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COVID-19: qu’est-ce que l’infection au champignon noir

les personnes atteintes du COVID-19 sont exposées au risque de champignon noir

La mucormycose, ou champignon noir, est une infection rare mais grave qui nécessite des médicaments ou une chirurgie d’ablation. L’infection par le SRAS-CoV-2 et le traitement par COVID-19 rendent le système immunitaire vulnérable à d’autres infections, dont le champignon noir. Avec l’augmentation des cas de champignon noir, l’Inde est confrontée à une pénurie de traitements face à deux épidémies. L’Inde fait face à des taux élevés de COVID-19, avec plus de 27 millions de cas confirmés depuis janvier 2020. De plus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment annoncé que la variante B.1.617 du virus SRAS-CoV-2 en Inde est une « variante de préoccupation mondiale. »

Certains scientifiques pensent que le COVID-19 sévère pourrait potentiellement affaiblir la réponse immunitaire de l’organisme. Cela pourrait conduire à une vulnérabilité accrue à d’autres infections, en particulier pour les personnes immunodéprimées. Une infection appelée mucormycose, communément appelée champignon noir, est particulièrement préoccupante. En Inde, 90 personnes ayant récupéré le COVID-19 sont mortes de la mucormycose, et les autorités sanitaires indiennes appellent à déclarer une épidémie de mucormycose.

Qu’est-ce que le champignon noir ?

La mucormycose est un type rare d’infection fongique qui se produit par l’exposition à des champignons appelés mucormycetes. Ces champignons sont couramment présents dans l’environnement, notamment dans les feuilles, le sol, le compost et les excréments d’animaux. Les mucormycètes peuvent pénétrer dans l’organisme par la respiration, l’inhalation et les plaies exposées de la peau.

Il existe différents types de mucormycose, notamment la mucormycose rhinocérébrale (sinus et cerveau), pulmonaire (poumon), gastro-intestinale et cutanée (peau).

Les symptômes liés aux voies respiratoires sont les suivants

– toux
– fièvre
– maux de tête
– douleur thoracique
– congestion et douleur nasale ou sinusale
– essoufflement

Les symptômes liés à la peau, qui peuvent survenir et se propager à n’importe quelle partie du corps, sont les suivants :

– tissu cutané noirci
– rougeur, gonflement, sensibilité
– ampoules
– ulcères

La mucormycose n’est pas contagieuse et la plupart des personnes qui entrent en contact avec les champignons ne développent pas d’infection. Cependant, les personnes dont le système immunitaire est gravement affaibli courent un risque accru de mucormycose. Il s’agit notamment des personnes atteintes

– du diabète
– d’un cancer
– VIH
– blessure à la peau

Les médecins peuvent traiter l’infection en administrant des médicaments antifongiques ou en pratiquant une intervention chirurgicale pour retirer la zone affectée. Si elle n’est pas traitée, la mucormycose peut être mortelle, avec un taux de mortalité de 54 %.

Le COVID-19  favorise l’infection aux champignons noirs

Les taux plus élevés de cas de mucormycose en Inde sont dus à une combinaison de facteurs. Par exemple, plus de 30 millions de personnes en Inde ont un diagnostic de diabète. Malgré cela, le nombre de cas de mucormycose avant la pandémie COVID-19 était relativement faible, bien que la prévalence soit en hausse.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, cependant, il y a eu une augmentation spectaculaire. Le COVID-19 entraîne un affaiblissement du système immunitaire, empêchant l’organisme de se protéger efficacement contre les infections. Par conséquent, les personnes qui se remettent du COVID-19 sont exposées au risque de mucormycose.
Le virus, dans le cadre de son cycle de réplication, supprime le système immunitaire, de sorte que le système immunitaire ne peut pas éliminer d’autres bactéries ou champignons. L’exemple le plus célèbre de ce phénomène est bien sûr le VIH, qui entraîne une suppression immunitaire à long terme. Mais d’autres virus agissent de la sorte sur une échelle de temps beaucoup plus courte, c’est-à-dire que le système immunitaire n’est que légèrement supprimé pendant quelques jours ou semaines pendant la présence du virus.

Les traitements stéroïdiens contre le COVID-19 peuvent également agir pour supprimer la réponse immunitaire de l’organisme, contribuant ainsi à ces taux d’infection accrus de mucormycose. En outre, l’oxygénothérapie des personnes atteintes de COVID-19 sévère peut provoquer un assèchement de la cavité nasale et augmenter encore le risque d’infection.

Le 19 mai, l’État du Rajasthan a déclaré une épidémie de mucormycose. Dans la ville de Surat, 8 des 40 survivants du COVID-19 qui ont développé une mucormycose dans l’œil ont perdu la vue. L’État du Maharashtra a signalé plus de 2 000 cas récents de mucormycose, dont 8 ont entraîné la mort. Le ministre de la santé de l’État, Rajesh Tope, a annoncé la création d’unités spéciales et le lancement d’une campagne de sensibilisation pour faire connaître la maladie.

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