Deux types de personnalité qui favorisent ou protègent de la maladie d’Alzheimer

Une accumulation de plaques amyloïdes et d’enchevêtrements de protéines tau dans le cerveau est associée à la maladie d’Alzheimer et aux démences apparentées. Une nouvelle étude révèle que le fait d’être névrosé ou consciencieux peut, respectivement, augmenter ou diminuer, les chances de développer ces accumulations. On ne sait toutefois pas si cette association est le résultat des modes de vie qui caractérisent ces types de personnalité.

Des recherches antérieures ont déjà constaté que certains traits de personnalité sont des facteurs de risque pour la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées. Toutefois, les scientifiques n’ont pas été en mesure de trouver un lien de causalité.

Le développement de plaques amyloïdes et d’enchevêtrements insolubles de protéines tau dans le cerveau est également associé à la maladie et aux démences apparentées. Cette nouvelle étude explore maintenant un lien possible entre les traits de personnalité et ces problèmes de santé. L’étude révèle que les névroses augmentent la probabilité de développer des plaques amyloïdes et des enchevêtrements de protéines tau. A l’inverse, le fait d’être consciencieux réduit la probabilité de les développer.

Les chercheurs du département de gériatrie de l’université d’État de Floride avaient déjà réalisé des études montrant qui est à risque de développer une démence. Ici, les chercheurs se sont intéressés à la neuropathologie, c’est-à-dire aux lésions du cerveau qui nous renseignent sur le changement pathologique sous-jacent. L’étude a été publiée dans la revue Biological Psychiatry.

Névrotisme et conscienciosité

Le névrotisme et le côté maniaque ou consciencieux sont deux des « cinq grands » traits de personnalité souvent cités par les chercheurs et les experts en santé mentale. Ces traits apparaissent tôt dans la vie et, comme le dit l’étude, »ont un large impact sur les résultats importants de la vie.

Les 5 traits de caractères principaux

Il s’agit de :

– La conscienciosité : Il s’agit d’une personne responsable, prudente et orientée vers les objectifs et les détails.
– L’amabilité : Elle décrit une personne qui est respectueuse, compatissante, confiante et qui essaie d’éviter les problèmes.
– Le névrotisme : Décrit une personne qui gravite autour d’émotions déstabilisantes, telles que l’anxiété et la dépression.
– Ouverture : Décrit une personne ouverte aux nouvelles expériences et curieuse du monde.
– Extraversion: Décrit une personne qui recherche l’excitation, qui est active et très sociable.

 

Deux analyses, une paire de conclusions

Les auteurs de l’étude ont réalisé deux enquêtes portant sur plus de 3 000 participants. La première a analysé les données des personnes participant à l’étude longitudinale de Baltimore sur le vieillissement (BLSA), une étude en cours sur les adultes vivant en communauté. Les participants ont rempli un questionnaire de 240 questions basé sur le test de l’inventaire de personnalité révisé afin d’identifier leurs traits dominants parmi les 5 grands. Un an après le questionnaire, l’absence ou la présence de plaques amyloïdes et de protéines tau dans leur cerveau a été évaluée par TEP. La seconde était une méta-analyse de 12 études portant sur les associations entre la pathologie de la maladie d’Alzheimer et les traits de personnalité.

Ce que les analyses ont révélé

L’étude basée sur BLSA et la méta-analyse sont arrivées à la même conclusion : Les personnes ayant un score élevé en matière de névrotissme ou faible en matière de conscience étaient plus susceptibles d’avoir développé des plaques amyloïdes et des enchevêtrements de tau. Les personnes ayant un score élevé en matière de conscience ou faible en matière de névrose étaient moins susceptibles de les avoir.

La recherche avait déjà examiné d’autres traits de personnalité, tels que l’ouverture et l’extraversion, en relation avec la démence, mais le névrotisme et la conscience ont le lien le plus fort, selon de récentes méta-analyses. Les chercheurs ont également découvert que l’association entre ces traits de personnalité et la pathologie était la plus forte chez les personnes qui étaient cognitivement normales au moment de l’évaluation dans l’étude BLSA ou les études incluses dans la méta-analyse. Cela suggère que le type de personnalité pourrait être un facteur de risque avant l’émergence de l’amyloïde et de la tau.

L’inverse ne semble pas être vrai. Les chercheurs notent : « Ces tendances suggèrent que les associations ne sont pas des phénomènes émergents dus à un changement de personnalité avec la progression de la maladie, comme on pourrait s’y attendre avec une causalité inverse. »

Un lien de causalité ?

Étant donné que cette étude est basée sur l’observation, il est difficile de dire avec certitude quels sont les mécanismes, et des recherches supplémentaires sont nécessaires.
Une voie potentielle d’explication serait l’inflammation, qui est associée à la personnalité et au développement des biomarqueurs de la maladie d’Alzheimer. Le mode de vie est une autre voie potentielle. Par exemple, il a été démontré que les personnes très consciencieuses ont un mode de vie plus sain: en termes d’activité physique, de tabagisme, de sommeil, de dépression, de stimulation cognitive, etc. Il existe un solide corpus de recherches reliant le mode de vie, le risque de démence et les biomarqueurs.

Certains aspects du névrotisme et de la conscience pourraient avoir un impact direct sur le risque de démence. Des traits comme le névrotisme façonnent notre vie émotionnelle, la façon dont nous faisons face au stress et gérons nos sentiments. La conscienciosité est définie par notre niveau de cran, de persistance et d’attitude planificatrice.

Source

Personality associations with amyloid and tau: Results from the Baltimore Longitudinal Study of Aging and meta-analysis.

 

 

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