Coronavirus: 78% des personnes infectées par le virus n’ont pas eu de symptômes

La pandémie COVID-19 continue de se propager, avec 1,4 million de cas et près de 75 000 décès signalés dans le monde au 7 avril. Pour ralentir la propagation et réduire la mortalité, les gouvernements du monde entier ont mis en place des mesures de distanciation sociale. Lorsque ces mesures seront levées, la « courbe épidémique aplatie » risquerait de recommencer à augmenter si le déconfinement se faisait à la va-vite ou trop tôt. D’autant, qu’une étude récente, publiée dans le British Medical Journal, suggère que 78 % des personnes atteintes de COVID-19 ne présentent aucun symptôme.

Ces conclusions sont conformes aux recherches menées dans un village italien situé à l’épicentre de l’épidémie, qui ont montré que 50 à 75 % des personnes atteintes étaient asymptomatiques, mais représentaient « une source formidable » de contagion. Une étude islandaise récente a également montré qu’environ 50 % des personnes ayant obtenu un résultat positif au test COVID-19 lors d’un exercice de dépistage à grande échelle étaient asymptomatiques.

Parallèlement, un rapport de l’OMS a constaté que « 80% des infections sont bénignes ou asymptomatiques, 15% sont des infections graves et 5% sont des infections critiques ». Bien que les chercheurs ne savent pas quelle proportion de ces 80 % était purement asymptomatique, ni comment les cas ont été comptés exactement, ce rapport indique une fois de plus qu’une grande majorité des cas ne sont pas hospitalisés et ne sont pas testés.

Ne pas lever le confinement trop vite pour ne pas faire repartir l’épidémie

Les nouvelles données du BMJ sont extrêmement importantes car la majorité des nouvelles informations et découvertes publiées quotidiennement dans le monde entier proviennent de la proportion potentiellement faible de personnes qui ont présenté des symptômes, demandé de l’aide à l’hôpital, entrepris un test et obtenu un résultat positif. Cette situation est différente de celle des épidémies précédentes comme le SRAS, où la plupart des infections étaient symptomatiques et pouvaient être retracées.

À terme, un test de dépistage des anticorps à grande échelle, qui n’est pas encore imminent, pourra nous dire combien de personnes ont déjà eu le COVID-19. Cela donnera une meilleure approximation du nombre total d’infections. Cela sera important pour prendre des décisions sur la levée des mesures de distanciation sociale.

Par exemple, si les tests de dépistage des anticorps suggèrent qu’une grande partie de la population a déjà eu le COVID-19, il y a moins de chances que des cas asymptomatiques et non diagnostiqués propagent l’infection une fois les restrictions levées. Mais si seule une très faible proportion de la population a été infectée, la levée des mesures d’éloignement social peut devoir être reportée jusqu’à ce que les stratégies de vaccination soient prêtes à être mises en œuvre.

Source: British Medical Journal (BMJ)