Cystite: la canneberge, une solution très efficace

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L’utilisation des canneberges dans l’alimentation, comme accompagnement à la dinde des Fêtes par exemple est une tradition probablement inaugurée aux USA, vers 1621 dans le Massachusetts. Les Amérindiens, par contre, consommaient ce fruit depuis beaucoup plus longtemps, autant pour ses multiples valeurs nutritives que comme traitement des cystites. La science sait maintenant expliquer pourquoi. Il est bon de se rappeler, par cet exemple, que le savoir ancestral précède souvent la connaissance scientifique.

L’ethnopharmacologie est la science qui travaille à identifier les principes pharmacologiques actifs dans les traitements issus des médecines traditionnelles autochtones.

Les infections urinaires telles les cystites sont causées par la présence de bactéries, en particulier E. coli, au niveau des organes impliqués dans l’élimination de l’urine (vessie, urètre, reins). Il s’agit d’un type d’infection très fréquent. Les femmes sont particulièrement susceptibles aux infections urinaires en raison de leur urètre plus court qui facilite l’accès des bactéries à la vessie ; d’ailleurs, près de la moitié d’entre elles sont touchées par ce problème au moins une fois dans leur vie et jusqu’à 30 % de ces personnes développeront ces infections à de multiples reprises, quelquefois même plusieurs fois par année.

Même si elles ne mettent généralement pas la vie de la personne en danger, les infections urinaires demeurent un problème de santé sérieux, qui peut entraîner des douleurs importantes et diminuer significativement la qualité de vie.

La canneberge réduit l’adhérence des bactéries

bol de canneberge

Après avoir remarqué que les Amérindiens utilisaient les canneberges pour traiter les infections urinaires, les premiers colons nord-américains ont rapidement adopté cette pratique et fait du jus de canneberge le premier véritable remède contre les cystites. Cette utilisation de la canneberge a d’ailleurs traversé les siècles et est encore aujourd’hui considérée comme une approche valable à la prévention de ces infections. Au fil des années, la médecine s’est grandement intéressée à déterminer les bases scientifiques qui pourraient expliquer cette action antibactérienne de la canneberge. On a d’abord pensé que l’effet préventif des canneberges était dû à une acidification de l’urine, mais cette hypothèse fut réfutée. Ce n’est que durant les années 1980 que les chercheurs parvinrent à démontrer que les principaux composés phytochimiques de la canneberge (les proanthocyanidines) bloquaient l’adhérence des bactéries aux cellules du canal urinaire, réduisant par conséquent les risques de développer une infection du tissu.

Diminution de 50% des cystites chroniques

Cet effet protecteur de la canneberge a également été confirmé par une équipe de chercheurs taïwanais. En combinant les résultats de 13 études réalisées auprès de 1616 sujets, ils ont observé que les personnes qui consommaient des produits à base de canneberges avaient un risque environ 40% plus faible d’être affectées par une cystite. Cet impact positif est particulièrement prononcé pour les femmes touchées par des infections récurrentes et qui boivent du jus de canneberge (50 % de réduction). L’analyse indique également que la consommation fréquente de jus (2 fois par jour) exerce un effet positif, possiblement parce que l’effet antiadhésif des proanthocyanidines commence à décliner 8 heures après l’ingestion de canneberges. Dans l’ensemble, ces résultats sont donc fort encourageants, particulièrement pour les femmes aux prises avec des cystites chroniques.

En jus, séchées, la canneberge aussi régulièrement que possible

Ce fruit est l’un des aliments les plus antioxydants de notre alimentation et peut induire de multiples effets bénéfiques sur la santé, notamment pour la prévention des maladies du cœur et de certains cancers. En plus du jus, l’ajout de canneberges séchées aux collations par exemple représente une façon simple, économique et délicieuse de profiter des propriétés exceptionnelles de ces fruits tout au long de l’année.

Source

Wang CH et coll. Cranberry-containing products for prevention of urinary tract infections in susceptible populations: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Arch. Intern. Med; 172: 988-996

Marie Desange est journaliste santé, passionnée tant par les dernières recherches en scientifiques en nutrition, neurosciences et bien être que par les nouvelles approches de santé qui ne sont pas encore passées par le filtre des études scientifiques, mais qui marchent.Ostéopathie, chiropractie, acupuncture, neuro-feedback, méditation, aromathérapie, homéopathie, médecine chinoise ou Indienne (Ayurveda), shiastu, soins énergétiques, techniques corporelles ou thérapies psychologiques, toutes ces disciplines méritent d’être mises en avant pour que les lecteurs puissent être bien informés et faire leur choix sur ce qui peut les aider.De plus, la pratique journalistique lui permet de rencontrer toujours plus d’acteurs de ces nouvelles approches et de sélectionner ceux qui ont une particularité et une réelle maîtrise de ce qu’ils proposent. Les soins complémentaires et les nouvelles approches de santé doivent être rigoureux et sans danger pour les personnes qui se tournent vers elles. Avec le temps et l’expérience, Marie sait sélectionner ce qui peut apporter, selon les cas, de vrais bénéfices pour le mieux être des personnes qui le recherchent. `Journaliste pour le journal on-line pressesante.com, Marie a encore plein de supers sujets sous le coude à vous proposer, que vous ne lirez pas ailleurs.