut être exposé dans un milieu de travail (l’arsenic, l’amiante, le benzène, etc.), de certains produits de nettoyage, des solvants à peinture, du radon terrestre qui s’infiltre dans le sous-sol des maisons et des pesticides répandus sur les terrains (une cause reconnue de leucémie chez les enfants). Ce chiffre de 4% est très largement débattu et les polluants cancérigènes seraient bien plus nombreux. Pour des spécialistes de l’environnement, les facteurs environnementaux seraient en cause, comme initiateur, ou promoteur, dans plus de 60% des cancers. Cette hypothèse n’étant pas encore suffisamment étayée par des données scientifiques, elle n’est pas encore admise comme sûre. Toutefois, il n’y a pas que dans un cadre professionnel que l’on peut se retrouver exposer à ce type de polluants. Lors d’activités telles que le ménage, le bricolage ou le jardinage, on se retrouve exposé à ces mêmes polluants. Si jusqu’à présent cette exposition était négligée car les doses impliquées lors de ce type d’exposition étaient considérées comme négligeable et sans toxicité, les perspectives sont en train de changer. De plus en plus, l’exposition à de faibles doses est considérée comme un facteur suffisant pour que la toxicité soit réellement prise au sérieux et la question de « l’effet cocktail » de ces faibles doses vient s’ajouter aux préoccupations. L’effet cocktail énonce que si une molécule prise isolément peut être partiellement inoffensive, mélangée à une autre, provenant d’une autre source (solvants+phtalates par exemple), elles peuvent alors, en se combinant dans l’organisme, devenir des agents cancérogènes redoutables. La multiplication des sources d’exposition à des molécules chimiques est une réelle source d’inquiétude pour de nombreux scientifiques. On compte actuellement plus de 30 000 molécules chimiques présentes dans le commerce n’ayant passé aucun test de toxicité.

L’inflammation est un processus naturel de l’organisme qui profite également à la croissance du cancer. L’inflammation apparaît à l’occasion de la lésion d’un tissu : choc, coupure, brûlure, empoisonnement, infection. A cette occasion, les globules blancs vont libérer des médiateurs chimiques : cytokines, chémokines, prostaglandine, leukotriènes, etc.. pour orchestrer le processus de guérison. En cas de cancer, celui-ci va se servir de ce mécanisme pour se propager dans l’organisme. De plus, l’inflammation chronique va fragiliser localement les tissus concernés et favoriser l’apparition de cancers à cet endroit.

Les infections chroniques. Certains microbes, parasites, et surtout des virus, peuvent causer des cancers. Ils seraient responsables de 18 % de tous les cas de cancer dans le monde, surtout dans les pays en développement.  Ces chiffres sont critiqués par le Prix Nobel de Médecine Français, le Pr Luc Montagnier qui les juge sous-estimés de 10%. À titre d’exemple, mentionnons le papillomavirus (pour le cancer du col de l’utérus), les virus de l’hépatite B et C (pour le cancer du foie), la douve du foie (pour le cancer des voies biliaires), l’Helicobacter pylori (pour le cancer de l’estomac) et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) (pour le sarcome de Kaposi et lymphome).

L’exposition exagérée au soleil. Les rayons ultraviolets (UV), à haute dose, peuvent causer un cancer de la peau à long terme.

Les facteurs supplémentaires : les facteurs psychologiques

Les facteurs psychologiques jouent un rôle plus controversé dans l’apparition du cancer. En se basant sur une panoplie d’études, des scientifiques ont tenté de cerner une personnalité plus susceptible d’être atteinte de la maladie.

Les facteurs psychologiques jouent un rôle plus controversé dans l’apparition du cancer. En se basant sur une panoplie d’études, des scientifiques ont tenté de cerner une personnalité plus susceptible d’être atteinte de la maladie. Baptisée personnalité de type C, elle décrit les gens qui ont tendance à refouler constamment ce qu’ils ressentent et à se résigner facilement. Sur la simple base de tests de personnalité, certaines recherches ont pu prédire jusqu’à 40 % des cancers devant apparaître 15 ans plus tard. Par contre, d’autres études n’ont pas réussi à déterminer un lien clair entre le type de personnalité et l’apparition du cancer.

Quant au stress et à la dépression, ces facteurs sont reconnus comme influençant à la baisse la vigueur du système immunitaire. Cependant, il est très difficile de circonscrire la part de ces facteurs dans la formation du cancer, une maladie qui se développe sur plusieurs années. Les personnes dépressives atteintes du cancer peuvent avoir tendance à rapporter plus d’événements négatifs que la moyenne, ce qui peut fausser les résultats des études. Certains auteurs croient tout de même que la combinaison d’une personnalité de type C et d’un stress chronique majore le risque de cancer. Cela serait particulièrement le cas pour les personnes qui ressentent un sentiment d’impuissance durant une longue période de temps. Toutefois, ce qui est sûr en revanche, c’est que sans causer directement l’apparition d’un cancer, le stress se trouve être un extraordinaire promoteur en raison de son lien avec les mécanismes de l’inflammation.

Des comportements autodestructeurs, comme une mauvaise alimentation et la sédentarité, peuvent être le signe d’une mauvaise écoute de soi. Ne pas consulter un médecin ou un thérapeute à temps revient aussi à ne pas écouter ses signaux internes.

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