Curcuma: quelle est la bonne dose et la bonne façon de l’absorber ?

Le curcuma n’a pas volé son surnom d’«or en poudre». Outre une épice raffinée, il s’agit d’un puissant anti-inflammatoire et antioxydant.

Le curcuma, ou safran des Indes, est une racine semblable au gingembre, qui fait partie de l’alimentation quotidienne en Inde depuis plus de 2 000 ans. Il s’agit d’un élément essentiel des célèbres currys et un Indien moyen consomme 2,5 g de curcuma par jour en moyenne.

Cette habitude suscite l’intérêt des médecins épidémiologistes depuis une dizaine d’années. En effet, ces derniers ont constaté que la prévalence de la maladie d’Alzheimer était 4,4 fois moins importante en Inde qu’en Amérique du Nord. En outre, d’autres maladies chroniques liées au mode de vie, comme le cancer et l’arthrose, se manifestent beaucoup moins dans certaines régions d’Inde. La consommation systématique et importante de curcuma expliquerait-elle ce phénomène?

Très probablement, car la racine de curcuma est riche en curcuminoïdes, qui possèdent des propriétés curatives, en particulier la curcumine, son composant principal aux puissants effets anti-inflammatoires. La curcumine permet de lutter contre la formation de cytokines inflammatoires en empêchant le transfert des codes génétiques de ces cytokines depuis le noyau de la cellule vers le cytoplasme.

Le curcuma, anti-inflammatoire naturel

Sachant que la plupart des maladies liées au mode de vie ou à l’âge, comme le cancer, l’arthrose et la maladie d’Alzheimer, sont provoquées par une réaction inflammatoire, il est évident que le curcuma peut, en combinaison avec d’autres facteurs, jouer un rôle décisif dans la prévention et le traitement de ces maladies.

Ainsi, des recherches ont révélé que dans le cas de l’arthrose, les médicaments anti-inflammatoires peuvent être progressivement supprimés et remplacés par une préparation à base de curcuma qui, contrairement aux anti-inflammatoires, n’entraîne aucun effet secondaire nocif. En cas d’antécédents familiaux de cancer ou d’arthrose, il peut être utile de consommer du curcuma tous les jours à titre préventif.

Grâce à ses effets anti-inflammatoires et antioxydants sur la paroi intestinale, la curcumine s’avèrerait également efficace pour les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable, de colite ulcéreuse ou de polypes intestinaux. En outre, des chercheurs ont mené une étude auprès de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et ont observé une augmentation de l’amyloïde dans le sérum des patients qui consommaient du curcuma, ce qui suggère une désintégration des plaques amyloïdes dans le cerveau.

La bonne quantité de curcuma à prendre

La curcumine présente de nombreux bienfaits pour la santé, mais une pincée de curcuma dans un plat ne suffit pas pour en profiter pleinement : c’est la quantité réellement absorbée qui importe. La dose recommandée est de 2,5 g de curcuma, soit 60 à 100 milligrammes de curcumine.

Le curcuma n’est pas soluble dans l’eau, ce qui signifie qu’il est mal absorbé. Pour utiliser du curcuma en poudre comme antioxydant, il est préférable de mélanger l’épice à de l’huile et d’en napper le plat. Par ailleurs, il ne faut pas chauffer l’épice à plus de 30 à 40 °C, car des températures supérieures annulent l’effet des composants curatifs.

La bonne façon d’absorber le curcuma

Sous la forme de complément alimentaire, le curcuma se consomme plus facilement. Il convient cependant d’opter pour la solution adéquate afin de garantir une bonne absorption. Ainsi, il est essentiel que la curcumine soit enrobée de matière grasse afin de pouvoir être absorbée par les vaisseaux sanguins et traverser la barrière hémato-encéphalique. Dans le cas contraire, le produit n’est tout simplement pas absorbé et finit par atterrir dans les toilettes plutôt que dans l’organisme, ce qui n’est naturellement pas l’objectif…